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Nollie : les 3 réglages qui décident si ta planche décolle

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Nollie : les 3 réglages qui décident si ta planche décolle

Ton pied avant claque le nose et la planche reste au sol. Trois réglages décident si ça décolle — et le troisième est celui que personne ne t'explique.

22 août 2026 · 10 min de lecture
Guillaume Martin

Rédacteur skate chez NOSK8.

Spots, portraits et culture skate française — chaque article est relu et sourcé. Trois générations de pros au compteur. Chronique mensuelle.

Ton pied avant claque le nose et la planche reste au sol. Trois réglages décident si ça décolle — et le troisième est celui que personne ne t'explique.


Niveau : Intermédiaire

Tu poses le pied avant sur le nose, tu claques, et la planche reste collée au sol. Ou elle décolle de dix centimètres et part en biais. Trentième essai, même sensation : ton corps refuse de comprendre ce que ta tête a déjà compris.

Le nollie, c’est le ollie qui part de l’avant de la planche au lieu de l’arrière. Sur le papier, c’est le même geste dans l’autre sens. Dans les pieds, ça n’a rien à voir — et c’est exactement là que tout le monde bloque.

Trois réglages décident si ta planche décolle ou reste au sol. Les deux premiers, tu les as sûrement déjà lus quelque part. Le troisième, personne ne te l’explique jamais clairement — et c’est celui qui fait la différence. Il arrive plus bas, en dernier, parce qu’il ne sert à rien tant que les deux autres ne sont pas en place.

Évite l’erreur classique

Beaucoup de skateurs pensent avoir posé leur premier nollie alors qu’ils ont fait un fakie ollie. Les deux se ressemblent de loin : même stance naturelle, même bout de planche qui claque en premier. La différence, c’est le sens dans lequel tu roules. Si tu avances vers le nose, c’est un nollie. Si tu recules, c’est un fakie ollie — un trick tout aussi valable, mais bien plus facile, et qui ne t’apprendra rien du nollie.

Un nollie, ce n’est pas un ollie retourné

Skateur qui claque son tail en pleine rue : le ollie, le geste que le nollie retourne
Un ollie de rue : le pied arrière claque le tail, le pied avant remonte le grip. En nollie, tout ce schéma part à l’autre bout de la planche. Photo : Jarek Tuszyński — CC BY 4.0, via Wikimedia Commons.

En ollie, ton pied arrière claque le tail et ton pied avant remonte le grip pour redresser la planche. Ton poids est déjà derrière : la position naturelle du corps fait la moitié du boulot.

En nollie, tout s’inverse. Le pied avant claque le nose, le pied arrière remonte. Sauf que ton poids, lui, ne s’inverse pas tout seul — il faut le déplacer, volontairement, vers l’avant, alors que tu roules déjà vers l’avant. C’est contre-intuitif, et ton cerveau te le fait payer.

Il y a aussi une raison purement matérielle. Sur un deck standard, le nose et le tail ne font pas la même longueur : environ 7,25 pouces pour le nose contre 6,875 pouces pour le tail sur un format courant en 8,25 pouces, soit un écart d’un peu moins d’un centimètre. Neuf millimètres et demi, ce n’est rien à l’œil. Sous ton pied, ça change le point de bascule et le moment exact où la planche claque. Ton nose part plus tard, plus à plat, et il pardonne beaucoup moins un appui approximatif.

Nollie ou fakie ollie : le test qui prend une seconde

Tom Asta explique les clés du nollie

Le test tient en une question : dans quel sens tu roules ?

En nollie, tu roules vers l’avant, dans ta stance habituelle, et tu pops le bout de planche qui ouvre la route. En fakie ollie, tu gardes exactement la même position de pieds, mais tu roules en marche arrière : c’est le tail qui ouvre la route, et c’est lui que tu claques, avec ton pied arrière. Le geste ressemble à un nollie, la sensation est proche, la difficulté n’a rien à voir.

C’est la confusion la plus répandue du skate street, au point que la définition officielle du nollie prend la peine de la signaler. Si tu sais déjà ce que ça fait de rider en switch, tu as une longueur d’avance : c’est le même travail de rééducation, mais sur les appuis au lieu de la stance.

Réglage 1 — les pieds : là où ton appui se joue

Vue du dessus des chaussures et du deck : le premier réglage du nollie, c'est le placement des pieds
Avant de rouler, regarde tes pieds : en nollie, le pied avant vient chercher le bout du nose, le pied arrière descend au milieu du deck. Photo : Burst — CC0 1.0, via StockSnap.

