Street Shop LIVRAISON OFFERTE DÈS 50€ −15 % SUR TA PREMIÈRE COMMANDE · JE M'ABONNE
Point X, 2003 : Danny Way saute 75 pieds sur sa Mega Ramp, un an après ses 65 — jusqu’où peut aller un saut en skate ?

Accueil / Tricks

★ Tricks

Point X, 2003 : Danny Way saute 75 pieds sur sa Mega Ramp, un an après ses 65 — jusqu’où peut aller un saut en skate ?

En 2003, Danny Way saute 75 pieds sur la Mega Ramp de Point X, un an après ses 65. On décortique sa part de The DC Video, plan par plan.

11 octobre 2026 · 9 min de lecture

Faits sourcés, ligne street 1990-2005.

Une signature collective : chaque date, chiffre ou citation a une source. Une erreur ? On corrige. Qui écrit NOSK8

Juin 2003, Point X Camp, dans les collines au nord de San Diego. Danny Way se lâche du haut d’une tour en bois, traverse un vide de 75 pieds, soit 23 mètres, en backside 360, puis remonte sur le quarter et sort un backside air à 23 pieds et demi. Deux records du monde dans le même run. Un an plus tôt, sur la même rampe, il avait sauté 65 pieds.

Dix pieds de plus en douze mois. Le carton de fin de The DC Video le dit en lettres blanches, et toute une génération l’a regardé en boucle sur une VHS usée.

On a repris sa part plan par plan : le line-up, la rampe, la chanson, la caméra, le matos. Et une question qui reste ouverte depuis : jusqu’où peut aller un saut en skate ?

Vidéo

The DC Video – 2003

Lieu du record

Point X Camp, Californie

Distance

75 pieds (23 m)

Hauteur

23,5 pieds (7,2 m)

Danny Way avant les 75 pieds : un cou cassé, 65 pieds et une marque à lui

Pour comprendre 2003, il faut remonter un peu. Danny Way est né le 15 avril 1974 à Portland. Il passe pro très jeune, devient Skater of the Year de Thrasher en 1991, chez Plan B. En 1994, il devient le premier pro de DC, la marque montée par son frère Damon Way et Ken Block.

La même année, il se casse le cou en surfant à Hawaï. Il revient, et il revient plus haut. En 1997, il établit le record de l’air le plus haut, 12 pieds en kickflip, et saute d’un hélicoptère dans une rampe pour la couverture de Transworld.

En 2002, il fait construire un module qui n’existe nulle part ailleurs au Point X Camp : un roll-in géant, un gap, un quarter. Il y saute 65 pieds, soit 20 mètres. Ceux qui ont lu notre récit de la Mega Ramp de 2002 connaissent ce premier chapitre. 2003, c’est la suite. Et c’est The DC Video qui donne enfin un nom au module : la MegaRamp.

Trois ans de tournage, 46 minutes, 29 skateurs. Jake Brown, Colin McKay, Josh Kalis, Stevie Williams, Rob Dyrdek. La même année sortait Yeah Right! de Girl, l’autre monument de 2003. Deux visions du skate, à quelques mois d’écart : l’une rapetisse le monde, l’autre l’agrandit.

Line-up de Danny Way dans The DC Video, trick par trick

Une précision avant de dérouler. La version en ligne dure 8 minutes 43. À cette définition, certains tricks ne se nomment pas avec certitude. On ne liste que ce qui se voit, dans l’ordre.

Danny Way - The DC Video (2003)
  1. Le carton et la tour

    Vers 1:00, le nom s’affiche. Une silhouette debout en haut d’une tour de roll-in, minuscule à côté de la structure. Le ton est donné.

  2. La vert extérieure DC

    Une rampe en plein air, bannières DCSHOECOUSA sur les côtés. Airs hauts, au-dessus du coping, comme en échauffement.

  3. La vert indoor, de nuit

    Un entrepôt, une rampe rallongée par des extensions, des projecteurs. Les airs partent dans le noir, et la lumière les rattrape.

  4. Le pool en béton

    Vers 4:06, une respiration. Un pool, du béton, des carves. Le seul passage où ses roues restent près du sol.

  5. La Mega Ramp vue du ciel

    À partir de 5:15, plan aérien sur les collines : roll-in, gap, quarter. On voit enfin l’échelle du truc.

  6. Les sauts au-dessus du gap

    Airs grabbés au-dessus du vide, puis une rotation complète en l’air. Chaque saut finit sur la pente de réception.

  7. Le quarter et le mât gradué

    Vers 8:03, un mât planté à côté du quarter, gradué comme une toise. Il sert à mesurer la hauteur. Le record se prouve à l’image.

