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Le kickflip a 44 ans, le pressure flip se fait sans le pied avant : lequel tu apprends d’abord ?

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Le kickflip a 44 ans, le pressure flip se fait sans le pied avant : lequel tu apprends d’abord ?

Le kickflip date de 1982 et se rentre en plusieurs semaines. Le pressure flip se fait sans le pied avant et rentre en deux sessions. Lequel tu attaques d'abord, et avec quel matos.

1 septembre 2026 · 10 min de lecture
Guillaume Martin

Rédacteur skate chez NOSK8.

Spots, portraits et culture skate française — chaque article est relu et sourcé. Trois générations de pros au compteur. Chronique mensuelle.

Le kickflip date de 1982 et se rentre en plusieurs semaines. Le pressure flip se fait sans le pied avant et rentre en deux sessions. Lequel tu attaques d'abord, et avec quel matos.


Niveau : Intermédiaire

Ça fait des semaines que tu balances ton pied avant sur le côté de la planche et qu’elle part en biais, à moitié tournée, une roue dans le vide. Le kickflip, tout le monde te dit que c’est LE trick à avoir. Et pendant ce temps-là, un mec sur ton skatepark fait tourner sa planche sans même bouger son pied avant.

Ce qu’il fait s’appelle un pressure flip. La planche tourne parce qu’il écrase le coin du tail avec son pied arrière — pas parce qu’il flicke avec l’autre pied. Deux tricks, deux logiques complètement différentes, et un débat qui traîne depuis trente ans sur les forums et sous les vidéos de Braille Skateboarding.

La vraie question, celle que personne ne te répond franchement : lequel des deux tu apprends d’abord quand tu galères ? On y répond à la fin, et la réponse n’est pas celle que les puristes te sortiront au skatepark.

L’erreur qu’on voit tout le temps

Le classique : tu essaies ton premier kickflip alors que ton ollie décolle à peine de trois centimètres. Résultat, la planche n’a pas le temps de faire son tour, tu la reçois de travers sur le tibia, et au bout de deux semaines tu te dis que t’es juste pas fait pour ça. T’es fait pour ça. C’est l’ordre qui est faux — et le pressure flip existe justement pour ceux qui sont coincés à cette étape.

Pressure flip : la planche tourne, ton pied avant ne bouge pas

Pressure flip et kickflip filmés côte à côte : sur le pressure flip la planche tourne alors que le pied avant ne bouge pas

Regarde les deux tricks côte à côte dans cette vidéo : sur le kickflip, la planche tourne le long de son axe, comme une crêpe qu’on retourne. Sur le pressure flip, elle part en vrille depuis l’arrière, presque en diagonale, et elle revient sous les pieds beaucoup plus tôt.

La raison est mécanique. Le pressure flip se fait avec un seul pied : celui qui est sur le tail (l’extrémité arrière relevée de la planche). Tu n’écrases pas le tail à plat comme pour un ollie — tu appuies sur son coin, côté talon, et cette pression asymétrique fait tourner la planche toute seule. L’encyclopédie du skate le résume bien : c’est « un inward heelflip sans le heelflip », obtenu par un mouvement de raclage plutôt que par le claquement sec d’un ollie.

Pieds d'un skateur posés sur la planche, pied arrière en biais sur le tail, pied avant immobile
Tout le pressure flip se joue ici : le pied arrière posé en biais sur le tail, le pied avant qui ne bougera pas. Regarde la position avant de tenter quoi que ce soit. Photo : Jarek Tuszyński — CC BY 3.0, via Wikimedia Commons.

Tony Hawk, lui, a une formule plus dure : il classe le pressure flip dans les tricks « old school », oubliés par les générations suivantes. C’est vrai, et c’est exactement ce qui le rend intéressant aujourd’hui — presque personne ne le travaille, donc presque personne ne sait qu’il se rentre bien plus vite qu’un kickflip.

