11 juin 2026 — la course aux JO LA28 redémarre. Voilà ce que ça change, vraiment
Cinq semaines. C’est le délai avant que le calendrier mondial du skate se remette à compter les points pour Los Angeles 2028. Le 11 juin, World Skate ouvre la fenêtre de qualification olympique. Et les pros vont devoir choisir entre le cash du SLS, les points du WST, ou les deux pour les fous. Voilà ce qui se joue.
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La fenêtre WST ouvre le 11 juin 2026
Date verrouillée par World Skate. Le World Skateboarding Tour Phase 1 court du 11 juin 2026 au 31 mars 2028. C’est l’unique entonnoir vers la Phase 2 (avril-juin 2028), qui sélectionnera les athlètes pour LA28 — street et park, hommes et femmes.
Chaque event WST distribue des points. Le classement final est calculé sur les meilleurs résultats des 18 derniers mois. Trois athlètes max par nation par event, plus six places bonus si tu fais partie du top 30 mondial 60 jours avant le contest. Le système est pensé pour récompenser la régularité, pas le coup d’éclat isolé.
Comparaison rapide avec les éditions précédentes : à Tokyo 2021, le skate olympique se découvrait, tout le monde tâtonnait. À Paris 2024, on a roulé au talent brut et au coup de chaud — le record de Yuto Horigome au SLS la même année a tout dit. À LA28, on passe au système rangé : classement, points, qualifications staged. Moins de place pour l’improvisation.
22 mois pour gratter les points
Le calendrier 2026 prévoit déjà plusieurs stops sur les circuits parallèles : Sydney en février, West Coast US en avril, East Coast en mai, Brésil en août, France en octobre, Japon en novembre, Brésil en décembre. Sauf que ça, c’est le SLS Tour. Pas le WST.
Les events WST officiels seront dévoilés au compte-gouttes par World Skate dans les semaines qui viennent. Probable : un mix d’opens (Rome, Sao Paulo, Shanghai), de Pro Tour, et de Championships continentaux. Tampa Pro et le SLS, eux, ne distribueront pas de points olympiques — mais resteront le baromètre de la forme du moment.
Pour le pro, ça devient une question de planning de boxeur. Une saison à 18-22 ans, on enchaîne. À 25-28 ans avec deux séries en parallèle, le corps réclame des choix.
Pourquoi les pros vont devoir choisir
SLS, c’est cash immédiat, audience mondiale, partenariats marques — comme le deal récent avec BMW M qui a fait grimacer une partie de la scène. Format Best Trick, Big Section, du show, des cameras. Ça paie tout de suite.
WST, c’est points olympiques, sponsors institutionnels, fédérations nationales et podium 2028. Format jugé technique strict, run + best trick, pas de show inutile. Ça paie en vue longue : médaille, contrats post-JO, statut sport-études.
Un Yuto Horigome ou une Coco Yoshizawa peuvent jongler avec les deux : équipe complète, fonds, programme partagé. Un rider intermédiaire ou un rookie devra arbitrer. C’est là que ça devient politique : les agents et les fédés vont tirer les pros vers le WST, les marques vers le SLS.
Les Français en embuscade
Aurélien Giraud — médaillé Tokyo, demi-finaliste Paris, l’expérience pure. Probable leader de délégation pour LA28 si les genoux tiennent.
Vincent Milou — technique street propre, top 16 mondial, sait faire un run sans accroc. Type de profil que le WST favorise.
Charlotte Hym — maman, retour annoncé, plus dure que jamais. Si elle revient au niveau Tokyo, elle ramène une médaille.
Lucie Curutchet — la jeune génération qui pousse fort. Park ou street, elle peut surprendre les sélections.
La France a placé deux skaters à Paris 2024. À LA28, l’objectif officieux est trois minimum. Ça passe par les podiums WST 2026-2027, pas par le buzz Insta.
Et toi, ça change quoi
Concrètement : la FFRS va annoncer des sessions de pré-sélection nationale dans les six prochains mois. Si t’es classé am ou jeune pro, ton agenda 2026-2027 vient d’être réécrit. Premiers events WST en direct sur les plateformes World Skate (gratuit, multi-cam). Si un open passe par Rome, Berlin ou Barcelone, ça vaut le déplacement.
Et pour la rue ? Rien ne change. C’est presque ça le plus beau du truc. Les JO bougent les budgets fédéraux, les sponsors institutionnels et les contrats équipementiers — un deck Powell-Peralta sous les pieds d’un médaillé olympique reste un deck. La culture, elle, vit ailleurs : dans les clips de crew, les spots brûlés, les footy postées à 2h du mat.
Les pros vont déterminer dans les 22 mois à venir où ils mettent leur énergie. Ça vaut le coup de regarder. C’est rare de voir un sport arbitrer aussi clairement, en direct, entre deux modèles économiques parallèles. Le 11 juin 2026, le chrono démarre. À LA28, on saura qui a bien lu la carte.
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