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Rock to fakie : 4 phases, une seule où ton poids doit basculer — laquelle ?

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Rock to fakie : 4 phases, une seule où ton poids doit basculer — laquelle ?

Le rock to fakie bloque tout le monde au même endroit : le coping. Les 4 phases du trick, les 4 chutes classiques, et l’instant exact où ton poids doit basculer.

10 septembre 2026 · 11 min de lecture
Guillaume Martin

Rédacteur skate chez NOSK8.

Spots, portraits et culture skate française — chaque article est relu et sourcé. Trois générations de pros au compteur. Chronique mensuelle.

Le rock to fakie bloque tout le monde au même endroit : le coping. Les 4 phases du trick, les 4 chutes classiques, et l’instant exact où ton poids doit basculer.

Tu roules vers la rampe. Tu montes. Et à vingt centimètres du haut, un truc dans ton corps dit non. Tu te redresses, tu redescends, t’as rien tenté. Trois fois. Dix fois. Toute la session.

Le rock to fakie bloque tout le monde exactement là. Pas parce qu’il est dur techniquement — il est même classé parmi les figures les plus simples qui se font sur le bord d’une rampe. Il bloque parce qu’il demande de faire l’inverse de ce que ton instinct hurle.

Sur le papier, c’est trois secondes : tu montes, tes deux roues avant passent de l’autre côté du bord, la planche bascule une fraction de seconde, tu redescends en marche arrière. Trois secondes, et une seule vraie question dedans.

Où tu mets ton poids. Sur quel pied, à quel instant. Il y a quatre phases dans ce trick, et une seule où le poids doit changer de pied. Te tromper de moment, c’est la chute assurée. La réponse exacte est plus bas, phase par phase. Avant ça, comprends ce qui coince.

Niveau

Débutant rampe

Temps

2-6h

Prérequis

Rouler, dropper

Surface

Mini-rampe 1 m

Le rock to fakie, c’est quoi exactement

How to ROCK TO FAKIE in 3 Steps — Regular Jason

La définition tient en une phrase. Tu montes la courbe de la rampe, tu poses tes roues avant par-dessus le bord, la planche se balance une seconde à cheval sur ce bord — c’est le « rock » — puis elle repart vers le bas, et tu redescends en roulant à l’envers. Rouler à l’envers, dans le jargon, ça s’appelle rouler fakie. D’où le nom.

Le bord en question, c’est le coping : le tube de métal qui court tout en haut de la rampe. Il est là pour protéger l’arête et pour accrocher les figures. C’est aussi ce qui te fait peur, et c’est normal — tant que tes roues avant ne sont pas passées de l’autre côté, ton cerveau voit un obstacle qui va bloquer ta planche.

Wikipédia le range parmi les figures « rapides et communes », celles qu’on utilise surtout pour enchaîner d’autres tricks sur une mini-rampe. Traduction : personne ne va t’applaudir pour un rock to fakie. C’est la porte d’entrée. Une fois passée, tout le reste du vocabulaire de la rampe s’ouvre — le rock and roll (le même trick, mais tu tournes de 180° pour repartir en avant), le boneless, les grinds sur le coping.

Le coping d’une rampe, l’arête que les roues avant doivent franchir dans un rock to fakie
Le coping, c’est cette arête tout en haut. Tant que tes roues avant ne sont pas passées par-dessus, ton cerveau voit un mur. Photo : Wil540 — CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Le premier trick jamais fait sur le bord d’une rampe est crédité à Jay Adams — l’époque des piscines vides californiennes, dans les années 70. Depuis, il y en a des centaines. Ils commencent tous par le même geste : accepter de mettre ses roues avant dans le vide.

Et il faut le dire clairement : ce blocage, ce n’est pas un manque de courage. C’est un réflexe de survie tout à fait sain — ton corps refuse de projeter son centre de gravité au-dessus d’un trou. Tous les skateurs de rampe que tu vois passer le coping comme si de rien n’était ont eu exactement le même mur. Ils ont mis deux heures, ou trois semaines. Le mur ne se saute pas, il s’use : à force de monter un peu plus haut à chaque essai, il devient tellement mince que tu le traverses sans t’en rendre compte.

À lire aussi : Comment faire du skate : 5 étapes de zéro à ton premier ollie.

