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Alexis Sablone intronisée au Hall of Fame 2026 : la skateuse qui n’a jamais voulu choisir

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Alexis Sablone intronisée au Hall of Fame 2026 : la skateuse qui n’a jamais voulu choisir

Le 15 janvier 2026, Alexis Sablone entre au Skateboarding Hall of Fame. Retour sur la skateuse-architecte du MIT dont la trajectoire n'a aucun équivalent dans le skate pro.

22 avril 2026 · 5 min de lecture
Guillaume Martin

Rédacteur skate chez NOSK8. Guillaume couvre les spots, les portraits de skaters et la culture skate française — chaque article est relu et sourcé (fédérations, médias spécialisés, riders).

A vu naitre et mourir 3 generations de pros. Chronique mensuelle.

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Portraits / Légendes

Un panthéon qui rattrape son retard

Le Skateboarding Hall of Fame a rendu sa liste 2026 le 15 janvier. Alexis Sablone y entre aux côtés d’autres noms que la scène connaît par cœur. Personne ne discute cette intronisation. Elle arrive plutôt tard, pour une ridemuse qui brille depuis plus de vingt ans.

Sablone skate à haut niveau depuis 2002. Elle a fait un détour par Tokyo 2020 en olympique, accumulé sept médailles aux X Games, dessiné des sculptures skateables et décroché un master au MIT. La cérémonie n’est qu’une ligne de plus sur un CV qui n’en avait plus besoin.

De PJ Ladd’s Wonderful Horrible Life à Cambridge

Carrière

  1. 2002Alexis Sablone, part PJ Ladd's Wonderful Horrible Life (2002)ColiseumÀ 15 ans, sa part dans « PJ Ladd’s Wonderful Horrible Life » marque toute une décennie. On en parle encore aujourd’hui.
  2. 2012Alexis Sablone, or au X Games Los Angeles 2012X GamesOr au X Games, première de sept médailles. Une précision chirurgicale, sans jamais lâcher les études en parallèle.
  3. 2018Alexis Sablone, part Storyboard (Thrasher)ThrasherPart « Storyboard » : elle l’a entièrement dessinée avant de poser la planche. Un parcours sans équivalent dans le skate pro.
  4. 2020Alexis Sablone aux Jeux de Tokyo (street)OlympicsDétour par les Jeux de Tokyo. Le plus haut niveau mondial, entre deux projets d’architecture.
  5. 2021Alexis Sablone, sculptures skateables (Skatespace)Art« Candy Courts » et ses sculptures skateables : le skate devient architecture. Elle n’a jamais voulu choisir entre les deux.

Née en 1986 à Old Saybrook, Connecticut, Alexis prend sa première planche à dix ans. En 2002, Coliseum Skateshop sort PJ Ladd’s Wonderful Horrible Life, la vidéo qui va marquer toute une décennie. Sablone a quinze ans. Sa part est passée dedans avec celle de PJ. On parle toujours d’elle aujourd’hui.

Dans la foulée, elle quitte le circuit. Pas pour arrêter le skate, pour étudier. Barnard College pour l’art, Copenhague pour un semestre à l’école d’architecture, puis MIT pour un master décroché en 2016. Elle roule en parallèle. Converse la met sur le roster. Elle livre la part Storyboard pour Thrasher, qu’elle a intégralement storyboardée en dessin avant de poser la board.

Ce parcours n’a pas d’équivalent en pro skate. On pourrait citer Eric Koston et sa trajectoire business, mais le modèle Sablone est ailleurs. Elle construit une deuxième vie pro complète, en parallèle, dans une discipline qui exige autant de cerveau que le skate de gambette.

Tokyo, X Games et la précision chirurgicale

Tokyo 2020. Premières olympiques de l’histoire du skate. Alexis finit 4e de la finale street. Quatrième, à 35 ans, dans une finale dominée par des ados de 13-14 ans au style acrobatique. Elle sort des run parfaits, techniques, mais le format de jugement valorise les bangers. Elle rate le podium de peu.

Son vrai royaume, c’est les formats de contest plus lents et plus techniques. Aux X Games, elle accumule trois ors, deux argents, deux bronzes. Son skate est un truc d’ingénieure : switch backside tailslide sur ledge infini, frontside crooked grind millimétré, backside lipslide qui semble calculé avec une règle à dessin.

Alexis Sablone
Alexis Sablone, backside tailslide millimétré sur le hubba aux Skateboarding World Championships. Crédit : The Boardr.

C’est du skate qui se relit image par image. Pas de flair inutile. Chaque appui justifié. On comprend vite qu’elle a pensé la ligne avant de la rouler, comme elle dessine ses projets d’archi avant de les construire. Les setups sont aussi clean que le style : Converse CONS, deck sombre, Independent Stage 11 en 139. Rien de plus.

Candy Courts : quand le skate devient architecture

En 2017, à Malmö, Sablone installe Lady in the Square, une sculpture publique skateable en plein centre-ville. En 2023, elle pousse plus loin avec Candy Courts, un terrain de tennis désaffecté de Montclair (New Jersey) qu’elle transforme en parc. Sept modules colorés, géométriques, montables et démontables, pensés pour être skatés autant que regardés.

C’est la synthèse exacte de son parcours. Une architecte qui sait qu’on lit un spot avec les trucks avant de le lire avec les yeux. Des formes pensées pour rendre une bank jouable, un ledge accessible, un manual pad lisible dès le premier push. Elle fait ce que les urbanistes normaux n’arrivent jamais à faire : du mobilier urbain qui comprend le skate de l’intérieur.

Pour Paris 2024, elle a aussi dessiné les uniformes de Team USA Skateboarding. Cohérent. Quelqu’un qui connaît à la fois les pads, les skinnings et les contraintes textiles d’une tenue de compét’ est rarissime à ce niveau.

Ce que Sablone change pour la suite

L’intronisation au Hall of Fame arrive au bon moment. Les ados qui l’ont vue à Tokyo ont grandi. Chloe Covell, Rayssa Leal, Liz Akama remplissent les plateaux de Street League. La génération précédente, celle qui a ouvert la porte, commence à rentrer au panthéon. Lizzie Armanto l’an dernier, Sablone cette année.

Le modèle qu’elle propose est plus rare que les palmarès. Tu peux faire les deux. Tu peux être pro depuis ton adolescence et rentrer au MIT à 28 ans. Tu peux skater au plus haut niveau mondial et signer un chantier d’archi. Tu n’es pas obligée de choisir entre les deux pans de ta vie. Pour les gamines qui hésitent à ranger la planche quand arrive la fac, c’est un message qui vaut toutes les médailles.

La génération Fully Flared a redéfini ce qu’une part pouvait contenir. Sablone, à sa manière, redéfinit ce qu’une carrière pro peut contenir. Pas mal pour une gamine du Connecticut qui a commencé à skater devant son garage.

Sablone qui storyboarde sa part en dessin avant de la skater, puis décroche un master au MIT — ça t’inspire quoi ? Dis le skateur qui t’épate hors de la planche. Dis-le en commentaire ↓

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