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Wallride : 45° ou tu décroches — l’angle d’attaque qui décide de tout

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Wallride : 45° ou tu décroches — l’angle d’attaque qui décide de tout

Le wallride décroche presque toujours pour une raison de géométrie. L’angle d’attaque chiffré, le mur par lequel commencer et les 4 erreurs qui font tout rater.

15 septembre 2026 · 9 min de lecture
Guillaume Martin

Rédacteur skate chez NOSK8.

Spots, portraits et culture skate française : chaque article est relu et sourcé. Trois générations de pros au compteur. Chronique mensuelle.

Le wallride décroche presque toujours pour une raison de géométrie. L’angle d’attaque chiffré, le mur par lequel commencer et les 4 erreurs qui font tout rater.

Tu vises le mur. T’arrives dessus lancé, t’envoies ton ollie — et au moment où les roues touchent le béton, la planche part de son côté. Vers le bas, vers l’extérieur, jamais avec toi. Toi tu continues tout droit, à pied.

C’est le fail universel du wallride. Et ce n’est presque jamais un problème de courage ni de pop. C’est un problème de géométrie.

Un mur, c’est une surface plate qui ne pardonne rien. Soit ta trajectoire lui va, soit elle ne lui va pas. Il n’y a pas d’entre-deux, pas de rattrapage en l’air, pas de correction une fois les roues posées. Tout se joue dans les trois mètres qui précèdent.

Ce qui suit, c’est la mécanique complète — vitesse, approche, épaules, appui, sortie. Et à la fin, l’angle chiffré et le type de mur par lequel commencer. Parce que ce n’est pas le même selon ce que tu vises.

Niveau

Intermédiaire

Temps

3-8 sessions

Prérequis

Ollie roulé, kickturn

Surface

Mur lisse, sol propre

Le wallride est né dans une piscine vide, en 1976

Comment faire un wallride : la méthode la plus simple, en vidéo

Avant d’être un truc de rue, le wallride était un truc de piscine. En 1976, dans les pools vidées de Californie, Tom Inouye monte plus haut que la lèvre et roule sur la paroi. Les autres n’y arrivent pas. Lui si. Le surnom lui reste collé : « Wally ». Le trick prend le nom du mur.

Trois ans plus tard, Rodney Mullen est crédité du premier backside wallride. Mais le trick reste enfermé dans les skateparks jusqu’au milieu des années 80, quand Natas Kaupas et Mark Gonzales le sortent dehors. Kaupas commence par balancer sa planche contre un mur pour la rattraper en roulant. Puis il monte dessus sans les mains.

Septembre 1984 : Craig Stecyk le photographie en plein wallride, et la photo fait la couverture de Thrasher. À partir de là, chaque mur de ville devient un obstacle. Kaupas ouvre sa part de Streets on Fire – 1989 sur un frontside wallride. Rick Howard relance le truc à la fin de sa part dans Goldfish – 1993. Puis Philadelphie s’en empare — Ricky Oyola, Matt Reason, Fred Gall — et transforme les façades de la ville en terrain de jeu.

Le record ? 2,29 m de haut, posé le 25 août 2004 à Hollywood par Brad Edwards et Aaron Murray. Toi, tu vas commencer à hauteur de hanche. C’est très bien.

À lire aussi : Le ollie en 6 étapes, la base que tu dois maîtriser avant tout le reste.

Les 6 gestes du wallride, dans l’ordre

Passage du sol au mur en wallride : la planche monte sur la paroi de béton, épaules engagées vers le haut
Le passage du sol à la paroi, l’instant que tout le monde rate : les épaules sont déjà tournées vers le mur, le buste avance, la planche suit. Si le buste reste en arrière, la planche décroche. Photo : Wendelin Jacober, Wikimedia Commons (CC0)
  1. La vitesse : plus que ce que tu crois

    C’est elle qui plaque les roues contre le béton, exactement comme un gamin qui court dans un virage et se penche dedans. Trop lent, la gravité gagne et tu tombes avant d’avoir roulé. Compte une vitesse de push franche, celle que tu prendrais pour envoyer un ollie par-dessus un trottoir. Et tu ne freines pas. Jamais.

  2. L’approche : en biais, jamais de face

    Tu ne roules pas vers le mur, tu roules le long du mur en te rapprochant. C’est une diagonale, pas un impact. Repère ton point d’entrée sur la paroi avant de pousser, et trace une ligne mentale jusqu’à lui. Le chiffre exact arrive plus bas. Pour l’instant, retiens juste ça : face au mur, il n’y a aucun wallride possible.

  3. Le ollie : tôt, et pas haut

    Tu popes environ un mètre avant le mur, pas au pied. Le but n’est pas de monter mais de te donner le temps de tourner la planche à l’horizontale pendant que tu continues d’avancer. Un ollie explosif te colle au mur et te fait rebondir. Un ollie posé te fait glisser dessus.

  4. Les épaules : elles décident avant les pieds

    Ton corps suit tes épaules, ta planche suit ton corps. Ouvre le buste vers le mur au moment du pop, comme si tu voulais poser ta main dessus. Beaucoup de skateurs font tout bien et gardent le torse de face. La planche part, ils ne comprennent pas pourquoi. Même mécanique que sur un backside 180 où le buste part avant la planche.

  5. L’appui : ton poids dans le mur

    Les deux roues touchent en même temps, à plat. Et là, le réflexe naturel te trahit : ton cerveau veut reculer le buste loin du béton. Fais l’inverse. Pousse tes hanches vers le mur, garde le poids au-dessus de la planche. Un wallride, ça dure une demi-seconde. Une demi-seconde d’engagement total, sans une hésitation.

