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Guy Mariano : l’enfant prodige de Video Days – 1991 qui a failli tout perdre, puis tout reconquis

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Guy Mariano : l’enfant prodige de Video Days – 1991 qui a failli tout perdre, puis tout reconquis

À 14 ans, Guy Mariano tournait l'une des parts les plus influentes de l'histoire dans Video Days. Seize ans plus tard, il revenait de presque rien pour gagner trois récompenses TWS dans la même soirée. Entre les deux : une traversée du désert dont il a failli ne pas revenir.

21 mai 2026 · 6 min de lecture
Guillaume Martin

Rédacteur en chef · 18 ans de skate

A vu naitre et mourir 3 generations de pros. Chronique mensuelle.

À 14 ans, il a filmé l’une des parts les plus marquantes de l’histoire du skate. Seize ans plus tard, il revenait de presque rien pour gagner trois récompenses au même gala Transworld SKATEboarding dans la même soirée. Entre les deux, une traversée du désert dont il a failli ne pas revenir.

Ce qui rend Guy Mariano différent — et beaucoup de gens ne mesurent pas vraiment l’écart — c’est que son talent n’avait pas d’âge. À 14 ans dans Video Days – 1991, il skatait à côté de Mark Gonzales, Jason Lee et Rudy Johnson. Des gars de cinq à dix ans de plus. Et lui, il skatait comme s’il avait toujours fait ça.

1991 : l’enfant prodige de Video Days

La part dure moins de quatre minutes. Mais chaque trick est posé avec une précision qui n’a pas d’âge. Pas de tremblement, pas d’hésitation visible. Le switch backside tailslide à plat, les lines enchaînées avec ce timing légèrement traîné qui deviendra sa marque — tu ne vois pas un ado qui essaie de faire bonne figure. Tu vois quelqu’un qui a déjà tout compris.

C’est cette vidéo que Paul « P-Rod » Rodriguez a regardée en boucle en 1999 pour comprendre pourquoi sa génération skatait comme elle skatait. Ce n’est pas une anecdote. C’est le poids réel de cette part dans l’histoire.

La timeline

Carrière

  1. 1991Guy Mariano Video Days 1991 — Thrasher Magazine classicsThrasherMagazinePart dans Video Days (Blind Skateboards) à 14 ans. La référence fondatrice de toute une génération. Co-signé avec Gonzales, Jason Lee, Rudy Johnson.
  2. 1996Guy Mariano Mouse Girl 1996 — Thrasher Magazine classicsThrasherMagazineRejoint Girl Skateboards, part dans Mouse – 1996. Il confirme tout ce que Video Days laissait entrevoir — technique plus raffinée, style encore plus fluide.
  3. 2007Guy Mariano Fully Flared Lakai 2007 — part complèteSkate Video ArchivePart dans Fully Flared – 2007 (Lakai). Retour après cinq ans d’absence. La part qui a remis les pendules à l’heure — filmée en partie en Chine, des tricks qui semblaient impossibles, une fluidité intacte.
  4. 2008Guy Mariano TWS Awards 2007 Best Street Skater — Adventure Sports NetworkAdventure Sports NetworkTriple lauréat aux 10e Transworld SKATEboarding Awards : Best Street Skater, Best Video Part, Readers Choice. Sur scène, il dit : « Je suis plus vieux que la plupart d’entre vous alors je vais pleurer. » Il le fait.
  5. 2012Guy Mariano Pretty Sweet Girl Chocolate 2012 — part complèteoyajienatorEnder dans Pretty Sweet – 2012 (Girl/Chocolate). Il clôt la vidéo — la position la plus respectée d’une full-length. Deuxième Best Video Part aux TWS Awards. Le retour est définitivement consommé.

L’âge d’or Girl : Mouse, Yeah Right, et le sommet

Après Blind, il rejoint Girl Skateboards. La maison de Rick Howard et Megan Baltimore — la marque qui fabrique du skate comme on fabrique du cinéma. Mouse – 1996, puis Yeah Right – 2003 avec Spike Jonze. Dans ce film, Mariano est au sommet de son art : lignes impossibles rendues naturelles, tricks en switch qui semblent plus faciles que la version normale.

Son truc à lui, c’est cette chose étrange : rendre difficile ce qui semble facile, et facile ce qui est difficile. Regarde ses heelflips switch — il y a quelque chose de presque nonchalant là-dedans qui cache un niveau d’absorption totale. Pas de showoff. Pas de regard caméra. Juste le trick, posé.

Il co-fonde Royal Trucks avec Rudy Johnson en 1999. Il co-crée Fourstar clothing avec Eric Koston. Le gamin de Video Days est devenu un acteur économique du skate street — sans jamais perdre le fil de ce qui comptait vraiment : skater.