Pied avant : la plante sur le nose, les orteils qui dépassent presque du bout. Pas le pied en travers, pas à mi-chemin des vis. Tu dois pouvoir écraser le nose au sol d’un coup sec, comme tu écrases le tail en ollie — même violence, même verticalité.

Pied arrière : à plat, au milieu de la planche, jamais sur le tail. C’est lui qui va remonter le grip pour redresser le deck et l’amener sous toi. S’il traîne trop en arrière, la planche part à l’oblique et tu atterris à côté. C’est la cause numéro un des nollies qui décollent de travers.

Un grip fatigué te vole ce mouvement : la semelle glisse au lieu d’accrocher, et tu accuses ta technique. Si le tien date de six mois et brille par endroits, change-le avant de t’acharner — notre comparatif des grips te dira lequel prendre.

Réglage 2 — la vitesse : le nollie déteste le surplace

Chaussures de skate et planche au bord d'un park : le nollie déteste le surplace, il demande de rouler
Le nollie à l’arrêt, c’est un piège à mauvaises habitudes : sans vitesse, ton corps compense en reculant. Photo : Burst — CC0 1.0, via StockSnap.

Réflexe naturel quand un trick fait peur : le tenter à l’arrêt, sur l’herbe, sur la moquette. Pour le nollie, c’est le meilleur moyen d’installer un mauvais geste. À l’arrêt, rien ne te pousse vers l’avant, donc ton corps recule pour chercher un équilibre — exactement l’inverse de ce que tu veux apprendre.

Prends une vitesse de push tranquille, celle où tu roules sans y penser. Sol lisse, ligne droite, personne devant. La vitesse fait deux choses : elle stabilise la planche pendant que ton pied arrière remonte, et elle t’oblige à rester au-dessus du deck plutôt que de sauter en arrière.

Épaules parallèles à la planche, regard vingt mètres devant, jamais sur tes pieds. Le jour où tu regardes tes pieds, tu freines des épaules et la planche s’en va sans toi.

Réglage 3 — le poids : la réponse que personne ne te donne

Tout le poids sur le pied avant, le nose écrasé : le réglage qui décide si la planche décolle en nollie
L’instant décisif : le corps passe au-dessus du pied avant, le nose écrase, le reste de la planche n’a plus qu’à suivre. Photo : Krzysztof Popławski — CC BY 4.0, via Wikimedia Commons.

Voilà la réponse, et elle tient en une phrase : au moment du pop, tout ton poids doit passer au-dessus de ton pied avant, puis repartir en arrière dans la même seconde. Pas avant, pas après. Pas à moitié.

Tant que ton centre de gravité reste au milieu de la planche, ton pied avant tape dans le vide. Il appuie sur un nose qui ne descend pas, donc il n’y a pas de rebond, donc il n’y a pas de pop. Tu peux répéter le geste mille fois avec des pieds parfaitement placés : sans transfert de poids, rien ne décolle. C’est aussi bête que ça, et c’est pour ça que tu galères.

Concrètement : tu roules, tu plies les genoux, et tu laisses ton buste avancer d’un coup au-dessus du pied avant — comme si tu voulais planter le nose dans le béton. Le nose touche, il rebondit, et à cet instant précis ton pied arrière remonte le grip pendant que ton poids revient vers le centre. La planche arrive sous toi, pas devant toi.

La sensation qui prouve que c’est bon, c’est un claquement sec au lieu d’un « toc » mou. Le son avant la hauteur : tant que tu n’entends pas le nose claquer, inutile de chercher à monter. Et quand ça claque, la hauteur vient toute seule dans les jours qui suivent.

Les trois dans l’ordre, donc : les pieds placés, la vitesse installée, le poids transféré. Les deux premiers sont des conditions. Le troisième est la cause. C’est lui qui décide si ta planche décolle.

Ce que ton nollie ouvre derrière

Nollie heelflip en pleine hauteur : ce que le nollie ouvre une fois le pop maîtrisé
Un nollie heelflip : même pop, un coup de talon en plus. C’est tout ce qui sépare le trick de base de la famille qu’il ouvre. Photo : Matheosk8 — CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Le nollie n’est pas une fin, c’est une porte. Une fois le pop propre, la même base te donne le nollie shove-it, le nollie frontside ou backside 180, le nollie flip, le nollie heelflip, et toute la famille des flips qui part du nose. Tu n’apprends pas un trick, tu doubles ton vocabulaire.