  8. Le carton final

    « Longest distance jump (75′ backside 360) and highest air (23.5′ backside air) together in the same run. » Puis un t-shirt DC, une planche jaune, et « (the end) ».

Ce qu’on ne peut pas affirmer

  • La date. Le carton de la vidéo écrit 12 juin 2003. Wikipedia et la plupart des récits donnent le 19 juin. Personne ne relève l’écart.
  • Les plans street tournés en Europe au milieu de la part. Le rider n’est pas identifiable à l’image, on ne lui prête rien.
  • Le nom exact de chaque grab au-dessus du gap. À cette résolution, on voit la main sur la planche, pas laquelle.

À lire aussi : 2002 : Comment Danny Way a explosé le monde du skate avec la DC Mega Ramp

Point X Camp et la MegaRamp : ce que sont devenus les spots

Point X Camp, c’était un camp privé dans l’arrière-pays de San Diego. Pas un skatepark ouvert, un terrain où l’on pouvait construire grand sans demander la permission à une mairie. C’est ce qui a rendu la Mega Ramp possible.

Le module a quitté les collines. Les X Games ouvrent une épreuve Big Air dès 2004. Des copies poussent ailleurs, aux États-Unis puis au Brésil. À São Paulo, la Mega Rampa accueille une compétition dès 2008.

Descente du roll-in de la Mega Rampa de São Paulo en 2008, casque et protections, un photographe sur l'échafaudage
La descente du roll-in de la Mega Rampa de São Paulo, en novembre 2008 : cinq ans après Point X, le module de Danny Way est devenu un événement. Le rider n’est pas identifié. Photo : Fernando Mafra — CC BY-SA 2.0, via Flickr

Le vert indoor et la vert extérieure DC de la part, eux, n’ont pas laissé de trace publique. Les rampes en bois vivent quelques années, puis on les démonte. C’est la loi des modules : il ne reste que la vidéo.

La chanson : Suicidal Tendencies, puis Metallica

La part de Danny Way est découpée en deux temps, et chacun a son morceau. Le premier passe sur You Can’t Bring Me Down, de Suicidal Tendencies – 1990. Le deuxième, celui de la Mega Ramp, tourne sur Orion, de Metallica – 1986. Le même instrumental ouvre la vidéo.

Le choix n’a rien d’un hasard. Suicidal, c’est Venice, les pools vides, le skate punk de la fin des années 80, l’époque où Danny Way a commencé. Orion, c’est autre chose : huit minutes sans paroles, une montée lente, une basse qui tourne. Une musique pour regarder un mec voler, pas pour sauter partout.

Si tu as eu la VHS, tu associes encore Orion à cette tour en bois. Vingt ans après, le riff ramène direct aux collines de Point X.

Filmeur et monteur : Greg Hunt aux commandes, 48 crédits derrière

Le réalisateur crédité, c’est Greg Hunt, selon la fiche de SkateVideoSite. Il signera ensuite Mind Field pour Alien Workshop – 2009. Derrière lui, la liste des crédits de production compte 48 noms. On y lit Ty Evans, qui fera Pretty Sweet – 2012, William Strobeck, futur filmeur de Supreme, Russell Houghten, Ken Block et Damon Way.

La même fiche classe la vidéo parmi celles tournées en 16 mm. Pour la Mega Ramp, il fallait plusieurs angles en même temps : une seule caméra ne couvre pas 23 mètres de vide. D’où le plan aérien, le plan au sol, et le mât gradué dans le cadre pour prouver la hauteur.

Qui tenait quelle caméra le jour du record ? Les crédits ne le disent pas plan par plan. Les bonus du DVD montrent l’envers du décor, c’est ce qu’on a de plus proche.

The DC Video - les bonus du DVD (2003)

À lire aussi : Rodney Mullen, 34 victoires sur 35 en freestyle : pourquoi tout recommencer dans la rue ?

Le matériel : casque, genouillères, une planche jaune

Danny Way en casquette et t-shirt noir à Saint-Domingue en novembre 2007
Danny Way à Saint-Domingue en novembre 2007, quatre ans après le record de Point X. Photo : Dilia Oviedo — CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

Sur la Mega Ramp, Danny Way porte un casque et des genouillères, comme en vert. Rien d’exotique. À l’arrivée, on le voit avec une planche jaune et un t-shirt DC. Le graphisme de la board, lui, reste illisible à l’image.

Le vrai matériel, c’est la rampe. Une tour pour prendre la vitesse, un gap pour la distance, une pente de réception, puis un quarter pour la hauteur. Tout le record tient dans cet enchaînement. Sans la vitesse du roll-in, le quarter ne sert à rien.

