SLS DTLA Takeover — Juni Kang et Chloe Covell dynamitent la hiérarchie du skate mondial
Le 4 avril 2026, Downtown Los Angeles a tremblé. Un gamin de 18 ans débarqué de Séoul a mis le feu à Ace Mission Studios dès sa première apparition en SLS. À côté de lui, une Australienne de 16 ans a confirmé qu’elle est la patronne incontestée du skate féminin. Retour sur une soirée qui a redistribué les cartes.
⏱ Lecture : 5 min

Juni Kang — le séisme venu de Séoul
Personne ne l’attendait. Ou plutôt, personne ne l’attendait aussi tôt. Juni Kang, 18 ans, originaire de Séoul, a débarqué au DTLA Takeover par la petite porte — le Wildcard Jam. Il en est sorti par la grande, un trophée sous le bras et un score dans le « 9 Club » sur sa dernière tentative. Du jamais vu pour un débutant en SLS depuis la run légendaire de Ginwoo Onodera à Sydney.
Le gamin avait déjà fait parler de lui en novembre 2024 en remportant le Tampa Am, le tremplin ultime du skate amateur. Mais passer de Tampa à une victoire SLS en moins de deux ans, c’est autre chose. C’est un message envoyé à toute la scène : la Corée du Sud n’est plus un outsider.

Sa combinaison de tricks sur rail a laissé le public bouche bée. Un switch 270 backside lipslide en début de run, suivi d’un 270 boardslide en closer qui a déclenché une ovation debout. Technique chirurgicale, style fluide, zéro hésitation. Les juges n’ont pas tremblé non plus : score le plus élevé de toute la journée.
Chloe Covell — le règne sans partage
Côté féminin, pas de surprise — et c’est peut-être ça le plus impressionnant. Chloe Covell, 16 ans, Australienne née à Tweed Heads, a remporté sa troisième victoire consécutive en format Takeover. Trois participations, trois titres. Un sans-faute qui commence à ressembler à de la domination pure.
Rappelons que cette gamine était déjà la plus jeune médaillée d’or de l’histoire des X Games à 13 ans en 2023. Trois ans plus tard, elle écrase la concurrence avec une maturité technique qui ferait rougir des vétérans. Derrière elle, l’Espagnole Daniela Terol a décroché son premier podium SLS pour sa toute première apparition — un parcours qui rappelle étrangement celui de Kang chez les hommes. Et l’Américaine Paige Heyn complète le podium.
Ce qui frappe, c’est l’âge moyen du podium féminin. On parle de gamines qui n’ont pas le permis de conduire mais qui envoient des tricks que la génération précédente n’osait même pas imaginer. Le skate féminin n’est plus une catégorie secondaire. C’est une révolution en cours.
BMW M x SLS — quand le luxe drague le bitume
L’autre bombe de la semaine, c’est le deal. Le 2 avril, deux jours avant le Takeover, BMW M a annoncé un partenariat pluriannuel avec la Street League Skateboarding. BMW. Le constructeur de la M3. Partenaire officiel d’une ligue de skate. Il y a dix ans, cette phrase aurait fait rire. En 2026, elle fait sens.
Le concept phare : « Skaters in Cars Scouting Spots », une série où des riders SLS explorent des villes du monde entier en BMW M à la recherche de spots. Ajoutez le BMW M MVP Award qui récompensera les performances marquantes de la saison, et vous obtenez un partenariat qui a au moins le mérite d’être créatif.

Le skate a toujours eu un rapport ambigu avec le corporate. Mais quand les contrats permettent de filmer les compétitions avec des Samsung Galaxy S26 Ultra intégrés directement dans les obstacles — rails, ledges, gaps —, difficile de cracher sur l’innovation. Samsung a d’ailleurs filmé l’intégralité du DTLA Takeover avec ses smartphones, une première dans l’histoire du skate pro.
Et maintenant ? La suite de la saison 2026
Après Sydney et Los Angeles, la saison SLS 2026 promet du lourd. Prochaine étape : la côte Est des États-Unis en mai, puis le Brésil en août, la France en octobre et le Japon en novembre. Avec un nouveau champion masculin sorti de nulle part et une reine féminine qui ne lâche rien, chaque stop sera un événement.
Juni Kang peut-il enchaîner ? Chloe Covell peut-elle rester invaincue toute la saison ? Et surtout, qui sera le prochain inconnu à faire exploser les compteurs ? Une chose est sûre : le skate de compétition n’a jamais été aussi imprévisible — et aussi excitant.
On lit chaque commentaire

