La disparition : cinq ans sans une image

Vers 2000, le footage s’arrête. Pas d’annonce, pas d’adieu. Mariano disparaît simplement du circuit. Les rumeurs courent dans les magazines, dans les forums naissants. Des problèmes de dépendance — il le dira lui-même plus tard, sans fard.

Cinq ans. Pour une génération entière de skateurs, son nom devient une référence au passé. Les gamins qui commencent à skater en 2003 ne l’ont jamais vu en action. Ceux qui ont grandi avec Video Days savent que quelque chose de précieux a été perdu quelque part sur la route.

En 2005, Thrasher lui consacre 14 pages dans leur numéro de novembre. Un signal clair : il est revenu. Pas pour se justifier, pas pour raconter le fond du gouffre en détail. Juste pour skater à nouveau.

Guy Mariano
Photo : The Boardr — usage éditorial

Fully Flared – 2007 : la résurrection la plus spectaculaire du skate

Fully Flared – 2007, c’est la vidéo Lakai de Ty Evans. Brandon Biebel, Mike Mo Capaldi, Marc Johnson — un team entier au niveau maximum. Et dans ce contexte, Mariano livre une part qui éclipse tout le monde.

Partie en Chine pour une portion significative du tournage — des ledges de marbre, des spots de rue que personne ne connaissait encore. Bains de glace, kiné, ostéo : il dira lui-même que son corps payait chaque session cash à 30 ans passés. Mais les tricks qui sortent de cette période ne ressemblent à rien de ce qu’il avait fait avant. Plus puissants, plus variés, portés par une urgence nouvelle.

Best Street Skater. Best Video Part. Readers Choice. Trois trophées en une soirée aux Transworld Awards 2008. Sur scène, sans discours préparé, avec juste cette phrase : « Je suis plus vieux que la plupart d’entre vous alors je vais pleurer. »

Il l’a fait. Et personne dans la salle n’avait envie de rire.

Pretty Sweet – 2012 : clore la vidéo en ender, confirmer le retour

Cinq ans après Fully Flared, Pretty Sweet – 2012 réunit Girl et Chocolate pour une co-production XXL. Mariano était initialement prévu dans un segment montage. Ty Evans lui dit de pousser davantage. Il pousse.

Il finit en ender. La dernière part. Celle qu’on met à quelqu’un qui a mérité de fermer la porte. À 36 ans, avec bains de glace, kiné, et un corps qui lui en voulait un peu chaque matin, il tourne la part finale d’un des films skate les plus attendus de la décennie.

La communauté s’attendait à ce qu’il soit nommé Skater of the Year 2012 par Thrasher. Le trophée est allé à David Gonzalez. Mariano ne s’est pas plaint. Il n’avait plus rien à prouver.

Ce qu’il reste à comprendre

Ce que tu retiens de Guy Mariano, c’est peut-être ça : certains skateurs te donnent envie d’aller dehors et de poser un trick. Lui te donnait envie de comprendre pourquoi tu skatais. Pas besoin de plus.

Si tu n’as jamais pris le temps de vraiment regarder son skate — pas les grandes compilations, mais une part entière, Video Days ou Fully Flared du début à la fin — fais-le. Le timing est intact. La légèreté aussi. Et cette façon de trouver une ligne dans un spot ordinaire que personne d’autre n’aurait voulue.

Il a un setup Girl dans son garage quelque part à Los Angeles. Il skate encore. C’est tout ce qui compte.

Quelle part de Mariano t’a le plus marqué — Video Days – 1991, Fully Flared – 2007 ou Pretty Sweet – 2012 ? Les vieux comme les récents — balance le moment qui t’a marqué.Poster un commentaire

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Le lexique

  1. 1

    switch backside tailslide

    Trick où le skateur grinde sur la queue de la planche en position inversée (stance opposée), en revers par rapport à son sens naturel de déplacement.

  2. 2

    nollie heelflip

    Figure où le skateur tape le nose (avant de la planche) au lieu du tail, en faisant tourner la board d'un coup de talon vers l'extérieur.

  3. 3

    ender

    Dernière part d'une vidéo skate complète — la position la plus prestigieuse, réservée au rider considéré comme le plus fort de la vidéo.

  4. 4

    frontside crooked grind

    Grind sur le truck avant, planche légèrement désaxée vers l'avant de l'obstacle. Le nose pointe vers l'extérieur du ledge.

  5. 5

    switch tre flip

    Combinaison d'un kickflip et d'un backside 360 rotation du board, exécuté en stance inversée. Un des tricks techniques les plus difficiles du street skate.

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