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Le pari de Nike SB sur les ados des JO : pourquoi miser sur Rayssa Leal ?

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Le pari de Nike SB sur les ados des JO : pourquoi miser sur Rayssa Leal ?

Rayssa Leal a décroché l'argent à Tokyo à treize ans. Nike SB s'intéresse à elle : pourquoi elle, pourquoi le Brésil, et ce que ça change pour la rue.

25 octobre 2026 · 5 min de lecture

Faits sourcés, ligne street 1990-2005.

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Treize ans, une médaille d’argent à Tokyo, et Nike SB à ses côtés. Pendant longtemps, la marque a signé des pros qui avaient déjà dix ans de vidéos derrière eux. Avec Rayssa Leal, elle joue une autre partie : miser sur une ado avant que sa carrière soit écrite. Pourquoi elle ? On y arrive, mais d’abord, les règles ont changé.

Avant, Nike SB signait des pros finis

En 2005, Paul Rodriguez quitte éS et sort sa première chaussure Nike SB. Il a une vingtaine d’années, des parts qui tournent en boucle et une réputation faite dans la rue. C’est le modèle de l’époque : la marque arrive après la preuve. On a raconté ce passage dans l’histoire de P-Rod chez Nike SB.

Ce modèle a une logique simple. Un pro déjà installé, c’est un risque faible. Les skateurs le connaissent, les vidéos existent, le style ne bougera plus. La marque achète une crédibilité toute faite. Et elle évite le procès en récupération, celui que la rue fait à chaque géant du sport qui débarque.

Ce procès, Nike SB l’a connu dès ses débuts en 2002. Certaines marques ont même bâti leur identité contre elle. Emerica a refusé de devenir Nike pendant 28 ans, et ce refus fait partie de son histoire.

25th Laureus World Sports Awards - Red Carpet - Rayssa Leal - 240422 183800
25th Laureus World Sports Awards – Red Carpet – Rayssa Leal – 240422 183800 · Photo : Barcex · via Openverse

À lire aussi : P-Rod 1, 2005 : la première exigence de Paul Rodriguez, 19 ans, venait d’un Foot Locker. Laquelle ?

Tokyo 2021 a changé la vitrine

Les Jeux de Tokyo ouvrent la porte au skate en 2021. D’un coup, la rue passe sur les chaînes sportives du monde entier. Les marques ne parlent plus seulement aux skateurs. Elles parlent aussi aux parents, aux sponsors généralistes, aux gamins qui n’ont jamais vu une vidéo de skate.

Sur le podium du street féminin, Rayssa Leal a treize ans. Née en 2008 à Imperatriz, dans le nord-est du Brésil, elle repart avec l’argent. Elle n’est pas seule à rajeunir le skate : en park, Sky Brown prend le bronze au même âge. Le skate olympique a soudain des visages d’ados.

Pour une marque, c’est un nouveau calcul. Une ado médaillée a devant elle dix ou quinze ans de carrière. La soutenir tôt, c’est être là pour chaque victoire qui suit. Arriver tard, c’est payer plus cher un nom que tout le monde connaît déjà.

Fadinha, la rue avant le podium

Le détail qui compte : Rayssa n’est pas un produit des Jeux. Des années avant Tokyo, une vidéo d’elle toute petite, déguisée en fée, la montre en train de poser un heelflip. Le clip tourne partout, jusqu’à être partagé par Tony Hawk. Le surnom Fadinha, la petite fée, vient de là.

Ce clip change tout pour une marque. Il prouve que son histoire est née dans la rue, filmée par un proche, sans plan marketing. C’est exactement ce qu’un service communication ne sait pas fabriquer. Et c’est ce qui protège la marque du procès en récupération.

Out There: Rayssa Leal
Out There: Rayssa Leal

Le Brésil, une scène qu’on ne contourne pas

Le Brésil n’est pas un marché qu’on découvre. C’est l’une des scènes de street les plus denses au monde, avec des générations de riders passés par les contests américains. Une marque qui veut parler à la rue ne peut pas faire l’impasse. Rayssa en est devenue la figure la plus visible.

Et elle confirme. Aux Jeux de Paris 2024, elle prend le bronze en street. Le pari fait sur une gamine de treize ans tient donc trois ans plus tard. Son parcours en compétition est raconté dans notre portrait de Rayssa Leal. Ici, c’est le calcul de la marque qui nous intéresse.

Rayssa Leal, médaille d'argent aux Mondiaux de street de Tokyo en 2023, en tee-shirt Nike
Rayssa Leal, argent aux Mondiaux de street, Tokyo 2023 · Photo : RuinDig/Yuki Uchida (CC BY 4.0) · via Wikimedia Commons

À lire aussi : Jerry Hsu, 2007 : Nike lui propose un contrat, il signe chez Emerica à cause d’un questionnaire — qu’y avait-il dedans ?

Alors, pourquoi elle ?

Voilà la réponse. Nike SB mise sur Rayssa Leal parce qu’elle coche les deux cases que le skate sépare d’habitude. La première, c’est la rue : un clip viral à sept ans, un style de street, une histoire que personne n’a écrite à sa place. La seconde, c’est la vitrine : une médaille olympique à treize ans, puis une autre à seize.

Un pro installé coche la première case. Une star olympique sortie de nulle part coche la seconde. Elle a les deux, et dix ans de carrière devant elle. Pour une marque qui veut garder la rue tout en parlant au grand public, c’est le profil le plus rare qui soit.

On n’a pas les termes du contrat, donc on n’en écrit aucun. Ce qu’on lit, c’est une stratégie : arriver avant la preuve complète, au lieu d’arriver après. C’est l’inverse du modèle P-Rod de 2005. Et c’est un vrai pari, parce qu’une ado a le droit de changer de route.

Le revers du pari

Soutenir une gamine, c’est aussi charger ses épaules. Devenir un logo à treize ans, avec un pays entier qui regarde, ça pèse lourd. Le skate a déjà vu des prodiges craquer sous la pression. La vraie question pour la suite n’est pas le logo. C’est la liberté que la marque laisse à la rideuse.

Rayssa Leal from Monster's "DOWN STRAIGHT UP! - Vol 4"
Rayssa Leal from Monster’s "DOWN STRAIGHT UP! – Vol 4"

Le reste se jugera sur le bitume. Des parts filmées, des sessions de rue, pas seulement des podiums. Si Rayssa garde un pied dans la rue, le pari de Nike SB deviendra le modèle des dix prochaines années. Sinon, ce sera juste une histoire de vitrine. On regarde, et on te raconte.

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