Côté riders, quelques noms ont bâti leur réputation là-dessus : Karl Watson, Shuriken Shannon, Tuukka Korhonen, Sean Malto. Et Kevin Romar, dont le nollie backside 360 est resté comme une signature — la vidéo ci-dessous montre à quoi ressemble ce pop quand il est vraiment maîtrisé.

Kevin Romar et son nollie backside 360

Le premier enchaînement logique reste le nollie 180 : la rotation te force à finir ton transfert de poids au lieu de le lâcher à mi-chemin. Si le tien traîne, notre guide du frontside 180 reprend la mécanique d’épaules qui te manque, et elle est identique en nollie.

Le nollie sur un curb : le moment où ça devient utile

Nollie noseslide sur un curb de skatepark : le nollie qui devient utile sur un spot
Un noseslide engagé en nollie : le curb se prend de face, sans avoir à se retourner. C’est là que le trick cesse d’être un exercice. Photo : NCSphotography — CC BY 2.0, via Flickr.

Tant que tu le poses en ligne droite sur du plat, le nollie reste un exercice. Il devient une arme le jour où tu l’emmènes sur un curb : entrée en noseslide, entrée en crooked, entrée en 50-50. Le corps arrive de face, tu vois ton obstacle jusqu’au dernier centimètre au lieu de le deviner par-dessus l’épaule.

C’est aussi ce qui rend le nollie précieux en street : dans une ligne, il te permet d’attaquer un module dans le sens où tu roules déjà, sans manœuvre de repositionnement. Un spot que tu croyais coincé s’ouvre d’un coup, juste parce que tu peux pop de l’autre bout de la planche. Si tu bosses déjà tes glisses, notre guide du boardslide pose les bases d’appui que tu retrouveras à l’identique ici.

À retenir

Si tu ne dois retenir qu’une chose : le nollie ne se rate pas dans les pieds, il se rate dans le bassin. Filme-toi de profil pendant dix essais. Si ton buste reste derrière au moment du pop, tu as ton coupable — et tu sais quoi corriger dès la session suivante.

Questions fréquentes

Il faut savoir faire un ollie propre avant d’attaquer le nollie ?

Oui, et pas un ollie approximatif : un ollie que tu poses en roulant, sans y penser. Le nollie te demande de gérer un transfert de poids inhabituel — si le geste de base te coûte encore de l’attention, tu n’auras rien de disponible pour le reste.

Ma planche décolle mais part en biais à chaque fois, je fais quoi ?

Ton pied arrière est trop en arrière, ou il remonte en diagonale au lieu de remonter droit. Recule-le vers le milieu du deck et remonte le grip dans l’axe de la planche. Filme trois essais de profil, tu verras la trajectoire tout de suite.

Combien de sessions avant de poser un nollie correct ?

Impossible à promettre honnêtement — ça dépend surtout de la propreté de ton ollie. Ce qui est sûr : c’est un trick qui progresse par paliers, pas linéairement. Tu tapes dans le vide pendant plusieurs sessions, puis le claquement arrive, et la hauteur suit vite derrière.

Le nollie, c’est plus dur que le switch ollie ?

Différent. Le switch demande de réapprendre l’équilibre général avec l’autre pied devant. Le nollie garde ta stance mais inverse la mécanique du pop. Beaucoup trouvent le nollie plus rapide à débloquer, et bien plus long à rendre propre.

Sors, roule, et oublie la hauteur pendant deux sessions. Cherche uniquement le bruit du nose qui claque. Le reste — la hauteur, la réception, le style — se met en place tout seul une fois que ce claquement est là.

Ton nollie, il bloque où exactement : le pop, la réception ou la trajectoire ? Dis-le en commentaire ↓

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Le lexique

  1. 1

    fakie ollie

    Ollie réalisé en roulant en marche arrière, avec la position de pieds habituelle : c'est le tail qui claque, pas le nose.

  2. 2

    noseslide

    Glisse sur le nose de la planche le long d'un curb ou d'un ledge, la board posée en travers de l'obstacle.

  3. 3

    nollie heelflip

    Nollie dans lequel le pied avant part vers l'extérieur du talon pour faire tourner la planche sur elle-même.

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