ℹ️ 🛹 Web Média Skate 🛹 ℹ️
★ Chroniques · Opinion
100 planches parties en 49 secondes : pourquoi P-Rod a monté Primitive au lieu de signer ailleurs ?
P-Rod n'a pas été signé par Primitive : il l'a fondée. Une boutique en 2008, une marque de planches en 2014. Ça change tout au sponsoring street.
→ Pour aller plus loin : « Zero or die » en 2011, parti en 2014 : pourquoi Chris Cole a quitté Zero après 13 ans ?
Avril 2014. Primitive met en ligne 100 planches au nom de Paul Rodriguez. Elles partent en 49 secondes, le site des Berrics plante, et il faut en refaire 50 de plus. Le truc, c’est que personne n’a signé P-Rod chez Primitive. Primitive, c’est lui. Alors pourquoi un pro qui avait déjà tout est allé monter sa propre boîte ?
Un gamin de 14 ans et une cassette « sponsor me »
Paul Rodriguez naît le 31 décembre 1984 à Tarzana, dans la vallée de San Fernando. À 14 ans, il est trop timide pour démarcher qui que ce soit. Alors un pote dépose pour lui sa cassette « sponsor me » chez One Eighteen, un skateshop du coin. Le gérant s’appelle Andy Netkin, il a 19 ans. Il regarde la cassette, il demande à voir le gamin, il le prend dans le team.
Retiens bien ce nom. Quinze ans plus tard, Netkin sera le patron de Primitive.
Entre-temps, P-Rod fait la carrière que tu connais. Pro chez Girl en septembre 2002, à 17 ans, poussé par Eric Koston (on t’a raconté comment l’élève a eu sa Nike SB avant le maître). Une part dans Yeah Right en 2003 qui fait le tour du monde.

Puis Plan B, la marque relancée par Danny Way et Colin McKay, à partir de 2004. Et chez Nike SB, une première chaussure signature en 2005. En 2014, il en sera à la huitième.
2008 : d’abord une boutique, entre potes
Primitive ne commence pas comme une marque de planches. Le 27 juillet 2008, P-Rod ouvre un skateshop à Encino, à Los Angeles, avec ses associés : Andy Netkin, le gérant qui l’avait repéré, Jubal Jones, Heath Brinkley et Jay Partow. Premier jour : 300 dollars de ventes.
L’idée, d’après les trois fondateurs interrogés par Hypebeast en 2016, c’est de réunir au même endroit les produits qu’ils aiment. Pas de grande stratégie. Un shop de potes, pour des skateurs.

Juillet 2013 : une planche Plan B repeinte à Portland
Pendant cinq ans, P-Rod roule pour Plan B et tient son shop à côté. Puis l’été 2013 arrive. À l’étape de Portland de la Street League, il gagne sur une planche dont le logo Plan B a été repeint. Le logo disparaît de son site perso le 16 juillet. Quelques jours plus tard, à la radio Power 106, il confirme : il quitte Plan B.

Lui-même reconnaît qu’il n’a pas rompu avec la classe qu’il aurait voulu. Il est en Europe pour les X Games, il ne roule pas de planche Plan B, Colin McKay l’appelle pour savoir ce qui se passe. Et P-Rod lâche tout, là, au téléphone. Il le regrette, il le dit à Jenkem : il aurait dû attendre de rentrer et s’asseoir avec eux. Depuis, il a reparlé à Colin et à Danny. « C’est que de l’amour. »
Et ses images ? Normalement, quand tu quittes une marque, tes rushs restent chez elle. Pas pour lui : il filmait avec son propre filmeur depuis des années. Il était donc propriétaire de tout ce qu’il avait tourné pour la vidéo Plan B. Il le dit : ce n’était pas un plan génial, juste un coup de chance.
Avril 2014 : Primitive devient une marque de planches
Dix mois après son départ, le 10 avril 2014, Primitive Skateboarding est annoncée officiellement. Au départ, un seul pro, P-Rod, et deux ams : Nick Tucker et Carlos Ribeiro. Netkin est CEO, P-Rod président.

Les 100 premières planches partent en 49 secondes. Le site des Berrics, qui gère la vente, ne tient pas le choc, et 50 de plus sont vendues dans la panique. Ils en fabriquent 50 autres pour que tout le monde reçoive la sienne.
Alors, pourquoi monter sa boîte au lieu de signer ailleurs ?
Parce qu’il voulait se posséder lui-même. Ce sont ses mots, à la radio en juillet 2013 : il cherche à « posséder un peu plus de lui-même ».
Et dans l’interview Jenkem d’avril 2014, il explique ce que ça veut dire concrètement. Le modèle classique d’une marque de planches : un fixe chaque mois, qui est en fait une avance sur tes royalties. Le rider moyen touche 2 dollars par planche vendue. Si tu ne vends pas assez pour rembourser l’avance, tu ne verras jamais un centime de plus.
Si ton nom est sur un produit, je veux que ce soit toi qui touches la plus grosse part du bénéfice. Paul Rodriguez, Jenkem, avril 2014
Il pousse l’idée jusqu’au bout : c’est presque la marque qui touche une royalty sur le rider, et pas l’inverse. Les riders sont leurs propres marques à l’intérieur de Primitive, et Primitive leur sert de distributeur. Il admet ne même pas savoir si c’est rentable pour sa boîte. Ce qu’il veut, c’est que plus de skateurs puissent vivre du skate, pas juste une poignée.
C’est ça, la vraie réponse. P-Rod avait déjà tout : sa planche, sa chaussure, ses contests. Signer ailleurs, c’était refaire la même chose avec un autre logo. Monter Primitive, c’était passer de l’autre côté du contrat. Et le faire avec le mec qui l’avait repéré à 14 ans.

