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Samarria Brevard dans Quit Your Day Job en 2017

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Samarria Brevard dans Quit Your Day Job en 2017

Dix ans sans film 100 % féminin. Puis Quit Your Day Job en 2017. Samarria Brevard renverse la table du skate street américain.

8 octobre 2026 · 7 min de lecture

Faits sourcés, ligne street 1990-2005.

Une signature collective : chaque date, chiffre ou citation a une source. Une erreur ? On corrige. Qui écrit NOSK8

Dix ans sans film de skate 100 % féminin aux États-Unis, c’est le vide sidéral que la scène a dû encaisser. En 2017, la sortie de Quit Your Day Job est venue tout remettre à l’heure avec la part monumentale de Samarria Brevard.

Transworld Skateboarding, 2017

En 2017, la marque et le média Transworld Skateboarding balancent Quit Your Day Job, un projet d’envergure qui marque les esprits dans le milieu de la planche à roulettes. C’est le premier film entièrement consacré au skateboard féminin américain depuis plus de dix ans. Une anomalie temporelle quand on regarde l’activité bouillonnante de la rue en 2017.

À ce moment précis, Samarria Brevard n’est plus une simple locale du coin. Elle encaisse les plus gros gaps et pose des réceptions chirurgicales sur le bitume le plus rude.

Transworld Skateboarding, 2017
Transworld Skateboarding, 2017 · TransWorld SKATEboarding via YouTube (citation (image de la vidéo citée)) — youtube

Le film débarque dans un paysage médiatique où les parts féminines se font rarissimes. Souvent réduites à des edits de quelques minutes sur des sites web aux connexions poussives. Transworld met les petits plats dans les grands avec une production carrée, des bombes de cinéma et un suivi minutieux des sessions aux quatre coins des États-Unis.

Pour Samarria, cette exposition change la donne. Elle valide des années de sessions nocturnes à poncer le béton loin des projecteurs. La scène street attendait ce format long depuis des années. Le résultat pose les nouvelles bases pour une génération de rideuses qui manquent de représentation en vidéo.

En 2017, l’industrie évolue. Les skateurs et les filmeurs en ont marre du statu quo, de l’exclusion des talents féminins. Sa part dans Quit Your Day Job n’est pas qu’une suite de tricks. C’est une déclaration : le street n’a pas de genre, juste des heures de vol et une tolérance à la douleur.

La machine redémarre après dix ans de silence. Transworld signe là l’un de ses derniers grands coups avant les mutations de la presse.

Los Angeles, rails massifs

La part s’ouvre sur un backside boardslide parfait, rail en descente à Los Angeles. Le décor technique et l’engagement sont plantés d’emblée. Elle enchaîne les tricks sur des curbs rugueux de la West Coast. Puis elle s’attaque à des descentes monumentales où chaque erreur se paie cash.

Chaque spot montre sa capacité à trouver la vitesse pour nettoyer des réceptions en pente. Elle transforme le moindre mobilier en terrain redoutable de précision et de style.

vidéo citée (image à la une)
vidéo citée (image à la une)
Professional skateboarder Mike Smith in Los Angeles, 2023  Photo by Ithaka Darin Pappas
Professional skateboarder Mike Smith in Los Angeles, 2023 Photo by Ithaka Darin Pappas · Photo: IthakaDarinPappas (CC BY-SA 4.0) via Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0) — wikimedia

Le milieu s’accélère. Des lines fluides dans les spots classiques californiens. Les flip-ins et grinds sur ledge s’enchaînent sans temps mort. Samarria démontre une maîtrise totale de sa planche, refusant les compromis sur la difficulté des obstacles et cherchant systématiquement la ligne la plus directe et la plus spectaculaire.

Elle ne subit pas ses spots, elle les domine. Placement d’épaules, pop — l’ascendant des grands noms.

La fin monte d’un cran. Une tentative monumentale sur un set très connu de Los Angeles, un spot qui demande l’engagement total. Le dernier trick est parfait. Une réception qui achève de convaincre les derniers sceptiques du milieu. C’est cette densité technique, du premier au dernier plan, qui élève cette section au rang de classique instantané pour tous les passionnés de street skating.

Spots urbains, Californie

Les spots de cette part sentent la craie, le bitume brûlant de Los Angeles et la sueur des sessions interminables sous le soleil impitoyable de la côte ouest américaine. Des architectures urbaines des années 2010 : béton brut, marches d’écoles, murets de parcs usés par des décennies de wax. Ces lieux, loin des skateparks aseptisés et payants, sont le cœur battant de la culture street et rappellent d’où vient l’essentiel de la dureté de ce sport.

