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Skate old school : pourquoi ils repassent à 10 pouces ?

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Skate old school : pourquoi ils repassent à 10 pouces ?

Shapes larges, rééditions Powell Peralta et Santa Cruz : le skate old school revient partout. Pourquoi ça marche, et quel deck vintage prendre selon ton niveau.

18 août 2026 · 10 min de lecture
Guillaume Martin

Rédacteur skate chez NOSK8.

Spots, portraits et culture skate française — chaque article est relu et sourcé. Trois générations de pros au compteur. Chronique mensuelle.

Shapes larges, rééditions Powell Peralta et Santa Cruz : le skate old school revient partout. Pourquoi ça marche, et quel deck vintage prendre selon ton niveau.


Niveau : Débutant

Tu scrolles, et cette planche apparaît. Large comme une planche à découper, le nez tout rond, un crâne dessiné dessous comme sur un tee-shirt de ton père. Sous les pieds d’un mec qui envoie dans un bowl à toute vitesse. Et là tu te demandes ce que c’est.

Ça s’appelle un deck old school. Un shape des années 70-80, remis en vente aujourd’hui par les marques qui l’avaient inventé. Et en ce moment, il y en a partout : dans les shops, sur TikTok, aux pieds des mecs qui roulent dans les bowls.

La vraie question, c’est pas de savoir si c’est joli. C’est de savoir si toi, tu dois en acheter une. La réponse arrive plus bas — mais elle n’est pas la même selon ce que tu veux faire sur ta planche.

Evite l’erreur classique

L’erreur qu’on voit tout le temps : un débutant achète un old school parce que le dessin est stylé, puis passe trois semaines à rater son ollie dessus. Normal. Une planche de 10 pouces, c’est deux centimètres de large en plus et souvent un seul tail — elle n’est pas faite pour apprendre les tricks de street. Tu vas croire que tu es nul alors que c’est juste le mauvais outil.

Un deck old school, c’est quoi exactement

Vidéo sur l’histoire des shapes de skateboard, du 2x4 au popsicle

Ta planche actuelle, c’est ce qu’on appelle un popsicle : la forme de bâtonnet glacé, symétrique, avec un nez et un tail identiques. C’est le standard depuis le début des années 90. Les largeurs vont de 7,5 à 9 pouces, et la plus vendue au monde, c’est le 8,25 pouces pour 32,475 pouces de long.

Un old school, c’est l’inverse de cette logique. Plus large. Souvent un seul kicktail (le relevé à l’arrière), un nez plat ou pointu, parfois des découpes en queue de poisson. Chez Santa Cruz, certains shapes vendus aujourd’hui montent à 10,35 pouces de large. À côté, ton 8,25 ressemble à une règle d’école.

Voilà les quatre largeurs qui existent vraiment, et à qui elles servent :

  1. 8,25 pouces — le standard — Ce n’est pas de l’old school, c’est ton point de comparaison. Street, skatepark, tricks. Si tu apprends encore l’ollie, tu restes là.
  2. 9,0 pouces — le premier pas — Le shape large le plus jouable. Assez stable pour rouler et carver, encore assez léger pour poser un ollie. Le bon compromis si tu veux tester sans jeter ton setup actuel.
  3. 9,5 pouces — pour les courbes — Bowl, rampe, transitions. Tes pieds ont de la place, la planche tient la ligne toute seule à grande vitesse. Les tricks de street deviennent durs.
  4. 10 pouces et plus — le pur old school — Les piscines béton, le coping, les grosses courbes. C’est un tank. Tu ne fais plus de flip dessus, tu fais des grinds et de la vitesse.
  5. Ne regarde pas la longueur — Comme sur une planche moderne, c’est la largeur qui décide de tout le reste. La longueur suit.
  6. Regarde le nombre de tails — Un seul relevé à l’arrière = tu ne pourras pas rouler ni claquer en switch. C’est le vrai marqueur old school, plus que le graphisme.

