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Top 10 des vidéos skate des années 2000 — le classement qui va faire débat

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Top 10 des vidéos skate des années 2000 — le classement qui va faire débat

Fully Flared, Menikmati, Yeah Right — notre top 10 des meilleures vidéos skate des années 2000. Un classement qui va faire débat, et c’est voulu.

15 juin 2026 · 9 min de lecture
Guillaume Martin

Rédacteur skate chez NOSK8.

Spots, portraits et culture skate française — chaque article est relu et sourcé. Trois générations de pros au compteur. Chronique mensuelle.

Fully Flared, Menikmati, Yeah Right — notre top 10 des meilleures vidéos skate des années 2000. Un classement qui va faire débat, et c’est voulu.


Fully Flared – 2007. Menikmati – 2000. DC Video – 2003. Si tu as grandi avec une VHS qui trainait dans ta chambre et un spot de merde à 15 min de vélo, ces titres ne sont pas des noms de vidéos — c’est un calendrier émotionnel. Et ce classement, il va pas faire l’unanimité. C’est le but.

Les « meilleures vidéos skate des années 2000 » c’est le genre de sujet qui réunit des mecs qui ne se sont pas parlé depuis cinq ans autour d’un désaccord constructif. Le genre de discussion où tu réalises à 23h que t’as pas mangé depuis quatre heures. On a construit le classement de bas en haut. On assume les choix. Le N°1 est en fin d’article, et il va en énerver plus d’un — on donne aussi la réponse pour ceux qui refusent notre pirouette. Et si tu n’es pas d’accord — parfait.

Top 10 — de bas en haut, parce que le suspense ça se mérite

Lakai Fully Flared 2007 — extrait de la vidéo skate culte

N°10 — Menikmati – 2000 (éS)

On aurait pu la mettre plus haut. On aurait pu. Arto Saari déboule dans ce film comme si la physique ne le concernait pas — ses handrails sont des déclarations d’intention, pas des tricks. Eric Koston pose une nollie heelflip switch crook sur un spot que la moitié des skateurs de l’époque n’auraient même pas regardé. Et tout ça, en 2000, quand le digital existait à peine dans les caméras de skate.

Elle est N°10 parce que le reste du classement est inhumain. Pas parce qu’elle est faible. Regarde la partie d’Arto Saari en entier, puis reviens me parler.

N°9 — The DC Video – 2003

DC Video – 2003, c’est le budget qui déborde et qui inonde tout. Chaque partie est hyper-produite, les spots sont immenses, les tricks sont à la hauteur des moyens. Rob Dyrdek patine Pulaski Park comme si c’était son jardin. Danny Way saute d’un hélicoptère sur une rampe. Littéralement. D’un hélicoptère.

Ce qui lui vaut la N°9 et pas le top 5 : parfois, trop de budget étouffe l’énergie brute. Regarde un clip de The DC Video juste après un clip d’Emerica — tu ressens la différence entre une vidéo faite avec des moyens et une vidéo faite avec une urgence. Les deux ont leur valeur. Mais on classe la seconde plus haut.

Trop de budget étouffe parfois l’énergie brute. Les meilleures vidéos skate ont une urgence que l’argent ne peut pas acheter. — Ce que DC Video nous a appris malgré lui

N°8 — Photosynthesis – 2000 (Alien Workshop)

Alien Workshop a toujours eu un truc en dehors. Photosynthesis – 2000 confirme que c’était délibéré, pas accidentel. La bande-son est bizarre, le montage est organique à une époque où tout le monde voulait du punch cut, et les skateurs — Josh Kalis, Jason Dill, Anthony Van Engelen — patinent comme si la caméra n’existait pas.

La partie de Josh Kalis à Love Park, c’est le moment où Philadelphie devient une capitale mondiale du skate. Un parvis en granit, une bande de mecs, et une façon de rouler que personne n’a copiée sans que ça se voie. La technique de laboratoire d’un Rodney Mullen vient d’une autre planète ; ici, tout se joue au sol, dans la ville, sans filet.