Beaucoup ont connu des destins funestes. Gentrification, mobilier anti-skater, destruction pour des complexes sans âme. Le spot du rail a vu sa dalle modifiée. Des plots en métal fixés par la municipalité, transformant un temple en zone stérile. À travers la caméra de Transworld, ces bouts de rue gardent une aura magique qui fait rêver les gamins de l’autre côté de l’Atlantique.

Ces décors urbains bruts posent l’identité visuelle et ancrent la performance dans la réalité, loin des rampes artificielles. Samarria s’approprie ces espaces publics avec une aisance déconcertante, montrant que le mobilier citadin appartient à ceux qui osent le rider avec style et détermination. C’est cette géographie du bitume, faite de poussière, de briques rouges et de barres de fer rouillées, qui insuffle toute sa puissance narrative à ces quelques minutes de vidéo.

Morcheeba, trip-hop

La bande-son choisit une ambiance lourde, atmosphérique, planante. Typique des prods Transworld de cette époque bénie du skate vidéo. Pas de punk rock saturé, pas de rap tape-à-l’œil. Un morceau trip-hop ou soul ténébreux installe la tension dramatique d’emblée. La musique épouse la lenteur des approches avant d’exploser sur les réceptions. Symbiose entre le corps et le rythme des basses.

Ce mariage entre brutalité et douceur mélancolique donne à la part une dimension cinématographique. Au-delà de la simple compilation de figures. La prod traite le skate féminin avec l’exigence esthétique des grandes pointures masculines. La musique guide le regard et souligne la fluidité naturelle de la rideuse dans ses moments de grâce.

Des années plus tard, les notes de cette chanson replongent les briscards de street en 2017. Excitation et nostalgie d’une époque avec de l’âme. Une bonne sélection musicale traverse le temps sans dater, contrairement aux fringues ou aux planches. Pari réussi pour Quit Your Day Job, qui offre à Samarria un écrin sonore à la hauteur de son engagement sur la planche.

Filmeur, monteur, Transworld

Derrière la caméra, l’œil affûté des filmeurs de Transworld. Des artisans qui courent derrière les planches avec des caméras lourdes. Filmer le street demande placement millimétré, timing infaillible, et encaisser les mêmes gamelles que le skateur. Le cadrage met en valeur la hauteur des gaps et la vitesse réelle, sans effets numériques superflus.

Samarria Brevard was the first woman to compete in a traditionally male #XGames Real Series event
Samarria Brevard was the first woman to compete in a traditionally male #XGames Real Series event

Au montage, le découpage respecte la chronologie des tricks avec un rythme qui empêche le spectateur de décrocher. Les transitions entre les spots se font de manière organique. Illusion d’une session continue à travers Los Angeles. Le monteur dose les ralentis juste ce qu’il faut sur les réceptions violentes. Impact visuel sans pathos.

Ce travail d’équipe illustre la complexité d’une grande part. Chaque maillon de la chaîne artistique pèse lourd. Sans cette rigueur de réalisation, même les meilleurs tricks du monde perdraient de leur superbe dans un edit mal fagoté ou mal étalonné. Transworld prouve son savoir-faire historique avec un objet visuel intemporel, référence pour les passionnés de street.

Chaussures, boards, 2017

En 2017, Samarria ride avec le setup classique des street-skaters. Un matos taillé pour encaisser les chocs sans plier. Les planches affichent une largeur standard, montées avec des trucks solides et des roues dures pour conserver la vitesse. Pas de fioritures : du matos brut, fonctionnel, pensé pour être détruit et remplacé dès que le bois ramollit.

Les chaussures portées témoignent des partenariats cherchant enfin à investir dans des signatures féminines adaptées au street intensif. Des modèles bas renforcés au niveau des zones d’usure offrent un maintien optimal sans perte de touché. Ces pompes, souvent râpées jusqu’à la toile dès la moitié de la part, rappellent la réalité financière et matérielle d’une rideuse qui ponce le bitume sept jours sur sept.

Le style vestimentaire reste fidèle au streetwear 2017 : sapes amples mais pratiques, t-shirts confortables, pantalons solides. Pas de looks ultra-stylisés sortis d’une agence de pub parisienne, juste l’uniforme fonctionnel du skateur de rue qui privilégie la liberté de mouvement à l’apparence superficielle. Ce souci de l’authentique parachève le tableau d’une époque où le skate cherchait encore à s’affranchir des logiques purement mercantiles pour rester ancré dans la sueur de ses fondamentaux.

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