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X Games League — Le jour où le skate a fait son draft

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X Games League — Le jour où le skate a fait son draft

13 avril 2026 · 4 min de lecture
Guillaume Martin

Rédacteur skate chez NOSK8. Guillaume couvre les spots, les portraits de skaters et la culture skate française — chaque article est relu et sourcé (fédérations, médias spécialisés, riders).

A vu naitre et mourir 3 generations de pros. Chronique mensuelle.

Un draft comme au NBA — sauf que c’est du skate

X Games League Draft 2026 skateboard

Plus de 180 riders ont postulé. 40 ont été sélectionnés. Steve Rodriguez, GM de la franchise New York, a posé le premier choix de l’histoire de la ligue : Chloe Covell, 16 ans, Australienne, déjà meilleure skateuse de la planète selon la plupart des circuits. Un numéro un de draft qui mérite le titre.

Dans la foulée : Tom Schaar pour Los Angeles, Arisa Trew pour Tokyo, et — surprise — Gui Khury pour São Paulo, sélectionné par nul autre que la légende brésilienne Bob Burnquist, qui manage lui-même le club. Quand une icône skate des années 2000 choisit la nouvelle génération en direct live, c’est un moment de transmission rare.

Chaque rider drafté touche un minimum garanti de 30 000 dollars. Les frais de déplacement sont pris en charge. En cas de blessure pendant la saison, le salaire continue. Pour une industrie où la majorité des pros vivotaient entre sponsors et contests incertains, c’est une révolution sociale autant que sportive.

Quatre villes, quatre clubs, un nouveau monde

Vidéo

Los Angeles. New York. Tokyo. São Paulo. Quatre métropoles, quatre cultures skate radicalement différentes. Chaque club aligne 10 riders — cinq femmes, cinq hommes — sur deux disciplines : street skate et BMX. Pour la première fois dans l’histoire du sport, une ligue co-éducative mixte disciplines s’organise à ce niveau.

Nyjah Huston, qui avait fracturé le crâne en percutant le béton du haut d’un rail de 23 marches en janvier, revient en ambassadeur officiel MoonPay de la ligue. Sa présence transforme l’XGL en événement médiatique global — le roi du street skate, couronné après une rémission forcée, choisit ce format pour son retour.

La vraie question : le skate perd-il son âme ?

Le skate est né contre tout ça. Les pools vides de Dogtown dans les années 70, les vidéos pirates dupliquées en VHS dans les années 90, les cultures de rue impossibles à franchiser. L’ADN du skate, c’est précisément le refus de se laisser encadrer par les structures que la NFL, la NBA, la FIFA ont construites pendant un siècle.

Alors oui, il y a quelque chose d’étrange à regarder un draft. À voir des planches de street et des tricks être évalués avec la même logique que des contrats de footballeurs. À entendre des « franchises » là où on parlait de « crews » et de « teams DIY ».

Mais la vraie question n’est pas là. Elle est dans ce chiffre : 30 000 dollars garantis, voyages payés, protection salariale en cas de blessure. Pour des riders qui sacrifiaient leurs genoux, leur dos, leur crâne parfois — sans filet — depuis toujours. L’XGL n’est pas la mort du skate. C’est peut-être sa première protection sociale digne de ce nom.

La tension reste réelle. Le skate de rue ne se réduit pas à ce qu’on peut mettre dans une arène. Mais cette ligue ne remplace pas Baker, ni Thrasher, ni les sessions de spot à 6h du matin. Elle s’ajoute. Et ça change quand même tout pour ceux qui y participent.

La saison démarre le 26 juin — et ça va faire du bruit

Sacramento ouvre le bal le 26 juin. Puis X Games Japan les 4 et 5 juillet. Et la grande finale au Caesars Superdome de La Nouvelle-Orléans, les 24, 25 et 26 juillet. Une salle de 73 000 places pour couronner la première franchise de l’histoire du skate.

Si vous avez grandi avec Tony Hawk’s Pro Skater, avec les cassettes Flip et Powell Peralta, avec l’idée que le skate était le sport des marginaux et des incompris — regarder le premier tournoi XGL au Superdome va produire quelque chose de bizarre. Un mélange d’excitation et de nostalgie impossible à démêler.

C’est peut-être exactement ça, grandir avec le skate. Regarder quelque chose qu’on aimait justement parce qu’il était petit, sale, libre — devenir quelque chose d’immense. Et décider si on est fiers ou nostalgiques. Probablement les deux.

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