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Apprendre le nosegrind — entrer dans le territoire des tricks techniques

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Apprendre le nosegrind — entrer dans le territoire des tricks techniques

Prerequis, progression en 4 etapes et erreurs classiques : tout ce qu’il faut savoir avant de se mettre au nosegrind. Guide technique intermediaire pour skateurs street.

17 juin 2026 · 8 min de lecture
Guillaume Martin

Rédacteur skate chez NOSK8. Guillaume couvre les spots, les portraits de skaters et la culture skate française — chaque article est relu et sourcé (fédérations, médias spécialisés, riders).

A vu naitre et mourir 3 generations de pros. Chronique mensuelle.

Prerequis, progression en 4 etapes et erreurs classiques : tout ce qu’il faut savoir avant de se mettre au nosegrind. Guide technique intermediaire pour skateurs street.


Niveau : Intermédiaire

Le 50-50, tu l’as. Ça sort proprement sur les kerbs, tu peux poser les deux trucks sans trop t’inquiéter. Mais le nosegrind, c’est autre chose. C’est le truck avant seul — verrouillé, précis, engagé. La planche qui plonge légèrement vers l’avant. Une figure qui sépare les skateurs qui comprennent leurs trucks de ceux qui ne font que monter dessus.

Le nosegrind, ce n’est pas un trick difficile à expliquer. C’est difficile à sentir. Et c’est exactement là que la plupart se plantent — ils essaient trop tôt, ou ils sautent l’étape de compréhension du mouvement. Voilà ce qu’il faut savoir avant de se mettre dessus.

⏱ Lecture : 5 min

Nosegrind en situation réelle — truck avant verrouillé sur un ledge de béton, style street urbain
Le nosegrind : truck avant seul sur le ledge, planche légèrement inclinée vers l’avant. Photo : Wikimedia Commons CC.

Ce qu’il faut avoir avant de se mettre dessus

Le nosegrind n’est pas une suite directe du 50-50. C’est une figure de précision. Si ces trois bases ne sont pas là, tu vas perdre du temps.

  1. 50-50 propre sur obstacle dur — pas un 50-50 accidentel, un 50-50 que tu contrôles, que tu gardes, que tu sors quand tu veux.
  2. Ollie sur obstacle en mouvement — tu dois pouvoir popper avec du timing en approche, pas juste à l’arrêt.
  3. Nose stall ou nose manual — même brièvement. Ça te force à sentir le truck avant sous ton pied. Si t’as jamais posé le nose seul sur une surface, le nosegrind va être flou à comprendre.

La mécanique exacte : ce qui différencie le nosegrind du 50-50

Vidéo

Dans un 50-50 grind, les deux trucks portent le poids également. Le nosegrind, c’est le truck avant — le nose — qui verrouille sur le ledge pendant que le tail lève légèrement. La planche n’est plus horizontale : elle penche vers l’avant d’environ 10 à 15 degrés.

Ce que ça implique concrètement :

  • Ton pied avant est positionné sur le nose, centré et stable
  • Ton pied arrière contrôle la hauteur du tail — pas trop haut (ça décroche), pas trop bas (tu retombes en 50-50)
  • L’épaule avant reste engagée vers le ledge pendant toute la durée du grind
  • La sortie se fait en poussant vers le bas avec le pied avant pour revenir à plat

Le truc que beaucoup ratent : on parle d’un grind sur le truck avant, pas du nose (la pointe en bois). L’axle métallique du truck avant doit être en contact avec le ledge. Si c’est le wood qui touche, c’est un noseslide — et c’est une figure totalement différente.

A retenir

Nosegrind = truck avant sur le ledge. Noseslide = planche (le wood) sur le ledge. Ce sont deux figures distinctes avec deux placements de pied différents. Si tu confonds les deux en approche, tes tentatives vont être chaotiques.

La progression en 4 étapes : comment y aller sans se galérer pendant des mois

Le nosegrind se construit en blocs. Sauter une étape, c’est ajouter du bruit dans le mouvement — et du bruit, c’est des chutes que tu comprends pas.

Étape 1 — Nose stall sur obstacle bas (15-20 cm)

Approche un kerb bas à vitesse modérée. Poppe un ollie léger et pose le truck avant sur le bord. Reste là deux secondes. Ressens le contact métal/béton. Sors proprement. Répète jusqu’à ce que le placement soit automatique — tes pieds doivent savoir où aller sans que tu y penses.

Étape 2 — Nose stall + glisse de 5 cm

Même chose, mais cette fois tu waxes légèrement le ledge et tu essaies de glisser un tout petit peu après le lock. L’objectif n’est pas de faire un grind long — c’est de comprendre que le truck peut avancer sur l’obstacle une fois posé. Cette sensation de glisse mini, c’est ce qui va devenir le nosegrind.

Étape 3 — Nosegrind court, sortie drop

Sur un ledge waxé de 30-40 cm, tu vises maintenant un vrai grind. Approche avec assez de vitesse pour traverser l’obstacle. Poppe, engage le truck avant, maintiens l’angle de planche. Sors en laissant la planche retomber à plat — pas d’ollie de sortie pour l’instant. La sortie simple te permet de te concentrer sur la durée du grind sans te stresser sur ce qui vient après.

