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Axle stall : caler les deux trucks sur le coping, d’où ça vient vraiment ?
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Axle stall : caler les deux trucks sur le coping, d’où ça vient vraiment ?

Né par accident au bord des piscines vides des années 70, l'axle stall te résiste encore. Le blocage vient du truck, pas de tes pieds : 6 étapes pour le tenir.

6 novembre 2026 · 8 min de lecture

Au milieu des années 70, en Californie du Sud, une bande de gamins venus du surf passe ses journées au fond des piscines vides des jardins. Le plus jeune s’appelle Jay Adams. Il entre dans l’équipe Zephyr en 1974, à 13 ans, et dès 1975 le magazine Skateboarder raconte leurs virées.

À voir Axle stall : bloquer le truck arrière, la technique en vidéo

Axle stall : bloquer le truck arrière, la technique en vidéo

C’est sur le rebord de ces piscines que les planches apprennent à s’arrêter net, posées sur leurs deux essieux. Cinquante ans plus tard, tu poses la tienne au même endroit, et elle glisse, bascule ou repart dans la rampe sans toi. Pourquoi un geste né par accident te résiste autant ?

La réponse est dans l’histoire du trick, et on y arrive plus bas. D’abord, la fiche.

Niveau

Intermédiaire

Temps

2-6h

Prérequis

Rock to fakie

Surface

Mini ramp avec coping

Dans cet article 6 parties
  1. Venice, 1975 : qu’allaient chercher les Z-Boys au fond des piscines ?
  2. Des trucks de patins à roulettes : pourquoi la planche ne tenait…
  3. Un seul truck sur le coping : ton stall a déjà un…
  4. Les 6 étapes pour verrouiller les deux trucks
  5. Alors, d’où vient vraiment le blocage ?
  6. Et une fois qu’il tient ?

Venice, 1975 : qu’allaient chercher les Z-Boys au fond des piscines ?

File de skateurs au bord d'une piscine en béton à Brooklyn, les planches posées sur le coping
La piscine, toujours elle : à Brooklyn en 2019, la file attend son tour au bord du bassin, planches calées sur l’arête. Le terrain des Z-Boys n’a pas changé de forme en cinquante ans. Photo : Wil540, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Les Z-Boys roulent la planche comme une vague : bas sur les jambes, la main qui frôle le béton. Une piscine vide, pour eux, c’est un mur à remonter. Pendant deux ans, ils écument les bassins de Californie du Sud. Ils posent là les bases du skate vertical.

À force de monter plus haut, ils finissent par toucher le bord. Wikipédia attribue à Jay Adams le premier lip trick, une figure tenue sur le rebord de la rampe. Tony Alva, son coéquipier, disait de lui : « Certains gamins grandissent aux biscuits et au lait. Lui a grandi au surf et au skate. »

Personne ne dépose l’axle stall ce jour-là. Un jour, un rider monte trop haut, les trucks raclent l’arête, la planche frotte. Le geste naît d’un accident qu’on répète, pas d’une invention signée.

Des trucks de patins à roulettes : pourquoi la planche ne tenait pas ?

Sculpture d'un truck de skate géant à Haarlem : l'axe, le hanger et les deux roues
Un truck grandeur monument, sculpté par Andrew March en 2005 : la pièce en T, le hanger, et l’axe qui porte les roues. C’est lui qui se pose sur le coping, pas la planche. Photo : Hanno Lans, Wikimedia Commons (CC BY 4.0)

À l’époque, beaucoup de planches roulent sur des trucks empruntés aux patins à roulettes. Ils sont étroits. Posés sur un rebord, ils n’offrent presque aucune surface de contact. La planche glisse ou bascule. Le geste existe déjà, le matos ne suit pas.

Puis les fabricants de trucks pensés pour le skate élargissent le hanger. L’axe a enfin la place de se poser sur l’arête. En 1978, à Newark, en Californie, Fausto Vitello et Eric Swenson lancent Independent avec Richard Novak et Jay Shuirman. Rick Blackhart, là dès les débuts, résume les deux marques qui dominent alors, Bennett et Tucker : « L’un cassait, l’autre ne tournait pas. »

Garde ce détail en tête, il revient plus loin. Le nom du trick ne parle ni d’un rider, ni d’un lieu. Axle, en anglais, c’est l’essieu.

Un seul truck sur le coping : ton stall a déjà un autre nom

Nicholas Deconie en five-0 sur le coping d'une piscine de Brooklyn : seul le truck arrière touche, le truck avant est en l'air
Nicholas Deconie à Brooklyn : seul le truck arrière mord le coping, l’avant reste en l’air. Ici c’est voulu, c’est un five-0. Dans ton axle stall, c’est l’erreur n°1. Photo : Wil540, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Le problème, presque tout le monde l’a. Tu montes, tu poses, et seul le truck arrière accroche. L’avant flotte au-dessus de la rampe ou retombe dedans. Sur la photo, c’est voulu : ça s’appelle un five-0. Chez toi, c’est un axle stall raté.

L’axle stall, c’est un 50-50 à l’arrêt : les deux trucks calés sur le coping, en frontside comme en backside. On s’en sert pour souffler entre deux figures ou pour lancer un drop in. Quatre erreurs reviennent sans arrêt.