Les 4 phases du rock to fakie

Rock to fakie : la planche en équilibre sur l’arête, roues avant passées, poids du skateur sur le pied avant
L’instant du rock : les roues avant sont passées, la planche est à cheval sur l’arête, et le corps reste au-dessus du pied avant. C’est la position que tu cherches. Photo : AlveezyBueno — CC BY 2.0, via Flickr
  1. La remontée

    Tu arrives sur la courbe droit, pas de biais, avec assez de vitesse pour atteindre le haut sans forcer. Pieds à leur place normale : le pied arrière sur le tail (la partie relevée à l’arrière), le pied avant au-dessus des vis de devant. Ton poids reste centré, réparti sur les deux pieds. Tu ne fais rien de spécial ici — tu montes, c’est tout.

  2. Le passage des roues avant

    À un demi-mètre du haut, tu appuies légèrement sur le pied avant pour pousser le nez de la planche par-dessus le coping. Les deux roues avant passent de l’autre côté. Ton buste avance avec — pas seulement le pied. C’est le moment exact où ton instinct te dit de te reculer. Ne le fais pas.

  3. Le rock

    La planche est à cheval sur l’arête, les roues avant dans le vide, l’essieu arrière contre le coping. Tu restes une demi-seconde là-dessus, poids sur le pied avant, épaules au-dessus de la planche. C’est le point d’équilibre du trick. Beaucoup de gens le survolent en une fraction de seconde : au début, prends ton temps, sens-le.

  4. Le retour fakie

    Là seulement, tu transfères ton poids sur le pied arrière. Le nez de la planche se relève, les roues avant repassent au-dessus du coping, et la planche redescend la courbe à l’envers. Tu regardes vers le bas de la rampe par-dessus ton épaule, genoux pliés, poids recentré dès que les quatre roues touchent la pente. Tu roules fakie. C’est fini.

Les 4 fails classiques et comment les corriger

Les 4 fails classiques

  • Tes roues avant restent accrochées au coping — c’est le hang-up, la chute la plus fréquente et la plus violente. Tu as reculé ton poids trop tôt : les roues avant sont retombées avant d’avoir repassé l’arête. Reste sur le pied avant une demi-seconde de plus.
  • Tu n’arrives jamais à faire passer les roues avant — pas assez de vitesse, ou tu freines des épaules à mi-hauteur. Monte trois fois sans rien tenter, juste pour toucher le coping avec les roues avant et redescendre. Ensuite seulement tu le franchis.
  • La planche part de travers en redescendant — tu es monté en biais. Vérifie ta trajectoire en bas de la rampe : tu dois attaquer la courbe perpendiculaire au coping, épaules parallèles à la planche.
  • Tu te fais éjecter en bas de la rampe — tu es resté penché en arrière pendant la descente fakie. Dès que les quatre roues sont sur la pente, recentre ton poids et plie les genoux, comme quand tu dropes.
Skateur au-dessus du coping d’un bowl : l’instant où le poids décide entre le rock to fakie et la chute
Au-dessus du coping, plus personne ne corrige rien : le poids a été placé avant. Toutes les chutes de rock to fakie se jouent une demi-seconde plus tôt. Photo : NOTPOOP — CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Rock to Fakie — Skate IQ

Commence sur une mini-rampe, pas dans le bowl

Jeune skateuse casquée et protégée en action sur une mini-rampe en bois, la surface idéale pour apprendre le rock to fakie
Une mini-rampe en bois : basse, courte, avec un coping à hauteur de genou. C’est là que le trick s’apprend, pas dans un bowl en béton. Photo : Hiruka komunikazio-taldea — CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons

Une mini-rampe, c’est une rampe qui tourne autour d’un mètre de haut — Wikipédia place la limite basse vers 0,91 m, soit 3 pieds. À cette hauteur, la courbe est douce, la chute est courte, et surtout : tu vois le haut de la rampe en montant. Dans un bowl en béton de deux mètres, tu ne vois rien, tu subis.

Si ta ville n’a qu’un skatepark avec deux modules fatigués, regarde bien : il y a presque toujours un quarter (un quart de rampe, la moitié d’une mini-rampe) quelque part. C’est suffisant. Tu n’as pas besoin d’un park flambant neuf, tu as besoin d’un mètre de courbe et d’une barre de métal en haut.

Deux choses non négociables avant de monter. Le casque — le hang-up t’envoie en arrière, tête la première, et c’est le genre de chute qu’on ne rattrape pas avec les mains. Les genouillères si la rampe fait plus d’un mètre, parce qu’elles te permettent de te laisser glisser sur les genoux au lieu de te battre pour rester debout. Les skateurs de rampe les portent tous. Personne ne trouve ça ridicule.

