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Le no comply s’apprend sans ollie : 5 étapes, par laquelle tu commences ?

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Le no comply s’apprend sans ollie : 5 étapes, par laquelle tu commences ?

Tu n'as pas encore de ollie ? Le no comply se rentre quand même : ton pied avant fait le travail. Les 5 étapes, les 4 erreurs, et la seule à travailler dès la première session.

22 août 2026 · 8 min de lecture
Guillaume Martin

Rédacteur skate chez NOSK8.

Spots, portraits et culture skate française — chaque article est relu et sourcé. Trois générations de pros au compteur. Chronique mensuelle.

Tu n'as pas encore de ollie ? Le no comply se rentre quand même : ton pied avant fait le travail. Les 5 étapes, les 4 erreurs, et la seule à travailler dès la première session.

Tu roules, tu tiens debout, tu freines. Et depuis trois semaines tu tapes du tail dans le vide en espérant que la planche décolle. Elle décolle pas. Alors t’attends. T’attends d’avoir « le ollie » avant d’avoir le droit de faire un vrai trick.

Mauvaise nouvelle : cette attente peut durer des mois. Bonne nouvelle : elle sert à rien.

Il existe un trick qui se rentre sans savoir sauter avec la planche. Un vrai, filmé dans des parts, utilisé par des pros aujourd’hui encore. Il s’appelle le no comply. Son principe tient en une phrase : ton pied avant descend au sol et fait le boulot que ton pop n’arrive pas encore à faire.

Cinq étapes. Aucune ne demande un ollie. Mais elles ne s’apprennent pas dans l’ordre où on les lit — et c’est exactement là que 90 % des débutants se plantent. La bonne porte d’entrée, on te la donne plus bas.

Niveau

Grand débutant

Temps

1-4h

Prérequis

Rouler, freiner

Surface

Plat, lisse, du grip

Un trick de trottoir, imprimé dans Thrasher en 1988

No comply expliqué en vidéo : le pied avant se pose au sol, la planche remonte sans ollie

Le no comply n’est pas un truc de débutant qu’on tolère en attendant mieux. Il a été inventé par le skateur américain John Lucero, puis nommé et popularisé par Neil Blender dans les années 80. En 1988, Thrasher le publie en « how to » — la démonstration est faite par Natas Kaupas, un des types les plus influents du skate de rue de la décennie.

À l’origine, ça se faisait sur un bord de trottoir : le pied avant se pose sur le rebord, le pied arrière cogne le truck arrière contre le béton, la planche rebondit et remonte sous les pieds. Pas de saut. Pas de pop parfait. Du bricolage de parking, devenu un standard.

Ray Barbee, lui, en a tiré des dizaines de variantes dans les années 90 — au point que presque chaque figure qui existe avec un ollie existe aussi en version no comply. C’est ça, l’info qui devrait te décider : tu n’apprends pas un trick au rabais, tu ouvres une famille entière.

À lire aussi : Le ollie en 6 étapes — parce que oui, tu finiras par y passer.

Le mur que tout le monde franchit pareil

Tu vas avoir l’impression d’être le seul à ne pas y arriver. Tu ne l’es pas. Le blocage du no comply est toujours le même, chez tout le monde : ton cerveau refuse de descendre un pied de la planche pendant qu’elle roule. Il croit que tu vas te vautrer. Il a tort, mais il crie fort.

Ce réflexe met deux ou trois sessions à lâcher. Pas deux ou trois mois. Et quand il lâche, tout le reste du trick vient tout seul — parce que le geste, lui, est bête comme chou : tu descends un pied, tu prends appui dessus, tu remontes.

Skateur en l'air au-dessus de sa planche : le mur mental que tout le monde franchit pareil avant de rentrer un no comply
Le moment que ton cerveau croit impossible : la planche n’est plus sous toi, et les deux pieds reviennent quand même. C’est le mur que tout le monde franchit pareil. Photo : Krzysztof Popławski — CC BY 4.0, via Wikimedia Commons

Les 5 étapes du no comply

Skateur qui franchit un carton posé au sol au skatepark des Ursulines à Bruxelles
Le no comply, c’est ce moment-là : les appuis se répartissent entre le sol et la planche, et le corps monte quand même. Photo : Trougnouf — CC BY 4.0, via Wikimedia Commons
  1. Les pieds : avant au milieu, arrière sur le tail

    Pied arrière sur le tail — la partie relevée à l’arrière de la planche —, orteils près du bord. Pied avant au milieu, posé en biais, les orteils qui dépassent un peu du bord côté rue. C’est ce dépassement qui va lui permettre de glisser vers l’extérieur sans que tu aies à y penser. Roule doucement. Vraiment doucement : vitesse de marche.

  2. Le pied avant descend au sol

    Il ne saute pas, il ne shoote pas : il sort du côté du nose et se pose à plat sur le bitume, un peu en avant de la planche. Ton poids passe dessus. C’est le geste qui remplace le pop du ollie — et c’est aussi celui qui fait paniquer tout le monde la première fois.

  3. Le pied arrière fait remonter le nose

    Pendant que le pied avant se pose, appuie sur le tail avec l’arrière. La planche pivote, le nose monte vers ta cuisse. Tu ne cherches pas de la hauteur : tu cherches à ce qu’elle se redresse et reste collée à ta jambe arrière.

  4. Le rebond : tu sautes sur le pied planté

    Tu pousses sur la jambe qui est au sol, comme pour faire un pas sauté. C’est là que vient toute la hauteur du trick — pas de la planche, de toi. Genou avant plié avant l’appui, tendu pendant. Si tu restes raide, tu restes au sol.