  6. La sortie : tu redescends, tu ne tombes pas

    Le retour au sol se prépare dès que tu es sur le mur. Regarde où tu veux atterrir, laisse le nose redescendre en premier, genoux souples. Si tu es venu de la gauche, tu repars vers la gauche. La diagonale d’entrée te donne ta diagonale de sortie. C’est le même mouvement qu’un rock to fakie où ton poids doit basculer au bon moment : tu accompagnes, tu ne subis pas.

Les 4 erreurs qui font décrocher ta planche

Les deux roues à plat sur le béton : l'instant précis où la planche décroche si le poids sort du mur
L’instant où ça se joue : les deux roues à plat sur la paroi, le corps encore au-dessus de la planche. Une hanche qui recule d’un rien et la planche décroche. Photo : Wendelin Jacober, Wikimedia Commons (CC0)

Les 4 fails classiques

  • Tu arrives trop de face. À 80 ou 90°, tu n’as plus de vitesse latérale, donc plus rien qui te fait avancer sur le mur. Tu t’écrases dessus et tu retombes à la verticale. Ouvre ta diagonale.
  • Tu arrives trop parallèle. Sous 20°, tu rases le mur sans jamais y monter, ou tu poses une seule roue et la planche part en travers. Il faut un vrai angle d’entrée, pas un frôlement.
  • Tu freines avant. Le geste est inconscient, il arrive à tout le monde. Sans vitesse, rien ne plaque les roues contre le béton : la gravité te reprend dans l’instant. Filme-toi de côté, tu verras le ralentissement.
  • Ton poids sort du mur. Tu te penches en arrière pour te protéger, la planche reste seule contre la paroi et décroche. Hanches vers le mur, regard vers la sortie, jamais sur tes pieds.

L’angle d’attaque : 45° pour apprendre, 30° pour rester

Voilà la réponse, sans détour. Tu attaques le mur autour de 45° : une diagonale franche, à mi-chemin entre rouler le long de la paroi et foncer dedans. C’est l’angle qui te donne les deux choses en même temps : assez de vitesse dirigée vers le mur pour y monter, assez de vitesse le long du mur pour y rouler.

Quand les premiers passent, tu fermes l’angle. Vers 30°, tu restes plus longtemps sur la paroi et le wallride devient long, glissé, propre. Celui qu’on voit dans les clips. En dessous de 20°, tu frôles sans monter. Au-dessus de 60°, tu tapes le mur au lieu de le rouler. Toute la marge de manœuvre tient dans cette fourchette-là.

Mur de béton légèrement incliné : le type de mur sur lequel commencer un wallride à 45°
Le mur par lequel commencer : une paroi qui penche légèrement en arrière, avec du sol propre devant. La planche accroche toute seule, l’angle d’attaque pardonne. Photo : Wendelin Jacober, Wikimedia Commons (CC0)

Le type de mur compte autant que l’angle. Pour tes premiers essais : un mur qui penche légèrement en arrière, ou un mur avec un bank au pied, une petite pente qui t’emmène dessus. Ce mur-là fait la moitié du boulot. Il te laisse sentir l’appui sans te punir.

Ce que tu évites au début : un mur à 90° franc, une paroi rugueuse qui accroche les roues, un sol en gravier, et tout ce qui a un rebord en bas. Le mur parfait est lisse, propre, un peu penché, avec deux mètres de bitume net devant lui pour prendre ta ligne. Les Brooklyn Banks ont fait la moitié de l’histoire du trick pour exactement cette raison.

Wallride aux Brooklyn Banks : le geste en situation

Combien de sessions avant de le sortir pour de vrai ?

Skateur au-dessus du coping, buste engagé vers l’avant : la position qu’on répète session après session
Le buste au-dessus de la planche, le poids qui part dans la paroi : c’est cette position-là qu’on répète session après session, jusqu’à ce qu’elle devienne un réflexe. Photo : Wendelin Jacober, Wikimedia Commons (CC BY 2.0)

Trois à huit sessions si ton ollie roulé est solide. Le premier soir, tu ne cherches même pas à rouler : tu montes sur le mur, tu poses les roues, tu retombes. Deux roues qui touchent le béton en même temps, c’est déjà une victoire.

Si ça bloque plus de trois sessions, filme-toi de profil. Neuf fois sur dix tu verras la même chose : un angle trop fermé, ou un buste qui reste de face. Deux corrections, pas trois.

Et le jour où tu roules vraiment sur le mur, une demi-seconde, les roues qui font ce bruit sourd contre le béton, puis le retour au sol : tu comprends pourquoi Kaupas a passé les années 80 à chercher des murs partout. Après ça, tu ne regardes plus une façade de la même façon.

C’est quoi ton mur, celui où tu retournes toujours ? Balance le spot et l’angle que tu prends dessus. Dis-le en commentaire ↓

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Le lexique

  1. 1

    wallride

    Figure où le skateur roule sur un mur, les quatre roues posées sur la paroi verticale, avant de redescendre au sol.

  2. 2

    backside wallride

    Wallride abordé dos au mur : le skateur tourne le dos à la paroi au moment de monter dessus.

  3. 3

    kickturn

    Changement de direction en soulevant l'avant de la planche sur les roues arrière, sans quitter le sol.

  4. 4

    bank

    Plan incliné en béton ou en bois qui relie le sol à un obstacle, et sert de rampe d'accès.

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