Pourquoi ces planches reviennent maintenant

Skateur descendant la paroi d’un bowl en béton au skatepark de Carson en Californie en 1978
Carson, Californie, 1978. Casque, genouillères, une planche large sous les pieds et un bowl vide pour lui tout seul : le shape old school a été dessiné pour exactement ça. Photo : Tequask — CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Ces formes ne sortent pas de nulle part. Powell Peralta est né en 1978, monté par George Powell et Stacy Peralta. Un an plus tard, ils lancent la Bones Brigade — l’équipe où skataient un Tony Hawk adolescent, Rodney Mullen et Steve Caballero. Les planches de cette époque, c’est ça, l’old school.

La marque a relancé ses anciens modèles sous le nom Powell Classic à partir de 2005, puis a tout réintégré fin 2010. En mars 2011, VCJ — le dessinateur des crânes et des squelettes des années 80 — est revenu bosser avec eux. Chez Santa Cruz, la maison mère existe depuis 1973 et la fameuse main hurlante a été dessinée par Jim Phillips Sr. en 1985. Ces dessins, tu les as déjà vus en tee-shirt sans savoir d’où ils venaient.

Ce qui a changé récemment, c’est pas les planches : c’est les terrains. Les villes construisent des bowls en béton partout, et un bowl se ride mieux large. Ajoute les vidéos qui tournent en boucle sur ton feed, les jeux, les vieux graphismes remis au goût du jour, et tu obtiens une génération de kids qui découvre un shape de 45 ans comme si c’était une nouveauté.

A retenir

Une réédition n’est pas une pièce de collection à accrocher au mur. C’est une planche neuve, avec du bois neuf, faite pour être ridée. Le prix ne vient pas de son âge — il vient du fait qu’elle est pressée en petites séries. Si un vendeur te parle de valeur qui monte, tu passes ton chemin.

Sous tes pieds, ça change quoi

Schéma de l’évolution des shapes de skateboard, de la planche plate de 1959 au popsicle double tail de 1989
Regarde la quatrième planche : un seul relevé à l’arrière. C’est le kicktail de 1969, l’ancêtre direct des shapes old school. Le double tail symétrique, celui de ta planche, n’arrive qu’à la fin des années 80. Illustration : Mysoberromance — CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Concrètement, tu poses le pied et trois choses changent d’un coup.

Tu es plus stable, tout de suite. Plus de surface sous la semelle, moins de tremblements quand tu prends de la vitesse. C’est reposant. Beaucoup de débutants se sentent bien mieux sur du large — c’est logique, ils n’ont pas encore le placement de pieds au millimètre. On avait déjà creusé le sujet dans notre guide sur la largeur de planche selon ta pointure.

Le pop devient dur à sortir. Le bois est plus large donc plus lourd, et le tail est souvent moins relevé. Claquer la planche pour décoller demande plus de force. Un ollie qui passait à 20 centimètres passe à 10.

Le reste du setup doit suivre. Des trucks larges (169 mm ou plus), et des roues plus grosses et plus souples — 58 à 60 mm en 78A à 90A, pas les 99A dures du street. Sinon la planche broute sur le moindre gravier. Notre guide des roues selon le terrain détaille exactement ce point, et il vaut aussi pour les shapes larges.

Alors, tu prends quoi

Skateur en grind sur le coping dans la partie profonde d’une piscine en béton
Deep end, coping, quinze personnes qui regardent : voilà le terrain où un shape large prend enfin tout son sens. Ty Beuthe, Millennium Skate Park, octobre 2019. Photo : Wil540 — CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Voilà la réponse, sans détour, selon où tu en es.

Tu débutes et tu veux apprendre les tricks ? Non. Tu ne prends pas d’old school. Tu prends un 8,0 ou un 8,25 classique, et tu passes tes six premiers mois dessus. Tout est expliqué dans notre guide de la première planche. Ollie, kickflip, shove-it : tout ça a été inventé sur du popsicle, et ça s’apprend sur du popsicle.

Tu as déjà une planche street et tu veux autre chose ? Oui, et vise 9,0 pouces. C’est la marche la plus intelligente : assez large pour changer complètement tes sensations, assez raisonnable pour rester jouable. Tu gardes ton setup street pour les tricks, et tu sors celui-là quand tu veux juste rouler.

