Street Shop LIVRAISON OFFERTE DÈS 50€
Descendre un trottoir en skate : il y a 2 cm dans chaque rue qui changent tout

Accueil / Conseils

★ Conseils

Descendre un trottoir en skate : il y a 2 cm dans chaque rue qui changent tout

Tu bloques au premier trottoir ? Descendre ne demande aucune figure : vitesse, genoux pliés, poids sur le pied arrière. Et la loi t'offre 2 cm dans chaque rue.

4 septembre 2026 · 10 min de lecture
Guillaume Martin

Rédacteur skate chez NOSK8.

Spots, portraits et culture skate française — chaque article est relu et sourcé. Trois générations de pros au compteur. Chronique mensuelle.

Tu bloques au premier trottoir ? Descendre ne demande aucune figure : vitesse, genoux pliés, poids sur le pied arrière. Et la loi t'offre 2 cm dans chaque rue.


Niveau : Débutant

Tu roules bien sur le plat. Tu pousses, tu tournes, tu commences même à te sentir à l’aise. Et puis arrive le premier trottoir, et là c’est le blocage total : tu ralentis, tu poses le pied, tu descends à pied comme un piéton avec une planche sous le bras.

Tout le monde passe par là. Descendre un trottoir en skate, c’est le premier vrai obstacle entre toi et le fait de rouler en ville pour de vrai — pas juste tourner en rond sur un parking.

La bonne nouvelle, c’est que ça ne demande aucun trick. Zéro. Et il existe même un endroit dans chaque rue de France où le trottoir ne fait que deux centimètres de haut. On y vient, mais d’abord il faut comprendre pourquoi tu te fais éjecter.

Evite l’erreur classique

Freiner juste avant le bord. C’est le réflexe de tout le monde, et c’est exactement ce qui te fait tomber. Trop lent, tes roues avant décrochent dans le vide, le nose pique vers le sol, et la planche s’arrête net pendant que toi tu continues. Plus tu ralentis, plus tu te fais éjecter. Le trottoir se passe avec de la vitesse, pas contre elle.

Pourquoi tu te fais éjecter au premier trottoir

Tuto Braille Skateboarding : comment descendre un trottoir en skate

Une planche, c’est deux essieux. Quand tu arrives au bord, l’essieu avant sort dans le vide et il n’y a plus rien pour le tenir. À ce moment précis, une seule chose décide de ton sort : où est ton poids.

Poids sur l’avant, le nose plonge, les roues touchent le bitume plus bas en premier, la planche se plante et tu pars la tête devant. Poids sur l’arrière, le nose reste haut, l’essieu arrière franchit le bord, et les quatre roues atterrissent quasiment en même temps. Tu continues à rouler comme si de rien n’était.

C’est tout. Il n’y a pas de secret technique, pas de figure cachée. Le geste s’appelle un roll-off — littéralement « rouler par-dessus le bord ». Voilà comment on le fait proprement.

Skateur qui franchit le bord d'un trottoir en béton, planche collée sous les pieds
Descendre un trottoir en skate se joue ici : l’instant où les quatre roues quittent le bord : à ce moment précis, seule la position du poids décide si tu retombes en roulant ou sur les mains. Photo : Krzysztof Popławski — CC BY 4.0, via Wikimedia Commons.
  1. Arrive tout droit, perpendiculaire au bord — jamais en biais. Si tu arrives de travers, une roue sort avant l’autre, la planche pivote toute seule et tu te retrouves de côté dans le vide.
  2. Garde de la vitesse — celle d’un jogging tranquille suffit. Ne freine pas dans les trois derniers mètres.
  3. Plie les genoux — bien bas, comme si tu t’asseyais sur une chaise invisible. Les jambes deviennent tes amortisseurs.
  4. Recule ton poids sur le pied arrière juste avant le bord, pour lever légèrement le nose. Pas un saut : un transfert de poids, comme quand tu tournes.
  5. Regarde loin devant, pas tes pieds. Ton corps suit toujours ton regard — si tu fixes le sol, tu vas au sol.
  6. Absorbe à la réception en laissant les genoux plier encore. Jambes tendues = choc dans les chevilles et planche qui rebondit.

Les 4 temps du geste, image par image

Séquence en quatre images d'un ollie : accroupi, tail claqué, pied avant qui glisse, planche collée aux pieds
Les quatre temps du pop, décomposés : accroupi, tail claqué, pied avant qui remonte, planche collée sous les pieds. C’est le mouvement que tu réutilises pour franchir un trottoir vers le haut. Photo : TobiasK — CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

Descendre, tu sais maintenant. Monter sur un trottoir, c’est une autre histoire : là, il faut décoller la planche du sol. C’est le ollie, la figure de base inventée en 1978 par Alan Gelfand.

Sur la séquence au-dessus, tu vois les quatre temps. Accroupi et compressé. Le pied arrière claque le tail contre le sol — c’est le pop, ce bruit sec de la planche qui rebondit. Le pied avant remonte le long du grip vers le nose. Et les deux pieds finissent au même niveau, planche collée dessous.