  5. Le pied avant revient sur les vis

    En l’air, ramène-le sur la planche, sur les vis avant. Les deux pieds se reposent en même temps, genoux souples, et tu roules. Si tu roules, c’est rentré. Même de 5 cm de haut : c’est rentré.

Les 4 fails classiques et comment les corriger

Les 4 fails classiques

  • La planche part devant toi — tu poses le pied au sol mais tu continues d’avancer avec le buste. Ralentis. À vitesse de marche, la planche ne peut pas te distancer.
  • Le nose ne monte pas — ton pied arrière relâche la pression au moment où l’avant descend. Les deux gestes sont simultanés, pas l’un puis l’autre.
  • Tu ne décolles pas du sol — tu poses ton pied et tu attends. Le pied planté est un tremplin, pas une béquille : il faut pousser dessus.
  • Tu atterris à côté de la planche — ton épaule avant a tourné. Garde les épaules dans l’axe de la planche pendant tout le mouvement, regard vers l’avant.
Skateur qui pose la main au sol après avoir perdu sa planche, skatepark des Ursulines
La main au sol, la planche partie devant : le fail n°1 du no comply, celui qui vient de la vitesse. Il se corrige en ralentissant, pas en forçant. Photo : Trougnouf — CC BY 4.0, via Wikimedia Commons

Par quoi tu commences : l’étape 2, à l’arrêt, sans rien poper

Voilà la réponse, nette : tu ne commences pas par l’étape 1. Tu commences par l’étape 2, et tu la travailles seule, à l’arrêt, sans jamais toucher le tail.

Concrètement, ta première session ressemble à ça. Planche posée sur de l’herbe ou du gravier pour qu’elle ne roule pas. Tu montes dessus. Tu descends le pied avant au sol, à côté du nose. Tu prends appui dessus. Tu le remontes sur les vis. Vingt fois. Trente fois. Sans pop, sans saut, sans hauteur.

Ça a l’air ridicule. C’est pourtant le seul geste du trick que ton corps refuse — les quatre autres, il sait déjà les faire. Tout le monde saute cette étape pour aller « essayer le trick pour de vrai », et tout le monde passe ensuite trois semaines à se demander pourquoi la planche part devant.

Quand poser-remonter devient automatique, tu passes en roulant, toujours sans pop : tu descends le pied, tu le remontes, tu continues de rouler. Et seulement là, tu ajoutes la pression sur le tail. Trois couches, dans cet ordre. Ceux qui les respectent rentrent leur premier no comply dans la même après-midi.

Un dernier point que personne ne dit : fais-le des deux côtés dès le début. Le no comply se fait aussi en posant le pied de l’autre côté, et le réflexe se construit bien mieux maintenant que dans six mois. Même logique que pour le manual : l’équilibre s’apprend en double, pas en simple.

Le déclic, et ce que ça t’ouvre après

Skateur en slappy sur une bordure de parking la nuit, un trick qui se fait sans ollie
Le slappy : l’autre trick qui se passe de ollie, monté en force sur une bordure de parking. Ta ville en est pleine. Photo : Kerry Key — CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons

Le déclic arrive sans prévenir, et tu le sens dans les jambes avant de le voir. D’un coup, le pied qui descend n’est plus une chute contrôlée : c’est une impulsion. Tu montes, la planche monte avec toi, tes deux pieds se reposent ensemble. Le bruit est différent — un claquement sourd au lieu d’un raclement. Ce jour-là, tu comprends que ton corps peut faire décoller une planche sans passer par le pop.

Ce que ça t’ouvre : le no comply 180, le plus classique des enchaînements, où tu tournes d’un demi-tour pendant le rebond. Le frontside 180 devient beaucoup moins effrayant quand tu as déjà fait tourner ta planche une fois. Et le slappy, ce coup de truck sur une bordure de parking, marche exactement sur le même principe : la ville te donne le pop.

Compte 1 à 4 heures pour le premier, réparties sur deux ou trois sessions. Pas plus. Et si à la cinquième tu n’y es toujours pas, filme-toi de côté : dans neuf cas sur dix tu verras que ton pied ne descend pas assez tôt, ou pas assez loin devant.

Quatre façons de faire un no comply, dont la version avec demi-tour

Pas de skatepark près de chez toi ? Aucune importance ici. Un bout de parking lisse, une place devant la mairie, un hangar au sec quand il pleut : ce trick n’a besoin de rien d’autre qu’un sol plat et de la place pour rouler à vitesse de marche. C’est même pour ça qu’il est né sur un trottoir. Si tu doutes encore de ton matos, notre guide du setup débutant te dit ce qui compte vraiment.

Ton pied avant refuse de descendre au sol, ou c’est le rebond qui ne vient pas ? Dis à quelle étape tu bloques. Dis-le en commentaire ↓

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Le lexique

  1. 1

    no comply

    Figure où le pied avant descend au sol et sert d'appui pour faire décoller la planche, sans avoir besoin de taper le tail en l'air.

  2. 2

    pop

    Coup sec donné avec le pied arrière sur l'arrière de la planche pour la faire décoller du sol.

  3. 3

    tail

    Partie relevée à l'arrière de la planche, celle qu'on frappe au sol pour faire monter l'avant.

  4. 4

    nose

    Partie relevée à l'avant de la planche, à l'opposé du tail.

  5. 5

    slappy

    Figure où l'on monte sur une bordure en force, en poussant les trucks contre le rebord au lieu de sauter.

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