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Embarcadero, MACBA, Sants : le skate mondial perd trois de ses spots les plus sacrés en même temps

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Embarcadero, MACBA, Sants : le skate mondial perd trois de ses spots les plus sacrés en même temps

Embarcadero, MACBA, Sants : le skate mondial perd trois de ses spots les plus sacrés en même temps Y’a des spots. Et y’a des LIEUX SACRÉS. Des…

24 mars 2026 · 4 min de lecture
Guillaume Martin

Rédacteur en chef · 18 ans de skate

A vu naitre et mourir 3 generations de pros. Chronique mensuelle.

Embarcadero, MACBA, Sants : le skate mondial perd trois de ses spots les plus sacrés en même temps Y’a des spots. Et y’a des LIEUX SACRÉS. Des…

Pour aller plus loin : 10 spots méconnus de Marseille pour skater

Y’a des spots. Et y’a des LIEUX SACRÉS. Des endroits où le skate a muté, évolué, où des tricks ont été inventés pour la première fois de l’histoire. En mars 2026, trois d’entre eux sont en train de disparaître simultanément. Et c’est un putain de tremblement de terre culturel.

L’Embarcadero — là où tout a commencé

San Francisco. La fontaine Vaillancourt. 1971. Ce monstre de béton brut signé Armand Vaillancourt, planté sur l’Embarcadero Plaza, n’était pas censé devenir le berceau du street skating moderne. Mais c’est exactement ce qui s’est passé.

Karl Watson l’a dit mieux que personne : « Modern-day street skating was actually developed here at the Embarcadero. » Ce mur concave que tout le monde appelle « the wave » — c’est là que des riders ont inventé des tricks qui n’existaient nulle part ailleurs. Le spot a façonné une génération entière de skaters SF dans les années 90.

Et maintenant ? La ville a voté sa démolition. Détérioration structurelle, plomb, amiante. L’appel pour retarder les travaux a été rejeté par le Board of Supervisors en janvier 2026. Les morceaux partiront en stockage, sans aucun plan pour la suite.

On perd pas juste une fontaine. On perd le lieu de naissance d’une discipline.

MACBA — fin d’une ère de 30 ans

MACBA Barcelone — Plaça dels Àngels, spot de skatePhoto · Wikimedia Commons (CC)

Barcelone, Plaça dels Àngels. Si t’as skaté en Europe dans les 30 dernières années, t’as rêvé de MACBA. Le petit five-stair. Les ledges parfaites. Ce sol lisse comme du verre devant le musée d’art contemporain. Le spot le plus filmé, le plus visité, le plus mythique du skate européen.

C’est fini.

Les travaux d’extension du musée ont démarré mi-février 2026. Le five-stair a déjà été détruit. Le projet — 16,26 millions d’euros, cabinets Harquitectes et Christ & Gantenbein — va transformer la plaza en espace vert avec des arbres, des bancs et des aires de jeux. Fin des travaux prévue début 2027.

Une manifestation a été organisée le 27 février sur la plaza. Les skaters ont crié « We are citizens too. » Mais Barcelone a choisi. Et le choix n’inclut pas le skate.

Sants — la résurrection possible

La Plaza de Sants, le plus vieux spot de Barcelone — skaté depuis les années 80 — a été intégralement démolie en février 2025. Mais ici, y’a une lueur d’espoir.

Les skaters locaux ont créé l’association SNT4EVER et ont réussi quelque chose d’inédit : négocier avec le conseil municipal pour que la nouvelle plaza reprenne le design original des années 80-90 et reste skateable. Si ça se confirme, c’est la première fois qu’une communauté skate organisée sauve un spot historique par la voie politique.

La rénovation dure 18 mois. On attend. On espère.

Brooklyn ressuscite son DIY

Sants, Barcelone — Plaça dels Països Catalans, spot de skatePhoto · Wikimedia Commons (CC)

Pendant que les cathédrales tombent, les catacombes se reconstruisent. À Bed-Stuy, Brooklyn, un spot DIY construit en 2017 par le crew Nike SB avait été démoli et les builders arrêtés. En 2026, une nouvelle génération menée par Moe (@do_or_die__diy) recommence de zéro — béton coulé à la main, financement GoFundMe.

Jenkem Magazine a couvert l’histoire en janvier. C’est du pur esprit skate : on te rase ton spot, tu reviens et tu reconstruis. Pas de permis, pas de sponsors, juste des mains et du ciment.

Kansas City construit sous un pont

L’autre bonne nouvelle : Kansas City est en train de construire un park de 16 000 sq ft sous le nouveau Buck O’Neil Bridge. Designé par New Line Skateparks avec l’asso MOKAN Skates. Le kicker ? 250 000 livres d’acier recyclé de l’ancien pont démoli sont intégrées en installations artistiques autour du park.

Du skate qui naît littéralement des cendres d’une infrastructure. Poétique.

Fukuoka — le Japon frappe encore

Le Japon ne se contente pas de dominer les contests. Fukuoka construit le plus grand skatepark indoor du pays — 9 000 m² de site, 3 000 m² de surface skateable, avec des zones Street et Park au format olympique. All-weather, compétition internationale. Ouverture prévue 2026.

Quand un pays investit comme ça dans l’infrastructure, les résultats en compétition ne sont pas un hasard.

Le skate perd ses murs mais pas son âme

Embarcadero. MACBA. Sants. Trois noms qui ont forgé le vocabulaire du street skating moderne. Leur disparition, c’est comme si on rasait les banks de Wallenberg ou qu’on démontait le Hubba Hideout — oh wait, on l’a déjà fait.

Mais le skate a survécu à la destruction de Hubba. Il survivra à celle de MACBA. Parce que l’ADN du skate, c’est de transformer n’importe quel bout de béton en terrain de jeu. Brooklyn le prouve. Kansas City le prouve. Fukuoka le prouve.

Les cathédrales tombent. Les skaters construisent de nouvelles églises.

Tu as déjà roulé à Embarcadero, MACBA, Sants ? Raconte ta session, ou le spot que tu rêves de faire. Dis-le en commentaire ↓

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