Le pressure flip en 6 étapes — sans avoir besoin d’un gros ollie

Tutoriel filmé : le pressure flip décomposé mouvement par mouvement, pied arrière sur le coin du tail
  1. Pose ton pied arrière en biais sur le tail — pas au milieu, sur le coin côté talon. C’est ce décalage qui crée la rotation. Ton pied avant reste tranquille, plat, à hauteur des vis avant.
  2. Roule doucement — vitesse d’un pas de marche rapide. Immobile, la planche accroche et ne tourne pas ; trop vite, tu ne la retrouves pas.
  3. Écrase, ne claque pas — tu appuies le coin du tail vers le sol en raclant légèrement vers l’arrière. La sensation n’a rien à voir avec un ollie : c’est un mouvement d’essorage, pas un coup sec.
  4. Saute et relève les genoux — ton pied avant quitte la planche vers le haut, sans rien pousser. Si tu le laisses traîner, tu bloques la rotation.
  5. Regarde la planche revenir — elle fait son tour beaucoup plus bas qu’un kickflip. Tu la rattrapes avec le pied avant d’abord, puis tu poses l’arrière.
  6. Vérifie ton tail avant de recommencer — le raclage bouffe le bois trois fois plus vite qu’un ollie classique. Un tail creusé, et la planche ne tourne plus pareil.
Trois phases d'un flip décomposé : appui sur le tail, planche en rotation en l'air, réception
Les étapes dans l’ordre, de gauche à droite : l’appui sur le tail, la planche qui part en rotation sans le pied avant, et la réception genoux pliés. Photo : Jarek Tuszyński — CC BY 3.0, via Wikimedia Commons.

Le kickflip a 44 ans et il résiste toujours

Skateur en l'air, planche en pleine rotation sous ses pieds pendant un flip
L’instant où tout se joue : les deux pieds ont lâché, la planche finit son tour toute seule. Un kickflip se gagne dans cette demi-seconde où tu ne contrôles plus rien. Photo : Jarek Tuszyński — CC BY 3.0, via Wikimedia Commons.

Rodney Mullen a inventé le kickflip en 1982, dans une grange de Floride. À l’époque il l’appelait le « magic flip ». Quarante-quatre ans plus tard, c’est toujours le premier trick de flip que tout le monde cherche à rentrer — et ce n’est pas juste une histoire de tradition.

Le kickflip repose sur ton ollie. Tu claques le tail, tu montes, et c’est seulement en l’air que ton pied avant vient racler le coin avant de la planche pour la faire tourner. Deux gestes, deux pieds, dans le bon ordre. C’est plus dur — mais c’est cette mécanique-là qui te sert ensuite pour le heelflip, le varial, le tre flip, et à peu près tous les tricks de flip existants.

Le pressure flip, lui, ne t’apprend presque rien de transférable. Il rentre vite, il fait bien sur une vidéo, et il s’arrête là. C’est toute la nuance de ce match — et on y revient dans deux minutes. Si tu veux le détail complet du geste, on a décomposé le kickflip étape par étape dans ce guide.

Ce que ça change vraiment

Le jour où un trick de flip rentre, tu arrêtes de subir ta planche. Tu ne la regardes plus tomber en espérant, tu sais où elle va être. C’est le moment exact où tu passes de « quelqu’un qui a un skate » à « quelqu’un qui skate » — et ça change ta façon d’arriver au skatepark bien plus que n’importe quel setup à 200 €.

Quel matos change vraiment quelque chose (et ce qui n’y change rien)

Dessous d'une planche de skate complète : tail, trucks et roues visibles
Le tail, c’est le bout relevé en haut de l’image. Sur un pressure flip, c’est son coin qui frotte le sol à chaque essai — et c’est lui qui s’use en premier. Photo : Cynroya — CC0, via Wikimedia Commons.

Sur un ollie, tu claques le tail : le bois prend un choc, mais bref. Sur un pressure flip, tu le racles sur le béton à chaque essai. Trois cents essais dans l’après-midi, et un deck bas de gamme te sort un tail arrondi qui ne renvoie plus rien. C’est la seule raison sérieuse de mettre un peu plus cher dans une planche quand tu travailles les flips.

Planche de skate usée, tail rongé et bois à nu après des centaines de raclages
Voilà à quoi ressemble un tail qui a encaissé quelques centaines de raclages : le bois est à nu, le coin arrondi. Sur un deck bas de gamme, ça arrive en quelques semaines. Photo : Mikko J. Putkonen — CC BY 4.0, via Wikimedia Commons.

Ce qui compte : de l’érable canadien pressé en 7 plis et un tail dense. Les marques qui tiennent la route sur ce terrain-là : Real et Santa Cruz, deux valeurs sûres qu’on trouve entre 55 et 75 € le deck seul, notamment chez Skatedeluxe ou dans ton shop de quartier.

Ce qui ne change rien : le graphique sous la planche, la marque de tes roues, et le prix de tes chaussures. En revanche, un grip encore vivant, oui — c’est lui qui empêche ton pied arrière de partir quand tu écrases le coin du tail. Un Mob Grip lisse, c’est dix pressure flips ratés d’affilée sans comprendre pourquoi.

