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Belgium Open Freestyle 2026 : à Anvers, 120 secondes pour un skate qu’on disait fini en 1994 ?
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Belgium Open Freestyle 2026 : à Anvers, 120 secondes pour un skate qu’on disait fini en 1994 ?

Les 7 et 8 novembre, Anvers accueille le Belgium Open Freestyle : runs de 120 secondes sur du béton lisse, kids, amateurs, masters et pros. L'héritage de Mullen et Mokulys rejoue sa partie.

7 min de lecture

Samedi 7 novembre, 10 h, dans une ancienne halle à wagons d’Anvers : pas de rampe, pas de rail, juste un sol en béton lisse et 120 secondes pour convaincre des juges. C’est le Belgium Open Freestyle 2026, deuxième édition. Le genre de contest qu’on croyait rangé au grenier avec les années 80. En 1994, Guenter Mokulys, futur onze fois champion du monde, a même arrêté le skate parce qu’il n’y avait plus de compétitions. Alors qui monte encore sur ce plancher, et pourquoi ça repart en Belgique ?

Coupe du monde 1991 à Münster : la partie freestyle (archive skatebrigade)

Dates

7-8 nov. 2026

De 10 h à 19 h, heure de Paris

Lieu

Parkloods, Park Spoor Noord

Damplein 36, Anvers

Inscription

25 €

Close depuis le 20 octobre

Format

Run de 120 s

Catégorie pro

Dans cet article 5 parties
  1. Belgium Open Freestyle à Anvers : une halle à wagons, 8 mètres…
  2. Täby, 1984 : le camp suédois où Mokulys croise Mullen, Hawk et…
  3. 1994, plus un seul contest : Mokulys arrête, puis revient gagner en…
  4. Kids à 60 secondes, pros à 120 : le programme des 7…
  5. Fini en 1994, le freestyle ? La réponse est dans la catégorie…

Belgium Open Freestyle à Anvers : une halle à wagons, 8 mètres sur 30

Intérieur de la Parkloods, ancienne halle à wagons du Park Spoor Noord à Anvers, sol en béton lisse où se tient le Belgium Open Freestyle 2026
La halle des wagons du Park Spoor Noord, reconvertie en salle de sport : c’est sur ce genre de béton que se joue le contest. Photo : Lsjm — CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Le décor d’abord. Le Park Spoor Noord est un ancien terrain ferroviaire au nord d’Anvers. La vieille halle à wagons sert aujourd’hui de salle de sport de quartier, la Buurtsporthal Parkloods. C’est là que SBA Antwerp organise le contest, au 36 Damplein.

Pour la première édition, en novembre 2025, l’organisateur avait donné les mesures sur la fiche de la WFSA, la fédération mondiale du freestyle. Une aire d’environ 8 mètres sur 30. Un béton lisse avec juste ce qu’il faut d’accroche, « comme un sol de parking souterrain ». Et un jugement calqué sur celui de Paderborn, en Allemagne, une référence du freestyle européen.

Si tu n’as jamais vu de freestyle, imagine du flat pur. Une planche, un sol plat, de la musique et une chorégraphie, sans module. C’est l’une des plus vieilles disciplines du skate, et celle qui a vu naître une bonne partie des flip tricks que tu poses aujourd’hui en street.

Täby, 1984 : le camp suédois où Mokulys croise Mullen, Hawk et Welinder

Guenter Mokulys, onze fois champion du monde de freestyle, en handstand sur sa planche devant le Pain de Sucre à Rio en 2015
Guenter Mokulys en handstand à Rio, en 2015. Trente ans après le camp de Täby, il tient toujours sur les mains. Photo : AmienDaouiji — CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Pour comprendre ce qui se rejoue à Anvers, il faut remonter en Suède. En 1984 et 1985, un camp d’entraînement réunit à Täby, près de Stockholm, Rodney Mullen, Tony Hawk, Mike McGill, Lance Mountain et Per Welinder. Dans le groupe, un Allemand de Dortmund qui skate depuis quelques années à peine : Guenter Mokulys.

Welinder, c’est l’enfant du coin, né à Täby. Il est aussi le seul skateur à avoir jamais battu Mullen dans un contest pro. C’était en 1983, un jour où Mullen skatait loin de son niveau. Le reste du temps, Welinder finissait deuxième. Mullen, lui, a gagné 34 contests de freestyle sur 35. Le seul qu’il a perdu, c’est donc un Suédois qui l’a pris.

Mokulys sort de ce camp transformé. En 1986, il gagne le titre mondial amateur de freestyle au Transworld Skateboarding Championship, au Canada. En 1991, il est champion du monde pro à Münster, chez lui, en Allemagne. La vidéo en haut de cette page, c’est la partie freestyle de cette Coupe du monde 1991. Regarde bien : tout se joue au sol, sans un seul module.