Démo DC à Saint-Domingue en 2007 devant la foule, rider en équilibre sur le bord d'un module
La démo de Saint-Domingue en 2007, telle que la source la présente sous le nom de Danny Way. Sans tour ni gap, un rider de Mega Ramp redevient un skateur de rue. Photo : Dilia Oviedo — CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

Ce qu’elle a changé : jusqu’où peut aller un saut en skate ?

Revenons à la question du début. Après 65 pieds en 2002 et 75 en 2003, la suite paraissait logique : 85, 95, cent. Elle n’est jamais venue.

Le 8 août 2004, à Los Angeles, Danny Way saute 79 pieds, soit 24 mètres, et prend l’or aux X Games. Le Guinness World Records affiche toujours ce saut comme le plus long jamais fait sur une rampe en skate. Plus de vingt-deux ans après, personne ne l’a battu.

Danny Way - The DC Video, la Mega Ramp sur Orion

La réponse, la voilà : un saut en skate va jusqu’à 24 mètres, et le plafond n’est pas la rampe. C’est le corps. Plus le gap est long, plus la vitesse grimpe, plus la réception cogne. En 2007 aux X Games, Jake Brown tombe de 45 pieds, 14 mètres, sur la Mega Ramp. Il se relève et quitte la rampe à pied, mais l’image a fait le tour du monde. Construire plus grand, rien ne l’empêche. Y survivre run après run, c’est une autre histoire.

Air grabbé très haut dans le ciel sur la Mega Rampa de São Paulo en 2008
Air grabbé au-dessus du quarter de la Mega Rampa de São Paulo en 2008. Après Danny Way, on a cessé de sauter plus loin pour tourner plus. Le rider n’est pas identifié. Photo : Fernando Mafra — CC BY-SA 2.0, via Flickr

Alors la course a changé de sens. On ne saute plus plus loin, on tourne plus. En mars 2012, Tom Schaar rentre le premier 1080 de l’histoire, à 12 ans, sur une Mega Ramp. En août 2019, Mitchie Brusco passe un 1260 en Big Air. Trois tours et demi en l’air. La distance a trouvé son mur, la rotation pas encore.

Danny Way, lui, ne s’est pas arrêté. Il redevient Skater of the Year en 2004, treize ans après le premier titre. En 2005, il saute la Grande Muraille de Chine avec un pied cassé. En 2006, il se lâche de 82 pieds depuis la guitare géante du Hard Rock de Las Vegas. En novembre 2023, il quitte DC, la marque dont il avait été le premier pro.

Ce que la part de 2003 a changé tient en une phrase. Avant, le skate se mesurait en tricks. Depuis Point X, il se mesure aussi en pieds, en mètres, en secondes de vol. Les mômes d’aujourd’hui, comme Sky Brown qui monte sur un podium olympique à 13 ans, ont grandi avec une Mega Ramp déjà debout. Danny Way l’a construite pour eux, sans le savoir.

Le record de 24 mètres tient depuis 2004 : tu crois que quelqu’un sautera plus loin un jour, ou que la rotation a définitivement pris le relais ? Dis-le en commentaire ↓

Sources

Partager

Suis NOSK8 là où tu traînes

Les parts, les spots, les coulisses : tout sort d'abord sur les comptes.

Le lexique

  1. 1

    roll-in

    La pente de départ, au sommet d'une tour, qui sert à prendre de la vitesse avant le saut.

  2. 2

    gap

    Le vide à franchir entre deux modules. Sur une Mega Ramp, c'est lui qui donne la distance du saut.

  3. 3

    quarter

    Demi-rampe courbe qui renvoie le skateur vers le haut. Sur la Mega Ramp, il sert au saut en hauteur.

  4. 4

    backside 360

    Rotation complète du corps et de la planche, dos tourné vers l'avant au départ de la rotation.

  5. 5

    Big Air

    Épreuve des X Games disputée sur la Mega Ramp depuis 2004 : un saut au-dessus du gap, puis un air sur le quarter.

Continue ta lecture

Tricks

Getting Nowhere Faster, 2004 : la part de Lyn-Z Adams Hawkins, bien avant la Mega Ramp — que faisait-elle déjà ?

Octobre 2004, Getting Nowhere Faster : à 14 ans, Lyn-Z Adams Hawkins porte un montage vert entier. Sa séquence repassée image par image.

Lire l'article 9 min de lecture

Commentaires (0)

    Laisse ton commentaire

    Prénom, email et au moins 20 caractères requis. Un code de vérification sera envoyé par email avant publication.

    Ton email reste privé. Les commentaires sont modérés a posteriori.