  1. 8,0″ — le format qui pardonne — pointure 41-43. Assez large pour rattraper de travers, assez léger pour tourner vite.
  2. 8,25″ — grand gabarit — pointure 44 et plus. Plus stable à la réception, un poil plus lent à faire tourner.
  3. 7,75″ — petits pieds — pointure 36-40. La planche tourne toute seule, réception plus pointue.
  4. Le grip avant tout le reste — 10 € qui te font gagner plus de tricks qu’un deck à 90 €.

Alors, lequel tu apprends d’abord ?

Skateur de rue au moment où la planche finit sa rotation sous ses pieds, entouré de son crew
La demi-seconde qui décide de tout : la planche a fini son tour, les pieds cherchent le grip. Personne autour ne compte les essais ratés d’avant. Photo : Jarek Tuszyński — CC BY 3.0, via Wikimedia Commons.

Voilà la réponse, sans détour, et elle dépend d’une seule chose : où en est ton ollie.

Ton ollie décolle de 15 cm et plus, en roulant ? Fonce sur le kickflip. Pas le pressure flip. Tu as déjà la moitié du geste dans les jambes, et le kickflip t’ouvre ensuite toute la famille des flips. Chaque semaine passée sur le pressure flip à ce stade, c’est une semaine que tu ne récupéreras pas.

Ton ollie ne décolle pas encore, ou tu n’arrives pas à rester dessus en roulant ? Prends le pressure flip. Il ne demande pas de pop, il rentre souvent en deux ou trois sessions, et il te donne le seul truc qui manque vraiment à ce stade : la preuve que ta planche peut faire un tour complet et revenir sous tes pieds. Ce déclic-là vaut plus que n’importe quel conseil.

La condition, en revanche, est non négociable : le pressure flip est une porte d’entrée, pas une maison. Le jour où ton ollie est propre, tu bascules sur le kickflip et tu ne reviens pas en arrière. Les skateurs qui restent bloqués au pressure flip pendant deux ans, on les reconnaît tout de suite au skatepark — ils ont un trick de flip, et un seul, depuis 2019.

Questions fréquentes

Le pressure flip, c’est de la triche ?

Non, c’est un trick à part entière, plus vieux que la plupart de ceux qu’on voit aujourd’hui. Ce qu’on lui reproche, c’est qu’il ne se pose pas sur un ollie : il ne prépare donc à rien d’autre. Certains skateurs le regardent de haut pour cette raison. Ce n’est pas un jugement sur toi, c’est un débat technique vieux de trente ans.

Combien de temps pour rentrer un pressure flip ?

Compte deux à quatre sessions si ton équilibre en roulant est correct — nettement plus rapide qu’un kickflip. Attention à ne pas confondre « rentrer » et « rentrer proprement » : la version où tu poses les deux pieds au même moment met plus longtemps.

Est-ce que je peux travailler les deux en même temps ?

Oui, mais pas dans la même session. Les deux gestes du pied arrière sont opposés — claquer d’un côté, racler de l’autre — et ton corps met du temps à séparer les deux. Alterne plutôt par jour : pressure flip un jour, ollie et kickflip le lendemain.

Ma planche s’use vraiment plus vite avec les pressure flips ?

Oui, sur le tail uniquement. Le raclage arrondit le bois là où un ollie ne fait que le marquer. Sur un deck correct ça tient plusieurs mois, sur une planche de grande surface quelques semaines.

Maintenant tu sais lequel attaquer ce week-end, et pourquoi. Le reste c’est du volume : personne n’a jamais rentré un flip en lisant un article. Tout le monde galère au début, y compris ceux qui filment leurs lignes aujourd’hui.

Bon ride.

Ton ollie décolle de combien, honnêtement ? Donne ton chiffre et depuis combien de temps tu roules. Dis-le en commentaire ↓

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Le lexique

  1. 1

    pressure flip

    Figure où la planche tourne uniquement sous la pression du pied arrière sur le coin du tail, sans coup de pied avant.

  2. 2

    kickflip

    Figure inventée en 1982 : la planche fait un tour complet sur son axe long, lancée par le pied avant après un ollie.

  3. 3

    tail

    Extrémité arrière relevée de la planche. C'est elle qu'on claque pour décoller et qu'on racle sur un pressure flip.

  4. 4

    ollie

    Saut de base du skate : on claque le tail au sol et on fait monter la planche avec les pieds, sans les mains.

  5. 5

    heelflip

    Variante du kickflip où la planche est lancée par le talon du pied avant, et tourne dans l'autre sens.

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