Prérequis honnête : sais-tu descendre la rampe depuis le haut, planche posée sur le coping, sans t’arrêter à mi-hauteur ? Si oui, tu es prêt. Sinon, travaille ça d’abord — c’est le même transfert de poids vers l’avant, en plus simple. Le même que sur les deux centimètres de bordure de trottoir qui font paniquer tout le monde au début.

Pas de rampe correcte dans ta ville ? Voilà quoi chercher

Bord de bowl en béton dans un skatepark de quartier, le type d’arête où travailler son rock to fakie
Un bord de bowl bas, dans un park de quartier ordinaire. Pas besoin de mieux pour apprendre à faire passer ses roues avant. Photo : Thayne Tuason — CC BY 4.0, via Wikimedia Commons

Tu cherches trois choses, dans cet ordre. Une courbe, même courte, même moche — un quarter de skatepark municipal, le bord arrondi d’un bassin en béton, une rampe de club posée dans un gymnase. Une arête en métal ou en béton lisse en haut de cette courbe, sur laquelle tes roues avant peuvent passer sans accrocher. Une hauteur que tu peux regarder d’en bas sans avoir la gorge serrée — si tu la crains avant même de monter, elle est trop haute pour aujourd’hui.

Ce que tu ne cherches pas : un park récent, un crew, un coach. Le rock to fakie se travaille seul, en dix minutes, sur un mètre de courbe. C’est probablement le trick le plus démocratique du skate — il ne demande ni spot rare ni matos particulier, juste une arête et de la répétition.

Et si vraiment il n’y a rien : une rampe en bois d’occasion part souvent pour quelques dizaines d’euros sur les sites de petites annonces, et elle se pose dans une cour. Beaucoup de gens ont appris comme ça, dans un village, sur un module qui grinçait.

Alors, où tu mets ton poids exactement ?

Voilà la réponse, sans détour. Ton poids reste sur le pied avant pendant les trois premières phases, et il ne bascule sur le pied arrière qu’à un seul instant : quand tes roues avant sont revenues au-dessus du coping. Pas avant. Une seule bascule, un seul moment.

Dans le détail, phase par phase. Remontée : poids réparti sur les deux pieds, corps centré au-dessus de la planche, tu ne penches ni devant ni derrière. Passage des roues avant : tu transfères vers l’avant — environ 70 % du poids sur le pied avant — et ton buste avance en même temps, sinon seule la planche part et toi tu restes en arrière. Rock : tu tiens cette position, poids toujours devant, une demi-seconde, épaules au-dessus de l’essieu avant. Retour fakie : là, et là seulement, tu passes sur le pied arrière pour relever le nez, puis tu te recentres dès que les quatre roues touchent la pente.

La règle en une phrase, celle que tu peux te répéter en haut de la rampe : tu recules ton poids quand tes roues avant ont repassé la barre, jamais quand elles sont encore dans le vide. Toutes les chutes de rock to fakie viennent d’un recul anticipé. Toutes.

Skateur en action dans un bowl en béton au coucher du soleil, l’étape qui vient après la mini-rampe
Le bowl, c’est l’étape d’après. Le geste ne change pas, seule la hauteur change. Photo : Epappas — CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Et le déclic arrive comme ça : un essai où tu ne penses plus à rien, où tes roues avant passent sans que tu l’aies décidé, et où tu sens la planche se poser une seconde sur l’arête avant de repartir. Une sensation d’apesanteur courte, bizarre, un peu ridicule d’être aussi bonne. Après ce premier, tu en fais dix d’affilée le même jour. Le mur avait cette épaisseur-là.

Ensuite, tu montes sur du plus haut, tu ajoutes le demi-tour pour repartir en avant, tu essaies le boneless. Mais tout part de ce transfert de poids-là, sur cette barre de métal, dans ta ville, sur la rampe pourrie que tu as sous la main.

Ton premier rock to fakie, c’était sur quelle rampe et il t’a fallu combien d’essais ? Dis-le en commentaire ↓

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Le lexique

  1. 1

    coping

    Le tube de métal fixé tout en haut d’une rampe ou d’un bowl. Il protège l’arête et sert d’appui aux figures.

  2. 2

    fakie

    Rouler en marche arrière, pieds à leur place habituelle. La planche avance par son tail au lieu de son nose.

  3. 3

    hang-up

    Chute où les roues avant restent accrochées sur le coping au retour : la planche bloque et le skateur part en arrière.

  4. 4

    tail

    La partie relevée à l’arrière de la planche, celle sur laquelle le pied arrière appuie pour poper.

  5. 5

    quarter

    Un quart de rampe : une seule courbe avec son coping en haut, l’équivalent de la moitié d’une mini-rampe.

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