Tu passes ton temps dans les bowls et les rampes ? Oui, et là tu peux monter à 9,5 ou 10 pouces sans hésiter. C’est exactement ce pour quoi ces planches ont été dessinées. Tu vas gagner en vitesse, en confiance dans les courbes, et en style.

Et ce que ça change vraiment, personne ne te le dit avant que tu l’essaies : sur du large, tu arrêtes de te battre avec ta planche. Tu poses les pieds, tu pousses, et elle avance sans broncher. Pour un débutant qui a passé un mois à trembler sur du 7,75, cette sensation-là vaut cher. Elle ne remplace pas l’apprentissage des tricks — mais elle te donne envie de rester dessus plus longtemps, et c’est comme ça qu’on progresse.

Ou trouver un vrai old school

L’ordre de préférence, comme toujours :

  1. Ton skateshop local — Ils ont souvent deux ou trois shapes larges en stock, et surtout ils peuvent monter les trucks larges et les bonnes roues pour toi. Tu repars avec une planche qui roule, pas avec un carton.
  2. Les sites de marquePowell Peralta et Santa Cruz vendent leurs rééditions en direct, avec les dimensions exactes affichées.
  3. Les sites spécialisésSkatedeluxe et les autres boutiques skate en ligne référencent les shapes larges avec les filtres de largeur. C’est là que tu compares le plus vite.
  4. Les grandes surfaces et les sites de déco — À éviter. Une planche old school vendue comme objet mural n’a ni le bois ni les perçages pour être ridée.

Côté budget, un deck de marque neuf tourne autour de 50 à 70 € pour un shape classique. Les rééditions et les shapes larges se situent souvent un cran au-dessus, parce qu’ils sont pressés en petites quantités. Ajoute des trucks larges et des roues souples 60 mm, sinon tu montes une carrosserie de camion sur des roues de kart.

Questions fréquentes

Est-ce que je peux faire un ollie sur un deck old school ?

Sur du 9,0 pouces, oui, plus bas et plus dur qu’en street. À partir de 9,5, ça devient un vrai effort, et sur les shapes à un seul tail tu perds toute la partie nose. Ce n’est pas une planche à tricks, c’est une planche à vitesse.

Réédition ou vraie planche des années 80 trouvée d’occasion ?

Réédition, sans hésiter. Une planche de 1985 a passé quarante ans à sécher : le bois a bougé, la colle a lâché, le pop a disparu. La réédition reprend la forme et le dessin avec du bois neuf. Les vraies vieilles, on les laisse aux collectionneurs.

Un old school, c’est pareil qu’un cruiser ou qu’un longboard ?

Non. Un cruiser est court et souvent en plastique, fait pour se déplacer. Un longboard dépasse 90 cm et sert à descendre. Un old school reste un skateboard, avec un tail relevé et du concave — il fait juste tout ce qu’un skate faisait avant que le street prenne le dessus.

Mes trucks actuels iront dessus ?

Sur du 9,0, tes trucks 149 mm peuvent passer à la limite. Au-delà, non : la planche déborde des roues, tu perds l’équilibre en virage et tu tapes le bois au sol. Prévois des trucks larges dès le départ, et le budget qui va avec.

Un shape old school ne va pas t’apprendre le kickflip. Mais si tu as déjà une planche et que tu cherches la sensation qui manque — celle de rouler vite sans réfléchir, dans une courbe en béton — c’est exactement la bonne planche. Le reste, c’est du dessin sur du bois.

Bon ride.

Tu roules sur quelle largeur en ce moment ? Et si tu as déjà testé un shape large, dis ce que ça t’a fait. Dis-le en commentaire ↓

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Le lexique

  1. 1

    kicktail

    Le relevé à l'arrière de la planche. C'est lui qu'on claque au sol pour décoller : sans kicktail, aucun ollie n'est possible.

  2. 2

    popsicle

    La forme moderne en bâtonnet glacé, symétrique avec un nez et un tail identiques. Le standard du skate depuis le début des années 90.

  3. 3

    concave

    La courbure creusée dans la largeur du plateau. Elle cale tes pieds et t'aide à sentir la planche sans regarder.

  4. 4

    coping

    Le tube métallique posé sur le bord haut d'un bowl ou d'une rampe. C'est dessus qu'on bloque les grinds.

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