Et aujourd’hui ?
Sur le site de la marque, P-Rod est toujours présenté comme « founder/owner ». L’équipe pro compte Tiago Lemos, Miles Silvas, Carlos Ribeiro, l’un des deux ams du départ, Wade Desarmo, Spencer Hamilton, Trent McClung ou Kyonosuke Yamashita. Côté français, Bastien Salabanzi et JB Gillet y sont passés.
Ses chaussures, elles, n’ont jamais été chez Primitive : elles sont restées chez Nike SB. Primitive, c’est la planche, les fringues et le shop. Une boîte que P-Rod n’a jamais eu besoin qu’on lui offre, parce qu’il l’a construite.
Un pro qui monte sa propre marque, c’est l’avenir du skate ou juste un privilège de star ? Dis-le en commentaire ↓
Correction du 3 octobre 2026 : une première version de cet article affirmait que Primitive avait été fondée par Mike Vallely, qu’elle avait « signé » Paul Rodriguez en 2014 et qu’elle produisait ses chaussures signature. C’était faux. Primitive a été créée par Paul Rodriguez et ses associés (shop en 2008, marque de planches en 2014), et ses chaussures sont chez Nike SB. L’article a été entièrement réécrit à partir de sources vérifiées.
Shop NOSK8
Voir toute la boutique →
TEE-SHIRTS
TEE-SHIRT NOSK8® P.A CENTRE #PARENTALADVISORY
Le prix initial était : 35,00 €.29,00 €Le prix actuel est : 29,00 €.
TEE-SHIRTS
TEE-SHIRT NOSK8® NOSKATE #SNC
Le prix initial était : 35,00 €.29,00 €Le prix actuel est : 29,00 €.
TEE-SHIRTS
TEE-SHIRT NOSK8® MATRICE HEART #ALT
Le prix initial était : 35,00 €.29,00 €Le prix actuel est : 29,00 €.
TEE-SHIRTS
TEE-SHIRT NOSK8® P.B CENTRE #RNB
Le prix initial était : 35,00 €.29,00 €Le prix actuel est : 29,00 €.
TEE-SHIRTS
TEE-SHIRT NOSK8® P.B HEART #ORIGINAL
Le prix initial était : 35,00 €.29,00 €Le prix actuel est : 29,00 €.
CASQUETTES
CAP NOSK8® P.B #POLARBEAR
Le prix initial était : 35,00 €.25,00 €Le prix actuel est : 25,00 €.
CASQUETTES
CAP NOSK8® N8 #NOSK8
Le prix initial était : 35,00 €.25,00 €Le prix actuel est : 25,00 €.
CASQUETTES
CAP NOSK8® P.B.P #PAW
Le prix initial était : 35,00 €.25,00 €Le prix actuel est : 25,00 €.
HOODIES
HOODIE NOSK8® MATRICE HEART #ALT
Le prix initial était : 60,00 €.49,00 €Le prix actuel est : 49,00 €.
HOODIES
HOODIE NOSK8® MATRICE HEART #CTRL
Le prix initial était : 60,00 €.49,00 €Le prix actuel est : 49,00 €.
HOODIES
HOODIE NOSK8® I.L.N #ILOVEN8
Le prix initial était : 60,00 €.49,00 €Le prix actuel est : 49,00 €.
HOODIES
HOODIE NOSK8® NOSKATE #NSITA
Le prix initial était : 60,00 €.49,00 €Le prix actuel est : 49,00 €.
HOODIES
HOODIE NOSK8® P.B HEART #BARÇA
Le prix initial était : 60,00 €.49,00 €Le prix actuel est : 49,00 €.
SWEAT
SWEAT NOSK8® P.B HEART #BARÇA
Le prix initial était : 45,00 €.39,00 €Le prix actuel est : 39,00 €.
SWEAT
SWEAT NOSK8® P.B HEART #PHILI
Le prix initial était : 45,00 €.39,00 €Le prix actuel est : 39,00 €.
SWEAT
SWEAT NOSK8® P.B HEART #NYC
Le prix initial était : 45,00 €.39,00 €Le prix actuel est : 39,00 €.
SWEAT
SWEAT NOSK8® P.B HEART #PARIS
Le prix initial était : 45,00 €.39,00 €Le prix actuel est : 39,00 €.
SWEAT
SWEAT NOSK8® P.B HEART #POLARBEAR
Le prix initial était : 45,00 €.39,00 €Le prix actuel est : 39,00 €.
Continue ta lecture
PortraitsDaewon Song a failli tout lâcher en pleine gloire : pourquoi il filme encore, 34 ans après Love Child ?
1993 : Daewon Song ne sait plus s'il veut skater. Un coup de fil de Rodney Mullen le ramène. Depuis, il ne skate plus que…

Commentaires (0)