Cassettes VHS et télévision CRT des années 2000, lumière ambrée, esthétique film grain
Ces cassettes, tu les rembobinais toi-même. (Illustration NOSK8)

N°7 — Sorry – 2002 (Flip)

Le skate britannique n’existait pas dans les conversations globales avant Sorry – 2002. Geoff Rowley avait déjà un nom — mais Arto Saari chez Flip, Tom Penny qui réapparaît dans le radar, et Bastien Salabanzi qui débarque comme une gifle collective… cette vidéo a changé l’équilibre géographique de la culture skate.

La partie de Rowley reste une des choses les plus violentes jamais filmées. Pas « violent » comme dans agressif — violent comme dans : ce mec est prêt à se détruire les genoux pour le plan. Cette énergie-là, elle ne se fabrique pas. Elle se capture.

N°6 — Emerica « This is Skateboarding » – 2003

Le titre est une provocation. « This is Skateboarding » — sous-entendu : pas le reste. Andrew Reynolds, Heath Kirchart, et l’équipe Emerica au grand complet. Des ledges de ville, des handrails qui font peur, et un ton de prod qui dit clairement que le budget n’est pas le sujet. Le sujet c’est le terrain et ce qu’on en fait.

Heath Kirchart skate avec une précision froide qui n’a jamais été reproduite depuis. Pas de style « feel-good », pas de sourire après le landing. Il pose le trick et il part. C’est peut-être la définition la plus honnête du street skating pur.

N°5 — Mind Field – 2009 (Alien Workshop)

On est en 2009, techniquement hors de la décennie. On s’en fout — Mind Field – 2009 appartient culturellement aux années 2000, c’est l’aboutissement de tout ce qu’Alien Workshop avait construit depuis Photosynthesis. Dylan Rieder patine dans ce film comme si le sol était optionnel — chaque trick posé avec une élégance qui a fait école sur toute une génération. Anthony Van Engelen, lui, remet la même énergie brute qu’en 2000, neuf ans plus tard, sans une once de calcul. Et la bande-son — The Smiths, Bauhaus, Neurosis — prouve qu’une vidéo skate peut être une œuvre de composition autant qu’un recueil de tricks.

N°4 — Yeah Right! – 2003 (Girl)

Spike Jonze derrière la caméra, une équipe Girl au sommet de sa forme — Eric Koston, Mike Carroll, Guy Mariano — et un budget qui a permis de faire des trucs que personne n’avait encore tentés dans une vidéo skate. La séquence des boards invisibles. Le fake documentary. Le montage qui respire.

Yeah Right – 2003 est la vidéo qui a prouvé que le format « skate video » pouvait être un objet cinématographique à part entière sans trahir le street skating. Et la partie de Guy Mariano — revenu de loin, tout le monde le savait — est peut-être la partie de come-back la plus chargée émotionnellement de l’histoire du skate.

Paul Rodriguez en crooked grind sur un bloc béton dans la rue à San Francisco
Paul Rodriguez, crooked grind sur un bloc de béton posé au milieu d’un parking. Il avait 18 ans quand sa partie de Yeah Right! – 2003 est sortie : en une vidéo, il passe de gamin sponsorisé à tête d’affiche mondiale. Photo : Incase — CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

Yeah Right a prouvé qu’une vidéo skate pouvait être cinéma. Sans sacrifier une seule seconde de street skating réel. — Ce que Spike Jonze a compris avant tout le monde

N°3 — Baker 2G – 2000 (Baker)

Baker 2G – 2000 n’avait pas de budget. La caméra était tenue à la main dans des positions improbables. Les spots étaient ceux que les mecs trouvaient en roulant. Et ça — précisément ça — est ce qui lui donne cette place.

Andrew Reynolds patine avec une détermination qui ressemble à de la colère. Elissa Steamer est là, dans cette liste de gars qui frappent des handrails, et elle est à sa place entièrement, sans effort, sans qu’on ait besoin de le souligner. Jim Greco est filmé comme si la caméra avait du mal à le suivre — parce que c’était le cas. Cette vidéo n’a pas d’intro cinématique. Elle commence, elle skate, elle finit. C’est tout.

