Street Shop LE BRIEF DU VENDREDI · RIDERS, DEALS, GOSSIP SOURCÉ REÇOIS LE BRIEF CHAQUE VENDREDI · JE M'ABONNE
Koston 1, 2011 : pourquoi la première Nike d’Eric Koston est sortie deux ans après sa signature ?
Retour

Accueil / Portraits

Portraits

Koston 1, 2011 : pourquoi la première Nike d’Eric Koston est sortie deux ans après sa signature ?

En 2009, Eric Koston quitte Lakai pour Nike SB. Sa première paire à son nom sort en juin 2011. Qui filmait, qui payait, et pourquoi Nike a pris son temps.

8 novembre 2026 · 6 min de lecture

En avril 2009, une marque de chaussures de Los Angeles met en ligne une vidéo où l’on jette une chaussure à la tête de son propre patron. Le patron, c’est Eric Koston, 33 ans, copropriétaire de Lakai. La vidéo annonce son départ chez Nike. Sa première paire Nike à son nom sortira le 4 juin 2011. Plus de deux ans plus tard. Pour un type que tout le monde voulait, c’est long. Alors qu’est-ce que Nike attendait ?

Lakai Farewell Frost Announcement - 2009

Pour comprendre ce trou de deux ans, il faut regarder qui tenait la caméra, qui signait les chèques, et ce que Koston apportait dans sa valise. Parce qu’il n’est pas arrivé chez Nike SB les mains vides.

Dans cet article 7 parties
  1. Avant 2009 : Eric Koston, patron chez Lakai et chez Fourstar
  2. Le deal Nike SB de 2009 : une date, aucun montant
  3. Pourquoi maintenant : en 2009, c’est Koston qui tient la caméra
  4. Coulisses sourcées : Lunar, Kobe Bryant et 24 paires à Los Angeles
  5. Ce que ça a changé pour la carrière d’Eric Koston
  6. Ce que ça a changé pour Nike SB et pour le marché
  7. Verdict : pourquoi la première Nike d’Eric Koston a mis deux ans

Avant 2009 : Eric Koston, patron chez Lakai et chez Fourstar

En 2009, Koston n’est pas un rider qu’on habille. C’est un associé. Chez Girl depuis 1993, cofondateur de Fourstar avec Guy Mariano en 1996, il entre chez Lakai en mai 2006 comme copropriétaire. En décembre de la même année sortent ses chaussures à son nom. En 2007, son kickflip ouvre Fully Flared, la vidéo de Lakai que toute une génération a usée en boucle.

Fin 2007, il ouvre aussi un hangar avec Steve Berra, acheté sur leurs fonds propres. Ça s’appelle The Berrics. Un skatepark privé, filmé tous les jours, posté sur le web. Personne n’a encore compris que c’est le futur.

Le deal Nike SB de 2009 : une date, aucun montant

Nike SB - Koston et P-Rod en coulisses

Le départ est public en avril 2009, par cette vidéo d’adieu où Lakai parodie le lancer de chaussure visé sur George W. Bush quelques mois plus tôt. Le ton est à la vanne, pas au drame. Mike Carroll et Rick Howard restent aux commandes, Koston file chez Nike.

Les termes du contrat n’ont jamais été rendus publics. Pas de montant, pas de durée. Ce qui est sûr : Koston rejoint Paul Rodriguez, chez Nike SB depuis 2005, et que lui-même avait fait entrer chez Girl en 2002. L’élève avait ouvert la porte, le maître la passe. Toute l’histoire est racontée dans notre récit Koston et P-Rod.

Pourquoi maintenant : en 2009, c’est Koston qui tient la caméra

Foule de photographes autour du street des X Games à Los Angeles en août 2009
Los Angeles, X Games, août 2009 : dans la foule, plus d’objectifs que de planches. Photo : Philip Nelson — CC BY-SA 2.0, via Flickr

Regarde la photo : à l’été 2009, le skate se joue devant des dizaines d’objectifs. Sauf que les objectifs qui comptent ne sont plus ceux des magazines. Selon le Wall Street Journal, en janvier 2009, The Berrics attire déjà plus de visiteurs uniques que les sites de tous les grands magazines de skate, et que la rubrique sports extrêmes d’ESPN.

Steve Berra avait même refusé un deal à un million de dollars pour réaliser un film. Le message est clair : ces deux-là ne vendent pas leur média. Donc quand Nike recrute Koston en 2009, il ne recrute pas seulement des pieds. Il recrute un homme qui possède sa propre chaîne, ses propres caméras, sa propre audience. Un sponsor ne pouvait pas lui offrir de la visibilité. Il l’avait déjà.

