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1991 — une vhs a tout changé
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Video Days a 35 ans — la VHS de Blind qui a tout inventé

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Video Days a 35 ans — la VHS de Blind qui a tout inventé

Été 1991. Un gosse de 23 ans nommé Mark Gonzales saute dans un Oldsmobile pourri avec quatre potes et un caméscope. Spike Jonze tient la caméra, personne ne le connaît encore. Ce qu’ils vont ramener changera pour toujours la manière de filmer le skate.

⏱ Lecture : 5 min

Ambiance street skate californien années 90, Oldsmobile bleu et deck Blind — hommage à Video Days 1991

Le gamin qui a dit non à la vert

Au début des années 90, la scène skate américaine agonise. La vert — les rampes géantes, les drapeaux McTwist, les tenues fluo — est en train de crever. Les gamins de Powell Peralta qui remplissaient les arènes sont devenus trentenaires, et plus personne ne veut leur ressembler.

Mark Gonzales, lui, avait compris avant tout le monde. Dès 1988, avec sa part dans Streets on Fire, il avait filé vers la rue, les curbs, les handrails. En 1989, il fait le premier boardslide connu sur un handrail. En 1990, il quitte Vision et monte Blind avec Steve Rocco — le nom est un tacle direct à Vision. L’industrie pue encore le vernis. Gonz va y mettre de la saleté, du jazz et un sens de l’humour complètement à côté.

Spike Jonze, un Oldsmobile et du Coltrane

Derrière la caméra : Spike Jonze. Même pas 22 ans. Il n’a pas encore tourné Being John Malkovich, pas encore filmé les Beastie Boys dans Sabotage, pas encore gagné d’Oscar. Il est photographe BMX pour Freestylin’, et il a une idée simple : filmer ses potes comme un documentaire, pas comme une pub.

Le film s’ouvre sur Low Rider de War. Cinq skateurs — Mark Gonzales, Guy Mariano, Rudy Johnson, Jason Lee, Jordan Richter — s’entassent dans un Oldsmobile Ninety-Eight Regency bleu cabossé et partent en road trip. On les voit traîner, glisser des curbs en Californie, rater des tricks, rigoler. Gonz a le droit à sa propre part, sur Traneing In de John Coltrane et du Thrasher magazine des 90s n’avait jamais osé coller du hard bop sur une part de street. Le choix change tout.

Budget du projet : ridicule. Durée : 22 minutes. Format : VHS. Nombre de copies vendues : personne ne sait, mais chaque gamin qui rentrait dans un skate shop en 1992 repartait avec la même sous le bras.

Le template que personne n’a osé casser

Regarde n’importe quelle vidéo skate sortie depuis trois décennies. Mouse de Girl (1996). Yeah Right! (2003). Fully Flared (2007). The Deathwish Video (2013). Les parts Thrasher d’aujourd’hui. Toutes reprennent la même grammaire : une intro collective road-trippée, des parts individuelles sur du bon son, des chutes laissées dans le montage, des skits absurdes entre deux sections.

Cette grammaire, c’est Video Days qui l’a posée. Avant 1991, une vidéo skate ressemblait à un catalogue Powell Peralta — des tricks enchaînés sur du hair metal, des skateurs filmés comme des gymnastes. Après Video Days, une vidéo skate ressemble à un film indé qui a oublié que c’était du sport.

Le film sert aussi de lanceur de carrières. Spike Jonze pivote vers Hollywood. Jason Lee abandonne sa carrière de pro skater, part tourner chez Kevin Smith, finit dans My Name Is Earl. Guy Mariano devient une légende technique du skate vidéo. Et Gonz entre dans une autre dimension — celle où il n’a plus rien à prouver à personne. Aujourd’hui encore, sa board signature chez Krooked se vend comme au premier jour.

35 ans après, on filme toujours comme en 91

Ouvre TikTok ce soir. Tape skate. Fais défiler cent clips. Tu verras des cuts sur des tracks hip-hop des 90s, des chutes laissées dedans, des skits niais entre deux lines, des fisheye qui tremblent. Le format Reel de 2026 n’a fait que compresser le langage de Video Days en 45 secondes.

Plus fort encore : l’iconographie Blind de cette époque — deck reaper avec la faucheuse, logo baveux en graffiti — est redevenue la moitié des graphics qu’on croise en shop en 2026. Les gosses de 15 ans qui achètent un Vans Gonz pro model n’ont jamais vu la VHS. Ils portent quand même l’héritage sur les pieds.

Si tu n’as jamais regardé Video Days en entier, tu as deux heures de ton week-end à ne pas glander. La VHS est dispo partout en ligne, les 22 minutes te repositionneront le cerveau. Et si tu veux creuser la suite de l’histoire, on a écrit un portrait complet de Mark Gonzales qui raconte ce qu’il a fait de ses 35 années depuis.

La vérité, c’est que rien n’a dépassé Video Days. On l’a égalé trois fois peut-être. On l’a copié cent mille fois. On ne l’a jamais rendu obsolète. C’est probablement la meilleure définition d’un classique qu’on puisse écrire.

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