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Portraits
Chad Muska : 1 sac à dos, 1 speaker, 1000 vibes
Coupé de la vidéo Toy Machine en 1996, intronisé au Skateboarding Hall of Fame en 2020 : comment le gamin de Lorain à la boombox a fini par signer ses propres chaussures ?
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1996. Toy Machine sort Welcome to Hell, et la part de Chad Muska n’y est pas. Retirée après une embrouille avec Ed Templeton et Jamie Thomas, le soir même où l’avant-première devait avoir lieu. Sur la jaquette, on colle même un crâne sur son visage. Vingt-quatre ans plus tard, le même gamin entre au Skateboarding Hall of Fame. Qu’est-ce qui s’est passé entre les deux ?
L’Ohio, vraiment ?
Chad Muska est né le 20 mai 1977 à Lorain, dans l’Ohio. Pas exactement le berceau du skate. Le déclic arrive à Phoenix, en Arizona, où il part vivre chez son père. Il roule surtout en BMX, il emprunte les planches des gamins du quartier pour tenter des boardslides sur les trottoirs. Puis son vélo se fait voler. Il récupère une board, et ça ne s’arrête plus.
Quand il part tenter sa chance, il a presque rien en poche : un carnet de croquis et un lecteur cassette portable. Retiens ces deux objets. Le carnet annonce l’artiste, le son annonce la boombox qui deviendra sa signature. Son premier sponsor de planches s’appelle Maple. En 1994, quand il apparaît dans la vidéo Rites of Passage, il n’a pas de toit et dort sur la plage.

La part que Toy Machine a cachée
Chez Toy Machine, Muska roule avec Ed Templeton, Jamie Thomas, Mike Maldonado et Brian Anderson. Il filme pour Welcome to Hell, et on lui promet la dernière part, la plus prestigieuse. L’avant-première est annulée le soir même, il s’embrouille avec Templeton et Thomas, et sa part disparaît de la version publique.
N’importe qui aurait été cramé à ce moment-là. Lui rebondit chez Shorty’s, une marque encore toute jeune, et on lui confie carrément le développement de la division planches. La même année, en 1997, il lance sa marque de roues, Ghetto Child, avec Tom Penny et Sean Sheffey.
Carrière
- 1996
Toy MachineToy Machine « Welcome to Hell » — le gamin au style brut débarque dans l’écurie d’Ed Templeton. - 1998
Shorty’sShorty’s « Fulfill the Dream » — sac à dos, boombox, gaps de nuit énormes. Une icône est née. - 2007
TransWorldSa chaussure signature (éS puis Circa) explose les ventes — il devient autant une figure lifestyle qu’un skateur. - 2010
ArchivesIl co-fonde Supra et grave définitivement sa marque dans la mode skate. Encore culte des années après.
1998, l’année où tout le monde veut sa dégaine
Fulfill the Dream, la vidéo Shorty’s de 1998, le fait passer de skateur prometteur à figure de son époque. Il tournera quatre vidéos en tout pour la marque. La même année, éS sort la « éS Muska », sa chaussure signature, avec une poche cachée dans la languette. Elle cartonne, parce que Muska est déjà autant suivi pour son style que pour ses tricks.
En 1999, il rejoint Circa comme premier pro de la marque. Les modèles CM901 et CM902 tournent dans les pubs des magazines. Il quitte Circa en 2005, puis Shorty’s début 2006, et choisit Element comme nouveau sponsor de planches en décembre.
Supra, la marque qu’il a montée lui-même
Après Circa, il ne cherche pas un nouveau contrat de chaussures : il en crée une marque. En 2006, il fonde Supra avec Angel Cabada. Sa Skytop fait partie des tout premiers modèles de riders de la marque. Montante, massive, reconnaissable de loin. La Skytop II suit en 2009, puis la III, toutes dessinées avec le designer Josh Brubaker. Au début, les autres pros les trouvent délirantes. Il tient bon.
Alors, comment le gamin à la boombox finit au Hall of Fame ?
La réponse tient dans ce qu’il a refusé de faire : choisir. Viré d’une vidéo, il ne s’est pas contenté de chercher une autre planche. Il a monté une division chez Shorty’s, une marque de roues, puis une marque de chaussures. Le carnet de croquis et le lecteur cassette du départ sont devenus une ligne de chaussures, un son et un style qu’on reconnaît encore trente ans après.
C’est ce parcours d’entrepreneur autant que de skateur que le Skateboarding Hall of Fame consacre en 2020. Quand tu regardes Stevie Williams fonder DGK en 2002 ou la trajectoire de Terry Kennedy, tu vois le modèle : le skateur qui devient sa propre marque.
Et le carnet de croquis, dans tout ça ?
Il ne l’a jamais refermé. En juin 2013, Muska ouvre sa première expo solo, Transitions, avec la galerie New Image Arts. On le voit aussi arbitrer, à plusieurs reprises, la sixième saison du Battle at the Berrics. Le gamin coupé au montage de 1996 a fini par tout signer lui-même : ses chaussures, ses roues, ses toiles.
Et si tu veux comprendre ce que ça coûte de garder sa ligne face aux géants, lis comment Emerica a refusé de devenir Nike pendant 28 ans.
Chad Muska, sac à dos et boombox sur les spots — l’icône la plus stylée des années 1990 ? Dis-nous ce qu’il représente pour toi. Laisse un commentaire ↓
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