Coulisses sourcées : Lunar, Kobe Bryant et 24 paires à Los Angeles

Kobe Bryant micro en main dans un Foot Locker de New York, partenaire de la Koston 1 édition spéciale
Kobe Bryant, ici dans un Foot Locker de New York : en 2011, il prête son nom à 24 paires de Koston 1. Photo : Bryan Horowitz — CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons

Ce qui se passe entre 2009 et 2011 se lit dans la chaussure elle-même. En février 2011, Nice Kicks présente la première paire Nike SB à son nom : daim, double semelle Lunar, trois coloris dont un qui reprend le thème de la Dunk SB « Thailand », clin d’œil à son pays de naissance.

La Lunar, Nike l’avait mise dans le running et le basket. Jamais dans une chaussure de skate. Au lancement, Koston et Hunter Muraira, côté Nike SB, la présentent comme la toute première chaussure de skate à amorti Lunar.

Et le 21 mai 2011, deux semaines avant la sortie en magasin, Nike sort 24 paires d’une version Kobe Bryant x Koston au Nike Vault du Staples Center. Tige inspirée de la Zoom Kobe VI, boîte façon cave à cigares avec des balles de golf, recettes reversées aux terrains de jeu de Los Angeles. Un skateur et une star de la NBA sur la même boîte. Ce n’est pas un lancement de skate. C’est un lancement Nike.

Ce que ça a changé pour la carrière d’Eric Koston

Eric Koston chez Nike SB : la lignée

  1. 2011La paire Kobe x Koston 1 de Nike SB - 2011YouTubeKoston 1 : première chaussure de skate à amorti Lunar
  2. 2013Publicité de la Nike SB Koston 2 - 2013Nike SBKoston 2 : la campagne avec Tiger Woods

La Koston 1 n’est pas un coup unique, c’est le début d’une lignée. La Koston 2 arrive en mars 2013 avec une campagne où Tiger Woods fait une apparition. Koston y lâche une phrase qui dit tout : il a copié des tas de chaussures Nike chez éS et chez Lakai, mais ces marques n’arrivaient pas à les fabriquer comme il les voyait. Chez Nike, enfin, l’idée sort de l’usine telle quelle.

Suivent la Koston 3 Hyperfeel en 2016, avec un col en Flyknit, puis une Blazer Mid à son nom en 2022. Fin 2015, il quitte Girl après 22 ans pour monter Numbers l’année suivante. Le mec qu’on habillait en 1993 est devenu un homme qui fait des marques.

Ce que ça a changé pour Nike SB et pour le marché

Pour Nike SB, l’arrivée de Koston boucle une stratégie : prendre les riders qui ont fait la réputation des marques tenues par des skateurs. P-Rod en 2005, Koston en 2009. En 2012, la vidéo « Mr. Control It All » le met en scène aux côtés de Sean Malto et Justin Brock. Koston n’est plus une recrue : c’est une tête d’affiche.

Côté Lakai, l’après est plus rude. La marque passe sous le giron de HUF en 2014, puis de TSI en 2017, et d’Inversal en octobre 2024. On a raconté la suite dans l’histoire de Mike Carroll et Lakai. Une marque de skateurs peut survivre au départ de son associé vedette. Rarement sans changer de mains.

Verdict : pourquoi la première Nike d’Eric Koston a mis deux ans

Le Staples Center de Los Angeles en février 2011, où sont sorties les 24 paires Kobe x Koston
Le Staples Center, février 2011 : trois mois plus tard, la première Nike de Koston y sort en 24 exemplaires. Photo : Bob Bernal — CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons

Nike n’a jamais donné de calendrier officiel. Mais les faits datés répondent à sa place. La paire qui sort en juin 2011 n’est pas une chaussure de skate de plus : c’est la première à embarquer l’amorti Lunar, une techno sortie du running, lancée avec Kobe Bryant dans l’antre des Lakers. Ce genre de produit ne se dessine pas en un trimestre.

Et surtout, rien ne pressait. Koston n’avait pas besoin d’une paire pour exister : il avait The Berrics, sa caméra, son audience. Nike pouvait prendre deux ans pour faire de sa première paire un événement de marque, pas un simple modèle de catalogue. C’est la vraie réponse : Koston arrivait déjà installé, donc Nike a pu viser plus haut que vite.

Pour voir sa fiche complète et ses autres dates, passe par la fiche rider d’Eric Koston.

Koston 1 avec sa semelle Lunar ou les Lakai de l’époque Fully Flared : laquelle t’aurais mise aux pieds en 2011 ?Dis-le en commentaire ↓

Partager

Continue ta lecture

Portraits

Tiago Lemos — le Brésilien qui a rendu les gros ledges plus petits

Il y a deux façons de regarder une vidéo de Tiago Lemos : compter les tricks, ou regarder la hauteur du bloc. Le Brésilien passe…

Lire l'article 13 min de lecture

Commentaires (0)

    Laisse ton commentaire

    Prénom, email et au moins 20 caractères requis. Un code de vérification sera envoyé par email avant publication.

    Ton email reste privé. Les commentaires sont modérés a posteriori.