N°2 — Fully Flared – 2007 (Lakai)

Ty Evans derrière la caméra, Mike Carroll et Eric Koston en têtes d’affiche, et un Marc Johnson qui donne la performance de sa carrière. Fully Flared – 2007 est probablement la vidéo skate la plus ambitieuse techniquement jamais faite à ce stade. L’intro aux explosions est restée dans les mémoires — même les gens qui trouvaient ça too much ont regardé deux fois.

La partie de Marc Johnson est une leçon de skate street pur : switches, nollie lines, ledge work dans des conditions réelles. Pas de tremplin, pas de ramp cachée. Des spots réels, des tricks réels, et une précision qui donne envie de lâcher ta planche par respect. Et surtout : Guy Mariano. Sa partie a raflé « Best Street » et « Best Video Part » aux Transworld Awards 2007 — le retour d’un mec que le skate avait cru perdu pour de bon, filmé sans une seule seconde de pathos.

N°1 — Mouse – 1996 (Girl) : oui, une vidéo de 1996 en tête d’un top 2000

Non. La N°1, c’est Mouse – 1996 (Girl). Et on assume.

Mouse – 1996 n’est pas techniquement une vidéo des années 2000. Mais elle est la vidéo sans laquelle tout ce classement n’existe pas. Eric Koston, Guy Mariano, Gino Iannucci, Keenan Milton — sur des spots réels, dans des villes réelles, avec une caméra qui cadrait comme si le trick était une conversation et pas une performance. Pas de musique rap formatée, pas d’explosions, pas de montage qui hurle.

Mouse – 1996 est la vidéo qu’on rembobinait le plus. Pas à cause des tricks les plus fous — à cause de la façon dont elle sentait. Et si une vidéo de 1996 tient encore comme une référence absolue dans un classement des années 2000, c’est qu’elle a posé un étalon que personne n’a dépassé.

Elissa Steamer face à une caméra Sony VX1000, l'outil des vidéos skate des années 2000
Elissa Steamer — la première femme à avoir eu une vraie partie dans une vidéo de team, sur Baker 2G – 2000 — face à une Sony VX1000. Cette caméra à 3 000 balles avec son fisheye vissé dessus a filmé la quasi-totalité de ce classement — et alimenté les VHS de 411 Video Magazine qu’on s’échangeait au skateshop. Photo : Incase — CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

Tu vas dire que c’est hors sujet. Je te dis que c’est exactement le sujet : toutes les vidéos de ce classement ont été tournées avec le même outil, dans le même esprit, par des mecs qui avaient tous vu Mouse – 1996 avant de brancher leur caméra.

Et si tu refuses le hors-sujet — c’est ton droit, et c’est même l’attitude saine — alors voilà la réponse nette, sans échappatoire : le N°1 strictement années 2000, c’est Fully Flared – 2007. Quatre ans de tournage, la partie de Guy Mariano primée deux fois aux Transworld Awards, et une intro que même les gens qui détestent le montage clinquant ont regardée deux fois. Aucune autre vidéo de la décennie n’a réuni ce niveau de skate, cette production et cette charge émotionnelle en même temps.

Quelle vidéo aurait dû être N°1 selon toi — et pourquoi on a tort de mettre Mouse à la place de Fully Flared ? Dis-le en commentaire ↓

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Le lexique

  1. 1

    nollie heelflip

    Figure où le skateur frappe le nose (avant de la planche) au lieu du tail, en faisant tourner la board d'un coup de talon.

  2. 2

    handrail

    Rampe ou barre métallique d'escalier utilisée comme obstacle pour les grind et slide.

  3. 3

    switch crook

    Crooked grind exécuté en switch stance — c'est-à-dire dans le sens opposé au sens naturel du skateur.

  4. 4

    nollie back heel

    Nollie heelflip vers le backside — combinaison de direction et de rotation de la planche.

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