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Le board invisible a changé le skate
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Yeah Right! — en 2003, Spike Jonze a transformé une vidéo de skate en cinéma

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Yeah Right! — en 2003, Spike Jonze a transformé une vidéo de skate en cinéma

Tu te souviens de la première fois que tu as vu un skateur faire des tricks sur une planche invisible. C’était dans Yeah Right!, sorti en septembre 2003. Ce jour-là, Spike Jonze et Ty Evans ont arrêté de filmer le skate. Ils l’ont mis en scène. Et le skate vidéo n’a plus jamais été le même.

⏱ Lecture : 5 min

Yeah Right! Girl Skateboards 2003 chronique Spike Jonze

L’avant Yeah Right! : un genre figé

Au début des années 2000, la vidéo de skate suivait un script. Un rider, des spots, des tricks bangers, un gros morceau de hip-hop. Tu connaissais la formule par cœur. Trilogy, The DC Video, Photosynthesis — toutes excellentes, toutes construites sur le même squelette.

Et puis Girl Skateboards a sorti Yeah Right!. La marque montée par Mike Carroll, Rick Howard et Spike Jonze en 1993 venait déjà d’imposer un ton à part avec Mouse en 1996. Mais avec Yeah Right!, l’équipe a pris la grammaire du skate vidéo et l’a fracturée. Délibérément. Pendant 60 minutes.

Le casting d’abord. Eric Koston, Rick McCrank, Brandon Biebel, Mike Carroll, Rick Howard, Tony Ferguson, Brian Anderson, Guy Mariano. Tu mets ça sur une affiche, tu remplis une salle. Mais Jonze et Ty Evans n’ont pas voulu construire le film comme une compilation de parts. Ils l’ont construit comme un long-métrage, avec des sketches, des transitions narratives, une ironie que personne n’avait osé dans le skate avant eux.

La séquence du board invisible

Le moment qui restera dans les annales arrive après le générique. Eric Koston, Mike Carroll, Rick Howard et les autres font des kickflips, des manuals, des grinds, des nose blunts. Sans planche. Le board a été effacé image par image, en post-production, sur des centaines de plans. Du compositing artisanal en 2003, fait sur des stations Avid à des prix qui te ferait pleurer aujourd’hui.

Le résultat ? Tu vois des skateurs danser dans l’air. Le mouvement pur, sans l’objet. Personne n’avait jamais filmé le skate comme ça. Et personne n’a refait pareil depuis sans paraître l’imiter.

Girl Skateboards graphique deck 2003 chronique

Ce qu’il y a de fou, c’est que la séquence n’a duré que 90 secondes. 90 secondes pour réduire dix ans de discours sur « qu’est-ce qu’une vidéo de skate » en bouillie. Spike Jonze venait juste de réaliser Adaptation avec Charlie Kaufman. Il avait déjà fait Being John Malkovich. Mais c’est dans Yeah Right! qu’il a glissé sa signature la plus radicale. Personne, à Hollywood, n’a vu cette part. Tout le skate l’a vue.

La famille Girl-Chocolate

Ce qui a porté Yeah Right!, c’est le casting humain. Girl et sa marque sœur Chocolate, ce n’était pas une équipe sponsorisée. C’était une famille. Mike Carroll et Rick Howard avaient quitté Plan B en 1993 pour fonder leur propre baraque, parce qu’ils en avaient marre du business agressif. Ils ont rapatrié Eric Koston, Guy Mariano, Sean Sheffey, Gino Iannucci. Ils ont signé des kids comme Brandon Biebel et Brian Anderson.

Le ton dans Yeah Right! traduit ça. Personne ne se prend au sérieux. Sketches absurdes, déguisements, parts intercalées avec du non-sens. Owen Wilson fait un caméo. Tony Hawk apparaît, et se fait moquer. Lakai sortira Fully Flared quatre ans plus tard avec la même équipe technique — c’est Yeah Right! qui a écrit la grammaire.

La part de Guy Mariano dans Yeah Right! — sa réapparition après des années de galères — reste citée comme l’une des plus émouvantes de l’histoire du skate. Tu sens que les copains derrière la caméra savent ce que représente le retour du gosse. Le morceau de Q-Tip qui accompagne sa part, « The Light« , n’a pas été choisi au hasard. C’est un câlin de bande.

L’héritage : 22 ans plus tard

Sony VX1000 caméra skate vidéo 2003 vintage

Aujourd’hui, on filme le skate au téléphone. La VX1000 fait son retour en mode revival, mais c’est une révérence — pas un standard. Les pros postent des clips iPhone qui font 8 millions de vues sur Instagram. Et pourtant, quand tu demandes à un kid de citer une vidéo qui l’a marqué pour toujours, Yeah Right! revient encore.

Pourquoi ? Parce que Jonze et Ty Evans n’ont pas filmé des tricks. Ils ont filmé une attitude. Le LA des années 2000, les sweat zippés, les Lakai sur les pieds, les dénivelés du Courthouse à Hollywood, la lumière dorée de fin d’après-midi. Tu mets le DVD, et c’est une époque entière qui revient. Le skate vidéo cessait d’être un produit pour devenir un objet documentaire.

Et puis il y a ce détail technique qui change tout : Yeah Right! a été le premier full-length skate à utiliser des plans en split-screen synchronisé, deux riders, deux spots, même musique. Cette idée, des chaînes TikTok et Instagram l’ont reprise vingt ans plus tard sans citer la source. Tout ce que tu vois passer sur ton feed en 2026, Spike Jonze l’a déjà tenté.

Si tu n’as jamais vu le film en entier, fais-toi le plaisir : 60 minutes, sans interruption, dans l’ordre. Tu n’apprendras pas à skater. Mais tu comprendras pourquoi, en 2003, des gamins de banlieue parisienne se sont mis à filmer leurs sessions au caméscope avec l’espoir qu’un jour, eux aussi, ils feraient un truc comme Yeah Right!.

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