Étape 4 — Nosegrind complet avec sortie ollie

La version complète. En fin de grind, ton pied avant poussse le nose vers le bas pour dégager du ledge, le tout avec un timing qui ressemble à un ollie en sortie. Plus le ledge est long, plus tu as de temps pour préparer ta sortie. Commence toujours sur court — c’est le meilleur moyen de pas développer de mauvaises habitudes de sortie.

Les 3 erreurs qui bloquent tout le monde sur le nosegrind

Si tes tentatives sont inconsistantes ou si tu t’écrases systématiquement sur l’obstacle, c’est probablement une de ces trois choses.

Erreur classique #1 — Pas assez de poids sur le truck avant

Si ton truck avant touche le ledge mais rebondit ou décroche immédiatement, c’est que tu n’engages pas assez ton pied avant au moment du lock. La planche doit « mordre » l’obstacle. Ça demande d’aller volontairement vers l’avant — un mouvement que ton cerveau va essayer d’éviter au début.

Erreur classique #2 — Approche trop lente

Un nosegrind sans vitesse, ça ne va nulle part. La vitesse, c’est ce qui maintient le grind. Trop lent, le truck avant se bloque dès le contact et tu t’arrêtes en plein milieu du ledge. Donne-toi assez d’élan pour traverser l’obstacle entier — même si ça te fait peur au début.

Erreur classique #3 — Regarder ses pieds pendant le grind

Le regard doit rester vers la sortie, pas vers le sol. Quand tu baisses la tête, tes épaules suivent, ton centre de gravité bascule et tu sors de la trajectoire. Fixe un point devant toi dès que le truck touche le ledge.

Le setup qui facilite le trick — trucks et wax

Le nosegrind ne demande pas de setup ultra-spécifique, mais deux paramètres changent beaucoup de choses.

Les trucks : des Independent ou des Thunder bien serrés facilitent le lock. Un truck trop souple va vouloir pivoter au lieu de tenir droit sur le ledge. Pour apprendre les grinds techniques, serre un peu tes trucks — tu pouras les desserrer une fois que le mouvement est ancré.

La wax : indispensable au début. Sans wax, le truck accroche au lieu de glisser et tu te retrouves avec des tentatives qui s’arrêtent à mi-chemin. Applique de la wax de ledge sur toute la surface de l’obstacle avant chaque session d’apprentissage. Une fois que le nosegrind sort régulièrement, tu peux réduire progressivement la wax pour muscler le trick.

Pour le reste : ton deck standard fait le job. Un deck entre 8 et 8.25 est le sweet spot pour les grinds tech en street — assez large pour avoir un appui stable, pas trop large pour perdre en maniabilité.

Questions fréquentes

Le nosegrind ou le noseslide — lequel apprendre en premier ?

Le nosegrind en premier. Il est plus direct à comprendre mécaniquement : un truck sur un ledge, c’est tangible. Le noseslide demande de faire pivoter la planche d’abord — un mouvement qui vient naturellement après, une fois que tu maîtrises le placement sur le truck avant.

Quel type de ledge est le mieux pour apprendre ?

Un ledge bas (20-30 cm de haut) en béton ou en métal, bien waxé. Évite les ledges en granit non traité — trop de grip au départ. Les kerbs en béton des spots urbains, waxés correctement, sont parfaits pour débuter.

Combien de temps pour avoir un nosegrind propre ?

Si tu as un 50-50 solide, compte 2 à 6 semaines de travail régulier (2-3 sessions par semaine sur l’obstacle). La variabilité vient du niveau de vitesse que tu arrives à maintenir et du temps que tu mets à comprendre le placement du pied avant. Certains l’ont en une session, d’autres mettent un mois — aucune règle fixe.

Nosegrind en regular ou en switch — quelle différence ?

En switch, le nosegrind devient le fakie nosegrind ou le switch nosegrind selon l’approche — et c’est une autre figure à part entière. Maîtrise d’abord le nosegrind en regular. Le switch vient après, quand le mouvement est automatique dans ta stance naturelle.

Le nosegrind, c’est l’entrée dans les grinds techniques. Une fois que t’as celui-là, le crook, le noseslide et leurs variations commencent à devenir accessibles. C’est un trick qui rentre dans ton répertoire pour de bon — pas un trick de passage que t’oublies deux semaines après.

C’est quoi l’obstacle sur lequel t’as posé ton premier nosegrind — kerb, ledge en skatepark, dalle de rue ? Dis-le en commentaire ↓

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Le lexique

  1. 1

    nosegrind

    Grind ou seul le truck avant (nose) est pose sur le ledge ou la barre, le tail restant legerement leve.

  2. 2

    nose stall

    Figure statique ou le truck avant se pose sur un obstacle et s'y arrete sans glisser.

  3. 3

    crooked grind

    Grind sur le truck avant avec la planche desaxee vers l'exterieur du ledge — variation technique du nosegrind.

  4. 4

    noseslide

    Figure ou la partie en bois du nose (et non le truck) glisse sur le ledge, planche perpendiculaire a l'obstacle.

  5. 5

    ledge

    Obstacle en beton, marbre ou metal avec une arete sur laquelle on pose les trucks pour grinder ou slider.

  6. 6

    wax

    Cire appliquee sur un obstacle pour reduire le frottement et faciliter la glisse des trucks.

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