Ne te lance pas dans le ollie tant que le roll-off n’est pas automatique. L’ordre logique, c’est descendre d’abord, monter ensuite. Si tu veux préparer ton corps au saut sans risquer ta planche, le hippie jump est l’exercice parfait : tu sautes, la planche continue toute seule, tu retombes dessus.

A retenir

Descendre un trottoir ne demande aucune figure. Monter dessus en demande une. Beaucoup de débutants bloquent parce qu’ils croient qu’il faut savoir sauter pour les deux — et ils n’essaient jamais le plus simple des deux. Commence par les bordures basses, celles de 5 à 8 centimètres qui bordent les parkings, et remonte progressivement.

Personne ne te regarde autant que tu le crois

Skateur en plein ollie au-dessus de deux planches devant des spectateurs assis sur une place publique
Même devant vingt personnes assises, celui qui saute rate la moitié de ses essais. C’est le tarif normal, pour tout le monde. Photo : Jarek Tuszyński — CC BY 4.0, via Wikimedia Commons.

La vraie raison pour laquelle beaucoup n’essaient jamais, ce n’est pas la technique. C’est la peur d’être vu en train de se ramasser devant un arrêt de bus.

Sauf que dans la rue, les gens sont sur leur téléphone. Ceux qui regardent vraiment, ce sont les autres skateurs — et eux savent exactement ce que tu es en train de tenter, parce qu’ils ont raté le même geste des dizaines de fois. Personne n’a jamais rigolé d’un débutant qui essaie. On rigole de ceux qui n’essaient pas.

Où t’entraîner avant d’attaquer la rue

Deux skateurs sur un sol plat en béton sous un pont couvert de graffitis
Un sol lisse, aucune voiture, personne pour te presser : c’est là que le geste s’automatise avant de servir en ville. Photo : Clem Onojeghuo — CC0, via Wikimedia Commons.

Ne fais pas tes premiers essais entre deux voitures. Cherche un endroit où tomber ne coûte rien :

  • Un parking de supermarché le dimanche — bitume lisse, bordures basses partout, zéro circulation. Le meilleur terrain d’apprentissage de France, et il est gratuit.
  • Une zone d’activité en soirée — mêmes bordures, personne après 19 h.
  • Un skatepark, sur le plat en dehors des modules — le sol y est parfait et personne ne te jugera.
  • Une cour d’école ou un gymnase le week-end — souvent le seul revêtement vraiment lisse dans les petites villes.

Compte une vingtaine de passages sur la même bordure basse avant que ça devienne automatique. Ce n’est pas beaucoup. C’est une après-midi.

Combien de temps avant que ça devienne naturel ?

Skateur qui prend son élan pour franchir trois planches empilées, une hauteur de trottoir fabriquée sur du plat
Trois planches empilées, et tu as fabriqué toi-même la hauteur d’un trottoir — sauf qu’ici, si tu accroches, rien ne casse. Photo : Godot13 — CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Personne ne peut te donner un chiffre exact, mais l’ordre de grandeur est toujours le même : une à trois séances pour descendre une bordure basse sans réfléchir. C’est court. Beaucoup plus court que ce que tu imagines quand tu es planté devant le bord.

Ce qui prend du temps, c’est la suite — monter dessus, enchaîner, poser un trick. Et là, le compteur se calcule en semaines, pas en après-midi. La bonne nouvelle, c’est que la descente est la partie facile, et elle débloque à elle seule 90 % de tes déplacements en ville.

Un dernier repère : si tu poses le pied à chaque essai depuis vingt minutes, ne t’acharne pas. Baisse la hauteur, refais dix passages propres sur une bordure plus basse, reviens ensuite. La progression en skate se fait toujours en descendant d’un cran avant de remonter deux.

Les 2 centimètres que la loi t’offre dans chaque rue

Voilà la partie que personne ne t’a dite, et c’est celle qui change tout dans ton quotidien.

En France, à chaque passage piéton, le trottoir doit être abaissé — c’est ce qu’on appelle un bateau. Et la réglementation d’accessibilité est très précise sur ce point : la hauteur des ressauts est au maximum de 2 centimètres (jusqu’à 4 centimètres si le bord est taillé en biseau). C’est écrit dans les règles d’accessibilité de la voirie, et c’est valable partout, dans toutes les communes.

Groupe de skateurs roulant sur la chaussée à Paris près du pont Alexandre III
Rouler en ville, ça ressemble à ça : de la chaussée, des bordures, et des abaissés tous les cinquante mètres pour entrer et sortir du trottoir. Photo : Guilhem Vellut — CC BY 2.0, via Wikimedia Commons.

Deux centimètres, c’est moins que le diamètre d’une pièce de deux euros. Tes roues passent dessus sans que tu aies besoin de sauter, de te déhancher, ou même de vraiment y penser. Il suffit d’arriver droit et de garder ta vitesse.