Les 4 fails classiques de l’axle stall

  • Le truck avant reste en l’air : tu tournes avant d’arriver en haut. Monte plus droit, avec assez de vitesse pour que le nose dépasse franchement le coping.
  • La planche repart dans la rampe : tes épaules sont restées côté rampe. Ton poids tire tout vers le bas. Le buste doit passer au-dessus de l’arête.
  • Ça glisse le long du coping : tu arrives en biais, avec de la vitesse sur le côté. Monte face au coping et tourne en haut, pas pendant la montée.
  • Le truck accroche en sortant : tu redescends sans soulager l’avant. Une petite pression sur le tail, le truck avant se libère, et tu rentres propre.

Les 6 étapes pour verrouiller les deux trucks

Planches calées sur le coping du bowl de Pier 62 : le truck arrière posé sur l'arête, prêt à verrouiller
Pier 62, Manhattan : les planches posées sur l’arête, truck arrière bloqué contre le métal. C’est de là que part l’exercice, à l’arrêt, avant de le tenter en roulant. Photo : Wil540, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

On commence à l’arrêt. C’est la partie que tout le monde zappe, et c’est elle qui règle le problème. La vidéo montre le réflexe clé : bloquer le truck arrière d’abord.

  1. À l’arrêt sur la plateforme : pose la planche parallèle au coping, chaque truck à cheval sur l’arête, deux roues côté plateforme, deux côté rampe.

  2. Le test de bascule : pieds sur les vis, penche le buste vers la rampe jusqu’au point où ça part, puis reviens. Dix fois, les deux trucks collés au métal.

  3. La montée : sur la rampe, monte droit vers le coping, avec juste assez de vitesse pour que le nose dépasse l’arête.

  4. Le quart de tour : en haut, tourne à 90°. Le truck arrière se pose en premier, l’avant suit dans la foulée.

  5. Le verrou : poids au-dessus du coping, genoux pliés, regard sur l’arête. Tiens deux secondes.

  6. La sortie : pression légère sur le tail pour soulager l’avant, épaules vers la rampe, et tu redescends.

Alors, d’où vient vraiment le blocage ?

Josh Castro, les deux trucks sur le coping de la piscine de Pier 62 à New York, le buste au-dessus de la planche
Josh Castro sur le coping de la piscine de Pier 62, en 2021 : les deux trucks sur l’arête, le buste au-dessus de l’axe et pas dans la rampe. Tout le secret tient dans cette posture. Photo : Wil540, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Du même endroit qu’en 1975 : du truck. Les Z-Boys ne tenaient pas sur le bord parce que leurs trucks de patins étaient trop étroits pour s’y poser. Toi, tu as des trucks larges, mais tu ne t’en sers pas. Tu poses ta planche, pas tes essieux.

Le nom le disait depuis le début. Axle stall, l’arrêt sur l’essieu. Tant que tu penses « planche sur le coping », ton poids reste dans la rampe et le truck avant ne vient jamais. Pense « les deux hangers sur l’arête », et ton buste passe au-dessus du coping tout seul. Le stall ne se tient pas avec les pieds. Il se tient avec les deux axes.

Ton exercice de contrôle, c’est l’étape 2, à l’arrêt : planche calée, tu bascules d’avant en arrière sans décoller un truck. Le jour où tu sens le hanger avant mordre autant que l’arrière, c’est gagné. Tu le refais en roulant, et ça tient.

Si ça glisse encore après une séance, filme-toi de côté. Regarde où sont tes épaules au moment où le truck arrière touche. Neuf fois sur dix, elles sont encore au-dessus de la rampe.

Et une fois qu’il tient ?

Ian Clarke droppe dans le bowl de Pier 62 depuis le coping, en hiver à New York
Ian Clarke droppe dans le bowl de Pier 62 depuis le coping, hiver 2019. Une fois l’axle stall tenu, ce drop in devient un réflexe. Photo : Wil540, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Tu t’en sers partout. L’axle stall te pose en haut de la rampe, calme, avant de redescendre : le drop in devient un réflexe. Le rock to fakie joue sur la même bascule du poids, mais avec un seul truck qui passe. Et le jour où tu le fais glisser, c’est un 50-50, le même que sur un curb en street.

Ensuite, tu pourras déplacer le poids sur un truck à la fois : le feeble et le smith grind sortent de là. Et pour voir les piscines où tout a commencé, Dogtown and Z-Boys – 2001 fait partie de notre liste des films de skate.

Ton premier axle stall, c’est le truck avant ou les épaules qui t’ont lâché ? Combien de séances pour qu’il tienne ? Dis-le en commentaire ↓

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Le lexique

  1. 1

    Coping

    Le rebord arrondi, souvent en métal, en haut d'une rampe ou d'une piscine.

  2. 2

    Hanger

    La pièce en T du truck, qui porte l'axe des roues.

  3. 3

    50-50

    Grind où les deux trucks frottent l'arête en même temps.

  4. 4

    Five-0

    Stall ou grind sur le seul truck arrière.

  5. 5

    Drop in

    Entrer dans la rampe depuis le coping, planche à la verticale.

  6. 6

    Axle stall

    Arrêt sur le coping, les deux trucks posés sur l'arête : un 50-50 à l'arrêt.

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