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EMB, Love Park, Pulaski : les 3 spots qui ont fait les années 2000

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EMB, Love Park, Pulaski : les 3 spots qui ont fait les années 2000

Trois dalles de béton qui ont changé le skate pour toujours. Si tu regardais des VHS de 411 VM dans les années 2000, tu sais de quoi on parle.

25 juin 2026 · 4 min de lecture
Guillaume Martin

Rédacteur skate chez NOSK8. Guillaume couvre les spots, les portraits de skaters et la culture skate française — chaque article est relu et sourcé (fédérations, médias spécialisés, riders).

A vu naitre et mourir 3 generations de pros. Chronique mensuelle.

Trois dalles de béton qui ont changé le skate pour toujours. Si tu regardais des VHS de 411 VM dans les années 2000, tu sais de quoi on parle.

Il y a des spots qui dépassent la simple dalle de béton. Des endroits où le skate s’est réinventé, où les tricks impossibles sont devenus la norme, où les meilleures parties de ta vie ont probablement tourné en fond d’écran sur ton vieux iMac.

EMB — Embarquadero, San Francisco

Vue de l'Embarcadero Plaza (EMB) à San Francisco, spot mythique du street skating des années 90
Photo : Kylelovesyou — CC0, via Wikimedia Commons

Avant que la ville ferme tout en 1994, l’Embarcadero Plaza était le QG mondial du skate. Jake Phelps était là. Mike Carroll aussi. Et cette rampe de béton avec ses petites coping irrégulières — the EMB ledge — a littéralement inventé le ledge skating moderne. Quand World Industries sortait ses vidéos filmées là, tu regardais ça en boucle en sachant que tu verrais jamais ça ailleurs.

Ce qui se passait à EMB dans les early 90s a influencé chaque clip que t’as regardé sur VHS jusqu’à la fin des 2000s. C’est pas de la nostalgie — c’est de l’histoire.

Love Park — Philadelphie

John F. Kennedy Plaza. Tout le monde dit Love Park. Et pour cause : les marches en granit rouge, les lèvres parfaites, le flow naturel du terrain. Josh Kalis, Stevie Williams, Allen Iverson qui skate un week-end (ok c’est une rumeur) — Love Park c’était une cour de récré pour les pros.

Le Transworld de 2002 avec la part de Kalis au Love, c’est peut-être la meilleure part skate jamais filmée dans un seul spot. 4 minutes de ledge tricks dans un décor urbain parfait. Si t’as pas grandi avec ça, tu rates quelque chose.

La ville a voulu interdire le skate en 2002. Les skateurs ont résisté. Le maire a quand même tout clôturé. Histoire classique : la ville détruit ce qui la rend unique.

Pulaski Park — Washington DC

Freedom Plaza (Pulaski) à Washington DC, ses ledges et marches en granit, spot légendaire de la scène skate
Photo : MBisanz — CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Franklin Square, pour les intimes. Les marches Pulaski. Si Love Park était la côte Est, Pulaski c’était son jumeau plus underground. Chuck Treece, Zoo York crew, la scène DC — tout ça gravitait autour de ces marches impeccables avec un ledge en métal vissé dessus.

Ce qui rendait Pulaski différent : la culture. Moins de caméras, plus de session à l’arrache. Les tricks qui se passaient là finissaient rarement dans les magazines — ils vivaient dans les têtes de ceux qui y étaient.

Pourquoi ça compte encore en 2026

Ces trois spots sont fermés, bétonnés, ou transformés. Mais leur ADN est partout. Chaque plaza moderne qui laisse les skateurs rider, chaque ledge waxé dans un skatepark urbain — c’est l’héritage direct d’EMB, Love Park et Pulaski.

La prochaine fois que tu cherches un spot en ville et que tu trouves un angle de marches parfait : t’es dans la continuité directe de ces trois endroits. C’est ça, la transmission silencieuse du skate.

EMB : le spot né d’un tremblement de terre

Ce que peu de gens savent : EMB doit son existence à une catastrophe. En 1989, le séisme de Loma Prieta secoue San Francisco. La ville démolit l’Embarcadero Freeway, l’autoroute qui écrasait le front de mer, en 1991. À la place s’ouvre une grande esplanade de béton nu. Les skateurs s’y installent avant même que la mairie comprenne ce qui se passe.

Officiellement, la place s’appelait Justin Herman Plaza. Personne ne disait ça. C’était EMB, point. En 2017, la ville a fini par la débaptiser, trop liée à un urbaniste qui avait rasé des quartiers entiers, pour la renommer sobrement Embarcadero Plaza. Le spot, lui, n’existait déjà plus depuis longtemps.

Love Park : construit en 1965, tué en 2016

Côté architecture, Love Park c’est du sérieux. La place est dessinée en 1965 par Vincent Kling, sur une idée de l’urbaniste Edmund Bacon, et inaugurée comme JFK Plaza en 1967. Son granit lisse et ses dénivelés parfaits en ont fait un aimant à skate dès les années 80.

La ville n’a jamais aimé ça. Premier arrêté anti-skate dès 1984, amendes à 300 dollars sous Rendell, répression durcie par le maire John Street au début des années 2000. En 2016, la place est rasée puis reconstruite en version verdie et aseptisée. Twist final : en 2024, la ville de Malmö, en Suède, a racheté le granit d’origine pour reconstruire un morceau du vrai Love Park. Le spot est mort chez lui, il revit à 6 000 km.

Trois spots morts, un ADN increvable

EMB, Love Park, Pulaski : les trois ont été fermés, bétonnés ou déplacés. Et pourtant, aucun n’a vraiment disparu. Leur façon de skater le mobilier urbain, de transformer une place publique en terrain de jeu, s’est diffusée partout. Quand une ville d’aujourd’hui accepte un skate-plaza, elle rejoue sans le savoir ce qui s’est inventé sur ces trois dalles.

Toi c’était quoi ton spot légendaire des années 2000 ? Dis-le en commentaire.

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