Autrement dit : dans n’importe quelle rue, tous les cinquante mètres, il y a une porte d’entrée et une porte de sortie du trottoir taillées pour toi. Ta ville est déjà pleine d’endroits franchissables — tu ne les voyais pas, c’est tout.

Alors voilà la réponse complète, celle qu’on t’a promise en haut de cette page. Pour descendre un trottoir : de la vitesse, un angle droit, genoux pliés, poids sur le pied arrière, regard loin devant. Et pour tout le reste de tes déplacements, les abaissés à 2 centimètres des passages piétons font le travail à ta place. Tu n’as pas besoin de savoir sauter pour rouler en ville dès aujourd’hui. Tu as juste besoin de savoir où regarder.

Le matos qui change vraiment quelque chose

Gros plan en contre-plongée sur une paire de chaussures de skate à semelle plate usée
Semelle plate et toile épaisse : c’est ce contact-là qui te dit où est ta planche quand tu ne la regardes pas. Photo : Nicolas Völcker — CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

Trois choses comptent pour rouler en ville, et elles sont toutes accessibles :

  1. Des roues assez grosses. En dessous de 52 mm, chaque gravier t’arrête net. Pour la rue, vise 54 à 56 mm en 99A — plus de tolérance sur le bitume abîmé sans perdre en vitesse.
  2. Des chaussures à semelle plate. Une semelle de running est bombée : ton pied roule sur la planche et tu perds le contact au pire moment. Les modèles d’entrée de gamme suffisent largement pour commencer.
  3. Un casque. Ce n’est pas négociable quand tu apprends à franchir des bords. Vérifie la norme EN 1078 sur l’étiquette, c’est le seul critère qui compte.

Côté boutiques, Decathlon reste le plus simple pour un premier casque et des protections sans exploser le budget. Pour un complete monté correctement, un vrai skateshop ou Skatedeluxe te donneront du matos qui tiendra plus de deux semaines. Si tu n’as pas encore ta planche, commence par choisir la bonne taille de deck — tout le reste en découle.

Questions fréquentes

Il faut savoir faire un ollie pour descendre un trottoir ?

Non, et c’est la confusion numéro un. Descendre se fait en roulant, sans décoller la planche. Le ollie sert à MONTER sur le trottoir, ou à franchir un obstacle. Beaucoup de débutants attendent des mois de savoir sauter alors qu’ils pourraient déjà descendre n’importe quelle bordure de ville.

Quelle hauteur de trottoir pour un premier essai ?

Commence par 5 centimètres, la hauteur des bordures de parking. Passe à 10 quand tu ne poses plus le pied. Un trottoir de ville classique se franchit sans problème une fois ces deux étapes acquises — c’est la même sensation, juste un peu plus longue à absorber dans les genoux.

Ma planche fait un bruit horrible en atterrissant, c’est normal ?

Oui, un claquement sec à la réception est normal. Ce qui ne l’est pas, c’est un grincement continu après : là, tes roulements ont pris un choc ou du gravier. Si le son persiste, sors les roulements et nettoie-les. Et plie davantage les genoux à la réception — l’amortissement, c’est ton travail, pas celui de la planche.

Je peux apprendre sans aller au skatepark ?

Complètement. Le roll-off s’apprend sur n’importe quelle bordure basse, et l’essentiel de la progression se fait sur du plat. Si le skatepark t’intimide encore, tu peux même commencer par des figures qui ne demandent pas de sauter, comme le no comply.

Le premier trottoir descendu, c’est le moment où ta planche arrête d’être un jouet de parking et devient un moyen de te déplacer. Après ça, tu ne regardes plus jamais une rue de la même façon. Tu vois des lignes.

Bon ride.

C’était quoi ta première bordure, et t’as posé le pied combien de fois avant de passer ? Dis-le en commentaire ↓

Cet article t’a servi ?

Un geste, sans compte.

Partager

Le lexique

  1. 1

    ollie

    Figure de base qui consiste à faire décoller la planche du sol sans les mains, en claquant l'arrière contre le sol.

  2. 2

    tail

    L'arrière relevé de la planche. C'est lui qu'on claque contre le sol pour décoller.

  3. 3

    nose

    L'avant relevé de la planche, à l'opposé du tail.

  4. 4

    pop

    Le rebond sec de la planche quand le tail claque le sol. Plus il est franc, plus la planche monte haut.

  5. 5

    roll-off

    Franchir un bord en roulant, sans sauter, en reculant simplement son poids sur le pied arrière.

Continue ta lecture

Événements

Asian Games 2026 : 4 titres de skate en 4 jours, et le Japon n’en a gagné qu’un la dernière fois

Park et street du 24 au 27 septembre au Hall B d’Aichi Sky Expo : programme jour par jour, prix réels des billets, horaires en…

Lire l'article 8 min de lecture

Commentaires (0)

    Laisse ton commentaire

    Prénom, email et au moins 20 caractères requis. Un code de vérification sera envoyé par email avant publication.

    Ton email reste privé. Les commentaires sont modérés a posteriori.