Et les femmes n’attendaient pas leur tour. En 1983, au contest NSA de Paramount, à Los Angeles, Diane Veerman courait contre les hommes et finissait 13e sur 31. À Anvers, il y a une catégorie pro hommes, femmes et « + », ouverte à tous ceux qui ne se rangent ni dans l’une ni dans l’autre.

1994, plus un seul contest : Mokulys arrête, puis revient gagner en 2003

Guenter Mokulys au Münster Monster Mastership 1991, titre mondial freestyle pro
Münster, 1991 : Guenter Mokulys champion du monde pro, trois ans avant que les contests s’arrêtent. Photo : AmienDaouiji — CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Puis tout s’arrête. À partir de 1994, le skate tombe dans un creux, aux États-Unis comme en Europe. Il n’y a presque plus de compétitions, et Mokulys range sa planche. Le freestyle, déjà éclipsé par le street depuis la fin des années 80, perd sa scène.

Les autres se reconvertissent. Mullen part apprendre le street à zéro et devient celui qui a fait voler la rue. Welinder quitte Powell Peralta en janvier 1992 pour fonder Birdhouse avec Tony Hawk. Le freestyle devient une affaire de passionnés, avec des vidéos qui circulent de main en main.

Sauf que Mokulys ne lâche pas. En 2002, à Cologne, il reprend. Un an d’entraînement plus tard, il gagne le championnat du monde 2003 à Würzburg. Suivent une cinquantaine de compétitions dans le monde. Au total : plus de 100 contests, plus de la moitié gagnés, et onze titres mondiaux de freestyle.

Kids à 60 secondes, pros à 120 : le programme des 7 et 8 novembre

Jeune skateuse dans le bowl du skatepark du Park Spoor Noord à Anvers en 2008, à côté de la halle du Belgium Open Freestyle
Le skatepark du Park Spoor Noord en octobre 2008 : les gamins d’Anvers roulent déjà à quelques mètres de la halle du contest. Photo : Roger Price — CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

Le contest dure deux jours, de 10 h à 19 h. Anvers est à la même heure que Paris, pas de calcul à faire. Le temps de run dépend de la catégorie, et c’est la fiche officielle de la WFSA qui les donne.

  • Kids60 s

    Une minute pour les plus jeunes. L’an dernier, ils passaient en début d’après-midi.

  • Amateurs H/F/+90 s

    Ouverte à ceux qui montent sur un plancher de contest pour la première fois.

  • Masters90 s

    Les anciens. Ceux qui ont connu les contests d’avant 1994 ont leur catégorie.

  • Pro H/F/+120 s

    Deux minutes de routine. En 2025, les pros passaient en dernier, vers 17 h 20, avant une session best trick.

L’horaire par catégorie de cette année n’est pas encore publié. Celui de 2025 donne une idée : amateurs à 13 h, kids à 14 h 30, masters à 16 h, femmes et « + » à 16 h 30, pros à 17 h 20. La liste des engagés n’est pas sortie non plus. Les inscriptions coûtaient 25 € et ont fermé le 20 octobre. Aucun tarif public ni aucun live n’est annoncé : pour suivre, c’est le compte Instagram du contest.

Fini en 1994, le freestyle ? La réponse est dans la catégorie Kids

Guenter Mokulys en tuck knee devant l’Unisphere de New York, freestyle skateboard
Guenter Mokulys, toujours sur sa planche de freestyle à New York. Photo : AmienDaouiji — CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Non. Et la preuve n’est pas nostalgique. Un contest qui pense à une catégorie masters, c’est un hommage. Un contest qui ouvre une catégorie kids à 60 secondes, c’est une transmission. Le freestyle n’a pas besoin d’un skatepark à six chiffres : une planche et un sol lisse suffisent. C’est exactement ce qui l’a fait tenir pendant les années creuses.

L’an dernier, l’organisateur écrivait que la Belgique n’avait plus reçu de contest de freestyle depuis longtemps. Un an après, il remet ça, sur deux jours au lieu d’un après-midi, et une inscription qui passe de 20 à 25 €. Sur le calendrier de la WFSA, Anvers arrive juste après l’All Japan Freestyle Contest. Ce n’est plus un revival d’un soir, c’est un circuit qui tourne.

Mokulys l’avait montré en 2003 : il suffit d’un contest pour qu’un skateur revienne. Le 7 novembre, quelqu’un posera sa planche sur le béton de la Parkloods pour la première fois. Le podium arrive sur NOSK8 juste après, et on regardera qui, parmi les kids, a déjà la rotation de 1991.

Deux minutes de flat sans un seul rail : tu regarderais un run de freestyle jusqu’au bout, ou tu zappes au bout de vingt secondes ? Dis-le en commentaire ↓

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Le lexique

  1. 1

    freestyle

    Discipline du skate pratiquée sur un sol plat, sans module : tout se joue en figures enchaînées sur la planche.

  2. 2

    run

    Passage chronométré pendant lequel le rider enchaîne ses figures devant les juges.

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