Bowl du Prado — 35 ans de légende, le park qui a façonné le skate européen
Inauguré en 1991. Immortalisé par Tony Hawk en 2000. Rénové en 2017. Élu « skatepark le plus célèbre du continent » par Le Monde. Pour ses 35 ans, retour sur le bowl de Marseille — le seul spot qui a fait basculer le centre de gravité du skate européen vers le Sud.
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1991 — Naissance d’un monstre béton
À l’Escale Borély, sur les plages du Prado, l’architecte Jean-Pierre Collinet coule cinq bowls et un spine en 1991. À l’époque, le skate français rampe encore. Pas de circuit pro. Pas de sponsors solides. Et pourtant, en plein cœur du Sud, on construit l’un des bowls les plus profonds d’Europe : 2,70 m sur la mega, pool coping inox, lignes infinies entre les modules.
La spine : 1,70 m. Cinq bowls progressifs, du baby bowl à la mega. Deux halfpipes séparés. Une section street collée au tout. La conception est radicale pour l’époque — pensée par un mec qui a roulé. Trente-cinq ans plus tard, les transitions tiennent encore le haut du panier face aux parks neufs des années 2020.
2000 — Tony Hawk grave le Prado dans le marbre

Le 20 septembre 2000, Tony Hawk’s Pro Skater 2 sort sur PlayStation. Et avec lui, un niveau intitulé sobrement « Marseille« . Une recréation digitale du Prado, fidèle au pixel près, jouable par des millions d’ados qui n’avaient jamais entendu parler de la France.
L’effet est immédiat. Une génération entière apprend à rouler le Prado en virtuel — manuel sur le spine, grind sur la pool coping, gap entre la spine et le bowl. Quand ils débarquent IRL une décennie plus tard, ils connaissent les lignes. Le Monde finit par écrire : « sans aucun doute le skatepark le plus célèbre du continent« . Pas un park parisien. Pas Bordeaux. Le Prado.
2017 — La rénovation qui sauve le mythe
À 26 ans, le bowl est usé. Béton fissuré, coping arraché par endroits, drainage HS. La mairie hésite. Plusieurs rumeurs annoncent la destruction pure et simple — c’est le destin habituel des spots iconiques (Embarcadero a fini en parking, Love Park a été rasé).
Sauvé in extremis par la pression de la communauté skate marseillaise et de Board Spirit Marseille, le Prado bénéficie d’une rénovation complète en 2017. Béton repoli. Coping refait à neuf. Éclairage nocturne installé — tu peux skater jusqu’à 23h en mai, en t-shirt, mer à 200 mètres. Climat méditerranéen, 300 jours de soleil. Le seul park français où tu peux pull une session bowl en plein janvier sans gants.
Bowl Rippers — la grand-messe annuelle

Chaque été, le Red Bull Bowl Rippers ramène la planète au Prado. Étape européenne de la World Skateboarding Cup, co-organisée avec l’International Skateboarder’s Union. Pedro Barros y est venu cinq fois. Sam Beckett. Lizzie Armanto. Alex Sorgente. Tom Schaar. La liste est un Best of mondial du bowl skating.
Ce que Marseille a réussi et que personne d’autre en France n’a su faire : créer un événement qui a la légitimité internationale du Vert Attack de Sydney ou du Volcom Wild in the Park. Pas un contest local subventionné. Une vraie étape mondiale, avec broadcast Red Bull TV, sponsors lourds, riders pros. C’est ça qui a fait basculer le centre de gravité.
Le setup pour rouler le Prado
Bowl skating au Prado, tu veux du gros : board 8.25 à 8.5, trucks larges (Indy 159 ou Venture 6.0 high), roues entre 56 et 58 mm en 99A pour absorber la transition sans perdre en réactivité. Une bonne paire de chaussures skate avec semelle vulcanisée épaisse — les drops dans la mega te lessivent les chevilles si tu négliges l’amorti.
Set roues 56 mm 99A bowl friendly
Le diamètre idéal pour absorber les transitions du Prado sans perdre en vitesse. Compatible street.
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Casquette obligatoire (le mistral peut souffler). Gourde. Si tu débutes le bowl, casque et coudières — la mega ne pardonne pas. Et tu peux compléter ta session par un crochet à la Friche Belle de Mai, l’autre poumon skate de la ville, à 25 minutes du Prado.
Trente-cinq ans plus tard, le Bowl du Prado n’a pas pris une ride. Il continue d’imposer le tempo au skate européen. Trois générations ont grandi sur ses transitions. Une quatrième arrive. Pendant que d’autres villes ferment leurs spots historiques, Marseille protège son monstre. Et c’est ça qui change tout.
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